Vendée Globe

A la uneBrèves

A BORD FONCIA / SKIPPER : MICHEL DESJOYEAUX (FRA)

« hard job »

29.12.2008

Message de la nuit de Michel Desjoyeaux à bord de Foncia :

« Une fois n'est pas coutume, je sais parler voile, ouais je sais, c'est pas original, mais c'est l'actualité ( à ne pas confondre avec "c'est là que tu es alité".
Aujourd'hui j'ai affalé la grand-voile pour changer une latte, ouais effectivement, c'est la première fois que ça m'arrive sur ce bateau. Il y a huit ans, je faisais ça presque tous les jours, changer des lattes, enfin les bricoler parce que j'avais pas 12 fagots, non plus. Jusqu'aux Acores, j'avais bricolé. A la fin j'étais rodé, je me rehissais la GV en 2 traits de première vitesse, bien énervé. La, en fait, ce qui est dur, c'est pas d'affaler, ni de changer la latte, bien que ce fut celle du haut, la toute dernière, tant qu'à faire. Non, la punition, c'est de passer la chute avec les lattes, a l'extérieur des lazys jacks, faut être patient et méthodique. J'avais oublié. C'est tellement bon quand c'est fini ! Et ça passe pas tout en première ! En tous cas, le Pacifique est sympa avec nous, pour le moment, beaucoup de belles journées ensoleillées, ça change du royaume de l'ombre, de l'autre côté de la Tasmanie. Parfait pour les travaux dans le jardin, comme cet aprem'.
Mic Desj »

 

 

VENDEE GLOBE 2008-2009 - SAUVETAGE YANN ELIES (FRA) PAR HMAS ARUNTA

Le monocoque Generali perdu en mer

29.12.2008

Alors que l’état de santé de Yann Eliès permettra son rapatriement mercredi 31 décembre, son monocoque Generali est perdu en mer.
Pendant que les équipes médicales s’affairaient autour de Yann pour lui prodiguer les soins consécutifs à son accident, Generali montait une opération pour aller récupérer le bateau. Deux membres du Team Generali arrivés à Fremantle en Australie cherchaient un bateau pour les emmener sur la zone où avait été abandonné le monocoque.

Le 23 décembre, la direction de course constatait l’arrêt de la balise de positionnement du monocoque et était alerté par le CROSS Gris Nez du déclenchement de la balise de détresse COSPAS SARSAT. Elle en informait immédiatement l’équipe de Generali.

Philippe Laot, directeur technique de l’équipe de Yann Eliès, et Jean-Baptiste Epron, équipier, ont pu appareiller sur un bateau de pêche mercredi 25 décembre. Ils ont rapidement été confrontés à des conditions de mer et de vent très mauvaises.

En cours de route, les deux hommes ont été informés le vendredi 26 décembre par l’équipe à terre de Generali que la balise de détresse avait cessé d’émettre. Il n’y avait donc plus aucun moyen de positionner le bateau. Les conditions météorologiques se dégradant (vagues de 7 à 8 m et mer croisée) l’équipe renonçait à poursuivre les recherches.

 

A BORD ALGIMOUSS SPIRIT OF CANADA / SKIPPER : DEREK HATFIELD (CAN)

Hatfield raconte son chavirage

28.12.2008

Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), à la vacation de 11h: « C'était une mauvaise journée pour nous. Tôt ce matin le bateau a été renversé, le mât dans l'eau. Je me suis retrouvé sur le plafond à l'intérieur et quand je suis sorti, j'ai découvert que deux étages de barres de flèche avaient été cassés du côté bâbord. Ce qui est surprenant est que la casse se trouve au milieu. Je mets le cap au nord. Il est évident que je ne pourrai pas les réparer tout seul, mais je suis en train d'analyser comment faire maintenant. J'avais l'impression que nous nous étions complètement retournés. Je voyais l'eau par la fenêtre. C'était incroyable de voir la hauteur des vagues. J'étais dans ma bannette lorsque cela s'est produit. Une minute après et me voilà en train de marcher sur le plafond. Les vagues étaient certes énormes, mais je n'imaginais pas qu'elles arriveraient à faire cela. Le bateau s'est couché rapidement et tout volait à l'intérieur. J'ai un bleu sur les jambes et un autre aux côtes. J'ai des regrets surtout pour mon partenaire, Algimouss, et pour tous ceux, qui m'ont soutenu. En fait, nous avons traversé une série de dépressions avant celle d'hier soir. Pendant la nuit j'ai eu 55 nœuds et j’ai réduit la voilure au point où on n'avait plus de toile. Le bateau avait été renversé plusieurs fois, mais ce n'était que ce matin avec l'affaiblissement du vent que la grosse vague a fait coucher le bateau le mât dans l'eau. Je suis effondré. J'ai nettoyé le bateau et ai sécurisé le mât avant de hisser la GV. La partie basse fonctionne encore et il me faudra cinq ou six jours pour rallier l'Australie. On voit bien avec tous les vracs dans cette course que peu sépare en fait ceux qui réussissent à s'en sortir et ceux qui sont contraints à l'abandon. Personne n'est à l'abri de ce genre d'incident. »
(Photo ci-dessus des deux barres de flèche cassées)

 

Roxy, Samantha Davies, Pacifique

Rencontre avec des dauphins

28.12.2008

Sam Davies (Roxy) à la vacation de 11h : « Ça va vite sur Roxy ce soir. La nuit dernière, j'étais sur le pont en train de régler mes voiles et j'ai aperçu des dauphins à côté du bateau. Je voyais juste leur silhouette, mais c'était agréable car ça faisait longtemps que je n'avais pas vu quelqu'un sur l'eau. Ce matin, ils étaient toujours là à me suivre, en train de sauter, c'était génial. Je pense que j'en ai déjà vu des comme ça, ils sont superbes, avec des rayures très marquées, mais je ne vois pas de nageoires... Comme on est là 24h sur 24 et sept jours sur sept, la navigation devient normale et on risque de ne plus apprécier ces petites choses. C'est long, il fait froid sur le pont, le bricolage, les manœuvres... et ce matin, c'était génial de m'arrêter dix minutes, et avaler tout ça avec mes yeux. La dernière fois, que j'étais ici, il y a 11 ans, en équipage sur un multicoque, on avait démâté en plein milieu du Pacifique. Du coup j'ai noté la longitude de notre mât, pour faire une petite offre à Neptune quand je passerai. J'ai très envie de voir le Cap Horn cette fois-ci. C'est loin devant et il y a ce mauvais souvenir, donc j'essaye de pas trop penser à ça et de viser chaque porte. »  

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009 PORTRAITS PRESTART

Rêve de Polynésie…

28.12.2008

Jean Le Cam (VM Matériaux) à la vacation de 11h : « Ça va pas trop mal, vu les derniers jours, ça ne peut pas être pire. Ça reste quand même à 30 nœuds de vent, mais bon, ce n'est pas 40 ni 50, c'est raisonnable. Revenir sur le duo de tête est difficile, car ça va partir par devant. Après, pour la dernière porte au Cap Horn, ce sera une autre paire de manches et là on verra ce qui arrivera. Le passage de l'Indien au Pacifique est toujours décevant, j'imagine qu'il faut aller en Polynésie pour se faire plaisir, d'ailleurs je me demande pourquoi on n’y passe pas. Je regarde la carte et en lisant Rurutu, Rarotonga, ça a l'air sympa, par contre, Papeete c'est un peu surfait. On n’est qu'à 1500 milles, ça vaudrait le coup... Nous, on ne va voir que des portes ! un point à droite, un point à gauche et on passe au milieu, on est un peu idiots. Je ne vais jamais assez vite, ça m'énerve. J'ai pris un ris et me suis dit que ça allait rentrer et maintenant, je me demande si j'ai bien fait. Je vous dis à bientôt dans les îles, moi je vais passer ma petite portounette. »  

ONBOARD PRB - SKIPPER : VINCENT RIOU (FRA) - 31/10/08 
PHOTO : JEAN MARIE LIOT / DPPI / VENDEE GLOBE

Après la tempête

28.12.2008

Vincent Riou (PRB) à la vacation de 11h : « Un de mes deux moteurs est tombé en panne et je viens à peine de ressortir la tête de la cale, c'est a peu près réparé (le moteur est tombé en panne depuis, ndlr). Mon pied va mieux et même si je le sens encore un peu, il ne m'handicape plus du tout pour me balader sur le bateau. Je peux sortir, mais je ne vais pas devant avec les conditions qu'on a en ce moment. La mer est toujours agitée, mais ça n'a plus rien à voir avec ce qu'on avait il y a 36h. Il n'y avait aucun moyen d'avancer, même avec 35-40 nœuds de vent moyen. Je n'avais jamais rien rencontré de mer aussi extrême et c'est facile d'imaginer comment Seb (Josse, ndlr) s'est fait renverser. Il y a des éléments qu'on ne maîtrise pas, on ne peut pas être en permanence dehors à voir ce qui se passe. Maintenant, tout le monde panse un peu ses plaies et attend le passage du Cap Horn pour retrouver des conditions clémentes. Quand la tempête est vraiment grosse, l'idée c'est de faire le dos rond, d'oublier la course et d'essayer de naviguer en bon marin . Au final, on a pas grand-chose à faire d'autre que dormir, et près du sol pour éviter de se faire balader par les vagues. »  

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