Vendée Globe

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SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009 PORTRAITS PRESTART

Rêve de Polynésie…

28.12.2008

Jean Le Cam (VM Matériaux) à la vacation de 11h : « Ça va pas trop mal, vu les derniers jours, ça ne peut pas être pire. Ça reste quand même à 30 nœuds de vent, mais bon, ce n'est pas 40 ni 50, c'est raisonnable. Revenir sur le duo de tête est difficile, car ça va partir par devant. Après, pour la dernière porte au Cap Horn, ce sera une autre paire de manches et là on verra ce qui arrivera. Le passage de l'Indien au Pacifique est toujours décevant, j'imagine qu'il faut aller en Polynésie pour se faire plaisir, d'ailleurs je me demande pourquoi on n’y passe pas. Je regarde la carte et en lisant Rurutu, Rarotonga, ça a l'air sympa, par contre, Papeete c'est un peu surfait. On n’est qu'à 1500 milles, ça vaudrait le coup... Nous, on ne va voir que des portes ! un point à droite, un point à gauche et on passe au milieu, on est un peu idiots. Je ne vais jamais assez vite, ça m'énerve. J'ai pris un ris et me suis dit que ça allait rentrer et maintenant, je me demande si j'ai bien fait. Je vous dis à bientôt dans les îles, moi je vais passer ma petite portounette. »  

ONBOARD PRB - SKIPPER : VINCENT RIOU (FRA) - 31/10/08 
PHOTO : JEAN MARIE LIOT / DPPI / VENDEE GLOBE

Après la tempête

28.12.2008

Vincent Riou (PRB) à la vacation de 11h : « Un de mes deux moteurs est tombé en panne et je viens à peine de ressortir la tête de la cale, c'est a peu près réparé (le moteur est tombé en panne depuis, ndlr). Mon pied va mieux et même si je le sens encore un peu, il ne m'handicape plus du tout pour me balader sur le bateau. Je peux sortir, mais je ne vais pas devant avec les conditions qu'on a en ce moment. La mer est toujours agitée, mais ça n'a plus rien à voir avec ce qu'on avait il y a 36h. Il n'y avait aucun moyen d'avancer, même avec 35-40 nœuds de vent moyen. Je n'avais jamais rien rencontré de mer aussi extrême et c'est facile d'imaginer comment Seb (Josse, ndlr) s'est fait renverser. Il y a des éléments qu'on ne maîtrise pas, on ne peut pas être en permanence dehors à voir ce qui se passe. Maintenant, tout le monde panse un peu ses plaies et attend le passage du Cap Horn pour retrouver des conditions clémentes. Quand la tempête est vraiment grosse, l'idée c'est de faire le dos rond, d'oublier la course et d'essayer de naviguer en bon marin . Au final, on a pas grand-chose à faire d'autre que dormir, et près du sol pour éviter de se faire balader par les vagues. »  

24840

28.12.2008

C’est la distance finale en milles de cette 6e édition du Vendée Globe suite à la remontée vers le nord de la dernière porte de sécurité des glaces dans le Pacifique. 

A BORD FONCIA / SKIPPER : MICHEL DESJOYEAUX (FRA)

« On ne fait pas trop les malins ! »

28.12.2008

Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h : « Je n'ai pas trop touché à la caisse à outils. Mais je reste studieux pour prévenir tout problème. Ah si ! J'ai eu un petit souci, avec le calculateur, un compas amélioré qui a été aspergé avec de l'eau de mer, je l'ai rincé et il est en train de sécher tranquillement. Dès que les conditions le permettront, j'aurai de quoi m'occuper. Ce n'est évidemment pas pour tout de suite. J'ai eu mon lot d'emmerdes, mais j'arrive à passer entre les mailles du filet. On a parfois le bateau qui part en surf dans la pente de la vague, et, une fois en bas, on arrive durement, alors on sert les fesses. Soyez sûr que je ne fais pas trop le malin. J'ai d'ailleurs failli me prendre le garde-barrière dans la figure. »  

A BORD SAFRAN / SKIPPER : MARC GUILLEMOT (FRA)

« Un monde fabuleux »

28.12.2008

Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h : « Lorsque je suis monté, hier soir, sur le pont, j'ai estimé l'ampleur des travaux. Ils étaient plus importants que ce que j'avais d'abord imaginé. Par conséquent, j'étais prêt à repartir sans intervention. Sur les conseils de mon équipe, j'ai changé d'avis car faire un demi tour du monde avec une grand-voile à trois ris est particulièrement difficile. Je me suis donc décidé à réparer le morceau de rail. Je suis monté en haut du mât, et je suis intervenu sur les rails hauts et bas, là où c'était abîmé. La manœuvre a duré deux heures et demie. Cette escale était assez incroyable, avec son propre univers. J'étais en tête de mât, sous la pluie, avec une mauvaise visibilité, une plage bruyante, pas une de ces plages où l'on fait du tourisme, où l'on se fait bronzer la pilule. Il y avait des éléphants de mer, un explorateur qui se balade au milieu et puis moi, en train de bricoler. Des mondes très différents qui ne se sont pas croisés, mais qui se sont vus de loin. C'était un autre monde, fabuleux, unique et magique à la fois. »  

A BORD TEMENOS 2 / SKIPPER : DOMINIQUE WAVRE (SUI)

Wavre est arrivé à Fremantle

28.12.2008

Après dix jours de navigation stressante à cause d’une quille endommagée, Dominique Wavre (Temenos II) a rejoint l’Australie cette nuit à 0h30 (HF). Le navigateur suisse était soulagé de ramener son bateau en un seul morceau :

 

« Je suis soulagé et fier aussi d’avoir réussi à ramener Temenos II jusqu’ici, nous formons un tandem, j’ai fait mon maximum pour le préserver vaille que vaille et je suis content d’y être arrivé. Je souffre encore d’avoir dû abandonner ce Vendée Globe, la frustration sera toujours un peu là tant que la course ne sera pas terminée et que j’ai en vue celle d’après, mais pour aujourd’hui c’est le soulagement qui l’emporte. Je n’oublie pas que les conséquences auraient pu être plus dramatiques que le simple abandon de la course.(…)
On va devoir retrousser nos manches, la liste des choses à faire est longue, si tout se passe bien on espère pouvoir mettre Temenos II à bord d’un porte-containeurs dès la mi-janvier. L’arrivée du bateau en Europe sera prévue un bon mois plus tard. On pourra alors s’atteler avec les architectes, les ingénieurs et les experts, à comprendre comment la quille a cassé et surtout pourquoi. Avec les ingénieurs et les architectes on pensait avoir opté pour une solution technique solide et fiable, ce n’est de toutes évidences pas le cas. Avec Mike (Golding, ndlr) on a le même type de problème, on en a déjà discuté ce matin à mon arrivée, on cherchera des solutions ensemble. Il faut à tous prix trouver les moyens de repartir en mer avec une quille 100% fiable, on ne peut accepter aucune concession sur ce point-là, c’est la sécurité des coureurs qui en dépend. »

 

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