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Dépêches

 

Le lundi 29 décembre 2008 à 15:45Rêve de Marquises

Rêve de Marquises

« Au quotidien, dans la course, il y a parfois un peu de monotonie, certaines journées que je trouve un peu longues. Mais je n’ai pas le droit de me plaindre puisque j’en ai rêvé de ce Vendée Globe.
Heureusement que Vincent (Riou) n’est pas loin, il pimente les journées et ajoute de la motivation. On a fait un bon bout de chemin ensemble. C’est sûr que c’est rassurant, en termes de sécurité d’abord. C’est sympa d’avoir un compagnon de route. Souvent on s’appelle, pour prendre des nouvelles du bord, s’assurer que le moral est bon…La stratégie entre les portes fait qu’on n’a pas vraiment le choix sur les routages. A mon avis jusqu’au Cap Horn, notre petite « association » va continuer. Sinon, je vous annonce qu’aujourd’hui, je suis à la longitude des Marquises. Mais un peu plus sud, hélas…
»
Armel Le Cléac’h, Brit Air, à la vacation de 11h.
 

Le lundi 29 décembre 2008 à 15:15Abandon officiel de Sébastien Josse

Abandon officiel de Sébastien Josse

A 14h01 aujourd’hui, la Direction de Course du Vendée Globe a reçu par un mail de Mark Turner la déclaration officielle d’abandon de Sébastien Josse. C’est le 13e abandon depuis le départ. Sébastien Josse a décidé lundi matin de faire route vers Auckland (Nouvelle-Zélande) à cause de son safran endommagé (voir photo ci-contre).

Le lundi 29 décembre 2008 à 14:44Sur la réserve

Sur la réserve

« Il n’y a pas trop de vent aujourd’hui. La mer est creusée, elle est un peu classique de l’océan austral. On a eu beaucoup de vent, même un peu plus que les autres années. Le temps s’est maintenant bien amélioré. La mer est toujours froide mais on peut maintenant mettre les mains à l’air et c’est clair que c’est agréable. La nuit vient de tomber et on essaye d’avancer malgré le safran blessé. Pour le safran, je suis un peu sur la réserve, mais ça se passe à peu près correctement. Je suis juste un peu inquiet pour la tête du safran. Il y a des morceaux de carbone qui se sont un peu délités, mais ça tient. Je passe pas mal de temps dessus car ça demande pas mal d’entretien. Il y a un jour et demi, j’ai eu un peu de casse. Il a fallu sortir la perceuse, les outils… donc il y a eu un peu de stress. Demain, j’aurai peut-être l’opportunité de faire des réparations plus poussées mais il faudrait que la tête de safran soit hors de l’eau pendant douze heures … Donc, ce sera peut-être après le Cap Horn quand on sera protégé de la mer par la pointe de l’Amérique du sud.» Jean-Pierre Dick, Paprec-Virbac 2, à la vacation de 11h.
 

Le lundi 29 décembre 2008 à 13:58Petit vieux

Petit vieux

« Avec ma véranda, on est plutôt bien loti. Le ciel est dégagé. On a eut un beau coucher de soleil. Je fais 14-15 nœuds, tranquille. Il faut croire que le Pacifique, c’est sympa. C’est même super agréable ! Il faut que je profite de tout ca. J’espère qu’au Sud, ça ira aussi.
J’avais un winch qui s’était un peu dévissé. Du coup, j’ai sorti ma petite clef et je l’ai revissé. Et c’est tout : rien d’autre ! C’est vraiment génial. Là, je mange un couscous, tout en réglant mon pilote et la position des voiles. Tout à l’heure, c’était un peu plus clément, je suis sorti dehors. Ca n’a duré que cinq minutes car ensuite les vagues revenaient, mais c’était cool car il faisait 10-12 degrés. Quand je me vois par rapport aux autres, je suis plutôt bien loti.
Rien d’extravagant, je suis réglé comme une horloge… Finalement, la vie en bateau, c’est comme celle d’un petit vieux. Ah si ! Aujourd’hui, j’ai fait quelque-chose d’original. J’ai changé ma bouteille de gaz, comme au camping.
» Arnaud Boissières, Akena vérandas, à la vacation de 11h.
 

Le lundi 29 décembre 2008 à 12:58Méchant Pacifique

Méchant Pacifique

« Ça va mieux. On a une mer moins croisée et ça fait du bien de laisser se reposer le bébé… En passant la dernière porte, je n’ai pas été très bon sur le timing de l’empannage. Je crois que je subissais les séquelles de mon inondation. Je n’ai pas de souvenir d’un Océan Pacifique aussi méchant depuis longtemps. On en ressort forcément fatigué et pourtant il faut savoir rester vigilant. Quand tu es dans cette spirale, tu peux devenir fou… D’autant que je ne pratique beaucoup le téléphone ces derniers temps compte tenu du fait que je n’ai plus que le fleet qui fonctionne. Pour mon vérin de quille, je verrai si le moteur accepte de redémarrer. Sinon, on fera avec de l’huile de course. Pour moi qui ai toujours prôné les énergies douces ! »
Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h.
 

Le lundi 29 décembre 2008 à 12:40Les premières déclarations de Seb Josse

Les premières déclarations de Seb Josse

"Quelles nouvelles de BT ? BT rentre au port, voilà tout. Réparer en mer serait possible mais, avec le Pacifique et le Cap Horn qui m’attendent encore, je crois qu’il n’est pas raisonnable de continuer. Moralement, ce n'est jamais une décision agréable. Le Vendée Globe, c’est tous les quatre ans. On est parti de très, très loin, près de deux ans plus tôt. Il y a beaucoup de gens qui se sont investis dans le projet, mon sponsor notamment. On avait fait plutôt un joli début de course.On va en tirer les leçons : la dure loi du Vendée a sévi. Les éléments naturels sont plus durs que mon bateau. C’est d’autant plus frustrant que jusqu’ici j’avais eu une navigation plutôt safe. Il suffit d’un rien pour que la chance bascule du mauvais côté. Maintenant, je me dirige vers la Nouvelle-Zélande, les conditions devraient être plutôt maniables. L’idée c’est de joindre Auckland."

Le lundi 29 décembre 2008 à 11:22Problème Internet.

Un problème Internet nous empêche d'assurer une diffusion optimale de la vacation en direct. Elle sera réécoutable intégralement sur le site en début d'après midi.

Le lundi 29 décembre 2008 à 06:57« hard job »

« hard job »

Message de la nuit de Michel Desjoyeaux à bord de Foncia :

« Une fois n'est pas coutume, je sais parler voile, ouais je sais, c'est pas original, mais c'est l'actualité ( à ne pas confondre avec "c'est là que tu es alité".
Aujourd'hui j'ai affalé la grand-voile pour changer une latte, ouais effectivement, c'est la première fois que ça m'arrive sur ce bateau. Il y a huit ans, je faisais ça presque tous les jours, changer des lattes, enfin les bricoler parce que j'avais pas 12 fagots, non plus. Jusqu'aux Acores, j'avais bricolé. A la fin j'étais rodé, je me rehissais la GV en 2 traits de première vitesse, bien énervé. La, en fait, ce qui est dur, c'est pas d'affaler, ni de changer la latte, bien que ce fut celle du haut, la toute dernière, tant qu'à faire. Non, la punition, c'est de passer la chute avec les lattes, a l'extérieur des lazys jacks, faut être patient et méthodique. J'avais oublié. C'est tellement bon quand c'est fini ! Et ça passe pas tout en première ! En tous cas, le Pacifique est sympa avec nous, pour le moment, beaucoup de belles journées ensoleillées, ça change du royaume de l'ombre, de l'autre côté de la Tasmanie. Parfait pour les travaux dans le jardin, comme cet aprem'.
Mic Desj »

 

 

Le lundi 29 décembre 2008 à 06:02Le monocoque Generali perdu en mer

Le monocoque Generali perdu en mer

Alors que l’état de santé de Yann Eliès permettra son rapatriement mercredi 31 décembre, son monocoque Generali est perdu en mer.
Pendant que les équipes médicales s’affairaient autour de Yann pour lui prodiguer les soins consécutifs à son accident, Generali montait une opération pour aller récupérer le bateau. Deux membres du Team Generali arrivés à Fremantle en Australie cherchaient un bateau pour les emmener sur la zone où avait été abandonné le monocoque.

Le 23 décembre, la direction de course constatait l’arrêt de la balise de positionnement du monocoque et était alerté par le CROSS Gris Nez du déclenchement de la balise de détresse COSPAS SARSAT. Elle en informait immédiatement l’équipe de Generali.

Philippe Laot, directeur technique de l’équipe de Yann Eliès, et Jean-Baptiste Epron, équipier, ont pu appareiller sur un bateau de pêche mercredi 25 décembre. Ils ont rapidement été confrontés à des conditions de mer et de vent très mauvaises.

En cours de route, les deux hommes ont été informés le vendredi 26 décembre par l’équipe à terre de Generali que la balise de détresse avait cessé d’émettre. Il n’y avait donc plus aucun moyen de positionner le bateau. Les conditions météorologiques se dégradant (vagues de 7 à 8 m et mer croisée) l’équipe renonçait à poursuivre les recherches.

 

Le dimanche 28 décembre 2008 à 17:22Hatfield raconte son chavirage

Hatfield raconte son chavirage

Derek Hatfield (Algimouss-Spirit of Canada), à la vacation de 11h: « C'était une mauvaise journée pour nous. Tôt ce matin le bateau a été renversé, le mât dans l'eau. Je me suis retrouvé sur le plafond à l'intérieur et quand je suis sorti, j'ai découvert que deux étages de barres de flèche avaient été cassés du côté bâbord. Ce qui est surprenant est que la casse se trouve au milieu. Je mets le cap au nord. Il est évident que je ne pourrai pas les réparer tout seul, mais je suis en train d'analyser comment faire maintenant. J'avais l'impression que nous nous étions complètement retournés. Je voyais l'eau par la fenêtre. C'était incroyable de voir la hauteur des vagues. J'étais dans ma bannette lorsque cela s'est produit. Une minute après et me voilà en train de marcher sur le plafond. Les vagues étaient certes énormes, mais je n'imaginais pas qu'elles arriveraient à faire cela. Le bateau s'est couché rapidement et tout volait à l'intérieur. J'ai un bleu sur les jambes et un autre aux côtes. J'ai des regrets surtout pour mon partenaire, Algimouss, et pour tous ceux, qui m'ont soutenu. En fait, nous avons traversé une série de dépressions avant celle d'hier soir. Pendant la nuit j'ai eu 55 nœuds et j’ai réduit la voilure au point où on n'avait plus de toile. Le bateau avait été renversé plusieurs fois, mais ce n'était que ce matin avec l'affaiblissement du vent que la grosse vague a fait coucher le bateau le mât dans l'eau. Je suis effondré. J'ai nettoyé le bateau et ai sécurisé le mât avant de hisser la GV. La partie basse fonctionne encore et il me faudra cinq ou six jours pour rallier l'Australie. On voit bien avec tous les vracs dans cette course que peu sépare en fait ceux qui réussissent à s'en sortir et ceux qui sont contraints à l'abandon. Personne n'est à l'abri de ce genre d'incident. »
(Photo ci-dessus des deux barres de flèche cassées)