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Le lundi 29 décembre 2008 à 06:02Le monocoque Generali perdu en mer

Le monocoque Generali perdu en mer

Alors que l’état de santé de Yann Eliès permettra son rapatriement mercredi 31 décembre, son monocoque Generali est perdu en mer.
Pendant que les équipes médicales s’affairaient autour de Yann pour lui prodiguer les soins consécutifs à son accident, Generali montait une opération pour aller récupérer le bateau. Deux membres du Team Generali arrivés à Fremantle en Australie cherchaient un bateau pour les emmener sur la zone où avait été abandonné le monocoque.

Le 23 décembre, la direction de course constatait l’arrêt de la balise de positionnement du monocoque et était alerté par le CROSS Gris Nez du déclenchement de la balise de détresse COSPAS SARSAT. Elle en informait immédiatement l’équipe de Generali.

Philippe Laot, directeur technique de l’équipe de Yann Eliès, et Jean-Baptiste Epron, équipier, ont pu appareiller sur un bateau de pêche mercredi 25 décembre. Ils ont rapidement été confrontés à des conditions de mer et de vent très mauvaises.

En cours de route, les deux hommes ont été informés le vendredi 26 décembre par l’équipe à terre de Generali que la balise de détresse avait cessé d’émettre. Il n’y avait donc plus aucun moyen de positionner le bateau. Les conditions météorologiques se dégradant (vagues de 7 à 8 m et mer croisée) l’équipe renonçait à poursuivre les recherches.

 

Le dimanche 28 décembre 2008 à 17:22Hatfield raconte son chavirage

Hatfield raconte son chavirage

Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), à la vacation de 11h: « C'était une mauvaise journée pour nous. Tôt ce matin le bateau a été renversé, le mât dans l'eau. Je me suis retrouvé sur le plafond à l'intérieur et quand je suis sorti, j'ai découvert que deux étages de barres de flèche avaient été cassés du côté bâbord. Ce qui est surprenant est que la casse se trouve au milieu. Je mets le cap au nord. Il est évident que je ne pourrai pas les réparer tout seul, mais je suis en train d'analyser comment faire maintenant. J'avais l'impression que nous nous étions complètement retournés. Je voyais l'eau par la fenêtre. C'était incroyable de voir la hauteur des vagues. J'étais dans ma bannette lorsque cela s'est produit. Une minute après et me voilà en train de marcher sur le plafond. Les vagues étaient certes énormes, mais je n'imaginais pas qu'elles arriveraient à faire cela. Le bateau s'est couché rapidement et tout volait à l'intérieur. J'ai un bleu sur les jambes et un autre aux côtes. J'ai des regrets surtout pour mon partenaire, Algimouss, et pour tous ceux, qui m'ont soutenu. En fait, nous avons traversé une série de dépressions avant celle d'hier soir. Pendant la nuit j'ai eu 55 nœuds et j’ai réduit la voilure au point où on n'avait plus de toile. Le bateau avait été renversé plusieurs fois, mais ce n'était que ce matin avec l'affaiblissement du vent que la grosse vague a fait coucher le bateau le mât dans l'eau. Je suis effondré. J'ai nettoyé le bateau et ai sécurisé le mât avant de hisser la GV. La partie basse fonctionne encore et il me faudra cinq ou six jours pour rallier l'Australie. On voit bien avec tous les vracs dans cette course que peu sépare en fait ceux qui réussissent à s'en sortir et ceux qui sont contraints à l'abandon. Personne n'est à l'abri de ce genre d'incident. »
(Photo ci-dessus des deux barres de flèche cassées)

 

Le dimanche 28 décembre 2008 à 16:07Rencontre avec des dauphins

Rencontre avec des dauphins

Sam Davies (Roxy) à la vacation de 11h : « Ça va vite sur Roxy ce soir. La nuit dernière, j'étais sur le pont en train de régler mes voiles et j'ai aperçu des dauphins à côté du bateau. Je voyais juste leur silhouette, mais c'était agréable car ça faisait longtemps que je n'avais pas vu quelqu'un sur l'eau. Ce matin, ils étaient toujours là à me suivre, en train de sauter, c'était génial. Je pense que j'en ai déjà vu des comme ça, ils sont superbes, avec des rayures très marquées, mais je ne vois pas de nageoires... Comme on est là 24h sur 24 et sept jours sur sept, la navigation devient normale et on risque de ne plus apprécier ces petites choses. C'est long, il fait froid sur le pont, le bricolage, les manœuvres... et ce matin, c'était génial de m'arrêter dix minutes, et avaler tout ça avec mes yeux. La dernière fois, que j'étais ici, il y a 11 ans, en équipage sur un multicoque, on avait démâté en plein milieu du Pacifique. Du coup j'ai noté la longitude de notre mât, pour faire une petite offre à Neptune quand je passerai. J'ai très envie de voir le Cap Horn cette fois-ci. C'est loin devant et il y a ce mauvais souvenir, donc j'essaye de pas trop penser à ça et de viser chaque porte. »  

Le dimanche 28 décembre 2008 à 15:14Rêve de Polynésie…

Rêve de Polynésie…

Jean Le Cam (VM Matériaux) à la vacation de 11h : « Ça va pas trop mal, vu les derniers jours, ça ne peut pas être pire. Ça reste quand même à 30 nœuds de vent, mais bon, ce n'est pas 40 ni 50, c'est raisonnable. Revenir sur le duo de tête est difficile, car ça va partir par devant. Après, pour la dernière porte au Cap Horn, ce sera une autre paire de manches et là on verra ce qui arrivera. Le passage de l'Indien au Pacifique est toujours décevant, j'imagine qu'il faut aller en Polynésie pour se faire plaisir, d'ailleurs je me demande pourquoi on n’y passe pas. Je regarde la carte et en lisant Rurutu, Rarotonga, ça a l'air sympa, par contre, Papeete c'est un peu surfait. On n’est qu'à 1500 milles, ça vaudrait le coup... Nous, on ne va voir que des portes ! un point à droite, un point à gauche et on passe au milieu, on est un peu idiots. Je ne vais jamais assez vite, ça m'énerve. J'ai pris un ris et me suis dit que ça allait rentrer et maintenant, je me demande si j'ai bien fait. Je vous dis à bientôt dans les îles, moi je vais passer ma petite portounette. »  

Le dimanche 28 décembre 2008 à 14:51Après la tempête

Après la tempête

Vincent Riou (PRB) à la vacation de 11h : « Un de mes deux moteurs est tombé en panne et je viens à peine de ressortir la tête de la cale, c'est a peu près réparé (le moteur est tombé en panne depuis, ndlr). Mon pied va mieux et même si je le sens encore un peu, il ne m'handicape plus du tout pour me balader sur le bateau. Je peux sortir, mais je ne vais pas devant avec les conditions qu'on a en ce moment. La mer est toujours agitée, mais ça n'a plus rien à voir avec ce qu'on avait il y a 36h. Il n'y avait aucun moyen d'avancer, même avec 35-40 nœuds de vent moyen. Je n'avais jamais rien rencontré de mer aussi extrême et c'est facile d'imaginer comment Seb (Josse, ndlr) s'est fait renverser. Il y a des éléments qu'on ne maîtrise pas, on ne peut pas être en permanence dehors à voir ce qui se passe. Maintenant, tout le monde panse un peu ses plaies et attend le passage du Cap Horn pour retrouver des conditions clémentes. Quand la tempête est vraiment grosse, l'idée c'est de faire le dos rond, d'oublier la course et d'essayer de naviguer en bon marin . Au final, on a pas grand-chose à faire d'autre que dormir, et près du sol pour éviter de se faire balader par les vagues. »  

Le dimanche 28 décembre 2008 à 14:2524840

C’est la distance finale en milles de cette 6e édition du Vendée Globe suite à la remontée vers le nord de la dernière porte de sécurité des glaces dans le Pacifique. 

Le dimanche 28 décembre 2008 à 14:22« On ne fait pas trop les malins ! »

« On ne fait pas trop les malins ! »

Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h : « Je n'ai pas trop touché à la caisse à outils. Mais je reste studieux pour prévenir tout problème. Ah si ! J'ai eu un petit souci, avec le calculateur, un compas amélioré qui a été aspergé avec de l'eau de mer, je l'ai rincé et il est en train de sécher tranquillement. Dès que les conditions le permettront, j'aurai de quoi m'occuper. Ce n'est évidemment pas pour tout de suite. J'ai eu mon lot d'emmerdes, mais j'arrive à passer entre les mailles du filet. On a parfois le bateau qui part en surf dans la pente de la vague, et, une fois en bas, on arrive durement, alors on sert les fesses. Soyez sûr que je ne fais pas trop le malin. J'ai d'ailleurs failli me prendre le garde-barrière dans la figure. »  

Le dimanche 28 décembre 2008 à 13:57« Un monde fabuleux »

« Un monde fabuleux »

Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h : « Lorsque je suis monté, hier soir, sur le pont, j'ai estimé l'ampleur des travaux. Ils étaient plus importants que ce que j'avais d'abord imaginé. Par conséquent, j'étais prêt à repartir sans intervention. Sur les conseils de mon équipe, j'ai changé d'avis car faire un demi tour du monde avec une grand-voile à trois ris est particulièrement difficile. Je me suis donc décidé à réparer le morceau de rail. Je suis monté en haut du mât, et je suis intervenu sur les rails hauts et bas, là où c'était abîmé. La manœuvre a duré deux heures et demie. Cette escale était assez incroyable, avec son propre univers. J'étais en tête de mât, sous la pluie, avec une mauvaise visibilité, une plage bruyante, pas une de ces plages où l'on fait du tourisme, où l'on se fait bronzer la pilule. Il y avait des éléphants de mer, un explorateur qui se balade au milieu et puis moi, en train de bricoler. Des mondes très différents qui ne se sont pas croisés, mais qui se sont vus de loin. C'était un autre monde, fabuleux, unique et magique à la fois. »  

Le dimanche 28 décembre 2008 à 12:44Wavre est arrivé à Fremantle

Wavre est arrivé à Fremantle

Après dix jours de navigation stressante à cause d’une quille endommagée, Dominique Wavre (Temenos II) a rejoint l’Australie cette nuit à 0h30 (HF). Le navigateur suisse était soulagé de ramener son bateau en un seul morceau :

 

« Je suis soulagé et fier aussi d’avoir réussi à ramener Temenos II jusqu’ici, nous formons un tandem, j’ai fait mon maximum pour le préserver vaille que vaille et je suis content d’y être arrivé. Je souffre encore d’avoir dû abandonner ce Vendée Globe, la frustration sera toujours un peu là tant que la course ne sera pas terminée et que j’ai en vue celle d’après, mais pour aujourd’hui c’est le soulagement qui l’emporte. Je n’oublie pas que les conséquences auraient pu être plus dramatiques que le simple abandon de la course.(…)
On va devoir retrousser nos manches, la liste des choses à faire est longue, si tout se passe bien on espère pouvoir mettre Temenos II à bord d’un porte-containeurs dès la mi-janvier. L’arrivée du bateau en Europe sera prévue un bon mois plus tard. On pourra alors s’atteler avec les architectes, les ingénieurs et les experts, à comprendre comment la quille a cassé et surtout pourquoi. Avec les ingénieurs et les architectes on pensait avoir opté pour une solution technique solide et fiable, ce n’est de toutes évidences pas le cas. Avec Mike (Golding, ndlr) on a le même type de problème, on en a déjà discuté ce matin à mon arrivée, on cherchera des solutions ensemble. Il faut à tous prix trouver les moyens de repartir en mer avec une quille 100% fiable, on ne peut accepter aucune concession sur ce point-là, c’est la sécurité des coureurs qui en dépend. »

 

Le dimanche 28 décembre 2008 à 11:23Calculs

Le déplacement de la porte 10 et sa remontée vers le nord nous demande d'effectuer un certain nombre de calculs afin de réajuster la distance théorique du parcours.  Cela explique le retard de publication du classement de 11h ainsi que les valeurs négatives en VMG qui apparaîssent sur ce classement et sur celui de 5h ce matin. Nous vous prions de nous excuser pour le désagrément.