« J’ai eu un petit souci cette nuit. J’ai tapé avec le safran sous le vent et du coup, le safran s’est relevé ; donc j’ai fait un beau vrac. A priori tout est remis en ordre, je viens de terminer de ranger. Le bateau est parti à l’abattée, et tu te retrouves avec la quille sous le vent, le bateau matossé pareil, couché sur l’eau. Tu fais l’acrobate pour remettre le bateau à l’endroit. Le principal, c’est que je n’ai rien cassé, mais je vais attendre que le vent se lève pour vérifier que tout va bien. L’eau était à 10°. Je ne pense donc pas avoir cogné un growler. Ça m’a pris trois quart d’heure pour remettre le bateau à l’endroit. C’était un peu galère. On a des safrans relevables pour éviter que ça casse. L’inconvénient, c’est que quand on a du vent et de la mer, si on n’est pas près de la barre, c’est délicat. A part cette petite sortie de route, le bonhomme va bien. On gère le quotidien. Je suis surtout content de me rapprocher du Cap Horn et de quitter les portes des glaces. » Armel le Cléach, Brit Air, à la vacation de 11h.
A la uneBrèves
Joli vrac…
02.01.2009
Sans états d’âme
01.01.2009« Je me suis retrouvée en tee-shirt et pieds nus sur le pont. J’étais vraiment étonnée, car il faisait tellement beau et chaud, c’était incroyable. Quand j’ai fait le trophée Jules Vernes il y a 11 ans, j’ai eu l’impression d’avoir passé six semaines dans un frigo. Il faisait dur, froid et humide. Alors quand il y a des moments comme hier, où le climat est doux, il faut en profiter, ça arrive trop rarement.
C’est vrai que je suis plutôt en forme. Je pense que j’ai eu de la chance depuis le début de cette course. Je n’ai pas eu de gros soucis sur Roxy, et je n’ai pas eu les grosses tempêtes comme certains. Finalement, j’ai peu de souvenirs où je n’étais pas heureuse. Je n’ai même jamais pleuré. Une fois, je me suis cogné les coudes, j’ai failli pleurer mais je suis plutôt tombé dans les pommes… Sinon, JP m’a appelé pour me dire qu’il m’offrait sa sixième place pour le Nouvel An, j’étais vraiment trop malheureuse pour lui. Là, on a une super belle mer et je fais des surfs à 24-25 nœuds. C’est drôle, je n’arrive plus à dormir quand le bateau marche à 12 nœuds. »
Sam Davies, Roxy, à la vacation de 11 heures
Grosse fatigue
01.01.2009« La descente vers le Cap Horn ça se présente comme d’habitude, avec du vent soutenu et du passage de front. Je suis un peu épuisé. Hier, j’ai bien dormi et là, je m’apprêtais à m’endormir. Au bout d’un moment, ça pèse sur le bonhomme, ce genre d’exercice. C’est de la fatigue, du stress. Avant la Porte, j’ai pris 45 nœuds de vent… Si je devais retenir une image de ce grand sud version 2008, je pense que c’est la décision de la direction de changer les portes. Heureusement qu’on a eu ces portes, sinon c’aurait pu être dramatique, vu le rythme soutenu des skippers. S’il n’y avait pas eu ces portes, cela aurait été « too much ». On va bien plus vite qu’il y a quatre ans. Ça sous-entend qu’on est plus proches de la limite des bateaux, donc forcément plus sur les nerfs. » Jean Le Cam, VM Matériaux, à la vacation de 11h.
Envies d’Atlantique
01.01.2009« 700 milles d’écart, c'est beaucoup et c'est comme ça. Aujourd'hui, les écarts sont faits, ils sont importants. Il n'y a qu'une opportunité météo qui pourrait faire qu'on arrive à se rapprocher d'eux. Quand on les a laissés partir et mener un rythme plus soutenu, on savait qu'on prenait des risques. L’Atlantique, c’est une section de parcours où le jeu est plus ouvert. Pendant la remontée de l’Atlantique, on traverse les saisons à la vitesse grand V donc forcément, il y a plein de choses à faire. Jamais une journée ne ressemble à une autre alors qu'un mois dans le Grand Sud, c'est toujours la tempête, le portant. Quelque part, c'est un peu monotone. Quand on remonte, c'est en perpétuelle évolution, en perpétuel changement »Vincent Riou, PRB, à la vacation de 11h.
Les éléphants de mer de Marco
01.01.2009« Le Pacifique est plutôt calme et tempéré. On a du temps gris, un peu de crachin. Il fait 12°, on ne va pas s’en plaindre. Mon retard sur les premiers est important, mais ce n’est pas le reflet de ma course. Je vais bénéficier du temps rendu pour aller aider Yann. On est dans des systèmes tellement différents qu’un tel écart peut encore augmenter de 50%, voire diminuer d’autant. J’ai été me balader dans le mât pour mettre en place un brélage pour pouvoir hisser ma grand-voile au deuxième ris. Je garde déjà de bons moments en mémoire : comme mon arrêt pour réparer mon mât, où je suis monté sous le regard de 150 éléphants de mer qui n’en avaient rien à faire… Ce sont des moments assez magiques.» Marc Guillemot, Safran, à la vacation de 11h.
Les bonnes résolutions de Sam
01.01.2009"Faire le tour du monde. Arrêter de manger le Nutella avec les doigts. Ne pas m’endormir quand le moteur tourne pour charger les batteries. Eponger tous les jours. Me brosser les cheveux plus d’une fois par semaine. Manger plus, mais manger moins de chocolat. Oublier ces résolutions quand elles ne sont pas possibles. Prendre quelques milles aux leaders. Etre gentille avec Chuck, mon pilote automatique. Ne pas prendre de risques."
Message de Sam Davies, Roxy, à la direction de course...