Dépêches
Le vendredi 02 janvier 2009 à 14:13Joli vrac…
« J’ai eu un petit souci cette nuit. J’ai tapé avec le safran sous le vent et du coup, le safran s’est relevé ; donc j’ai fait un beau vrac. A priori tout est remis en ordre, je viens de terminer de ranger. Le bateau est parti à l’abattée, et tu te retrouves avec la quille sous le vent, le bateau matossé pareil, couché sur l’eau. Tu fais l’acrobate pour remettre le bateau à l’endroit. Le principal, c’est que je n’ai rien cassé, mais je vais attendre que le vent se lève pour vérifier que tout va bien. L’eau était à 10°. Je ne pense donc pas avoir cogné un growler. Ça m’a pris trois quart d’heure pour remettre le bateau à l’endroit. C’était un peu galère. On a des safrans relevables pour éviter que ça casse. L’inconvénient, c’est que quand on a du vent et de la mer, si on n’est pas près de la barre, c’est délicat. A part cette petite sortie de route, le bonhomme va bien. On gère le quotidien. Je suis surtout content de me rapprocher du Cap Horn et de quitter les portes des glaces. » Armel le Cléach, Brit Air, à la vacation de 11h.
Le jeudi 01 janvier 2009 à 17:15Sans états d’âme
« Je me suis retrouvée en tee-shirt et pieds nus sur le pont. J’étais vraiment étonnée, car il faisait tellement beau et chaud, c’était incroyable. Quand j’ai fait le trophée Jules Vernes il y a 11 ans, j’ai eu l’impression d’avoir passé six semaines dans un frigo. Il faisait dur, froid et humide. Alors quand il y a des moments comme hier, où le climat est doux, il faut en profiter, ça arrive trop rarement.
C’est vrai que je suis plutôt en forme. Je pense que j’ai eu de la chance depuis le début de cette course. Je n’ai pas eu de gros soucis sur Roxy, et je n’ai pas eu les grosses tempêtes comme certains. Finalement, j’ai peu de souvenirs où je n’étais pas heureuse. Je n’ai même jamais pleuré. Une fois, je me suis cogné les coudes, j’ai failli pleurer mais je suis plutôt tombé dans les pommes… Sinon, JP m’a appelé pour me dire qu’il m’offrait sa sixième place pour le Nouvel An, j’étais vraiment trop malheureuse pour lui. Là, on a une super belle mer et je fais des surfs à 24-25 nœuds. C’est drôle, je n’arrive plus à dormir quand le bateau marche à 12 nœuds. »
Sam Davies, Roxy, à la vacation de 11 heures
Le jeudi 01 janvier 2009 à 15:20Grosse fatigue
« La descente vers le Cap Horn ça se présente comme d’habitude, avec du vent soutenu et du passage de front. Je suis un peu épuisé. Hier, j’ai bien dormi et là, je m’apprêtais à m’endormir. Au bout d’un moment, ça pèse sur le bonhomme, ce genre d’exercice. C’est de la fatigue, du stress. Avant la Porte, j’ai pris 45 nœuds de vent… Si je devais retenir une image de ce grand sud version 2008, je pense que c’est la décision de la direction de changer les portes. Heureusement qu’on a eu ces portes, sinon c’aurait pu être dramatique, vu le rythme soutenu des skippers. S’il n’y avait pas eu ces portes, cela aurait été « too much ». On va bien plus vite qu’il y a quatre ans. Ça sous-entend qu’on est plus proches de la limite des bateaux, donc forcément plus sur les nerfs. » Jean Le Cam, VM Matériaux, à la vacation de 11h.
Le jeudi 01 janvier 2009 à 14:59Envies d’Atlantique
« 700 milles d’écart, c'est beaucoup et c'est comme ça. Aujourd'hui, les écarts sont faits, ils sont importants. Il n'y a qu'une opportunité météo qui pourrait faire qu'on arrive à se rapprocher d'eux. Quand on les a laissés partir et mener un rythme plus soutenu, on savait qu'on prenait des risques. L’Atlantique, c’est une section de parcours où le jeu est plus ouvert. Pendant la remontée de l’Atlantique, on traverse les saisons à la vitesse grand V donc forcément, il y a plein de choses à faire. Jamais une journée ne ressemble à une autre alors qu'un mois dans le Grand Sud, c'est toujours la tempête, le portant. Quelque part, c'est un peu monotone. Quand on remonte, c'est en perpétuelle évolution, en perpétuel changement »Vincent Riou, PRB, à la vacation de 11h.
Le jeudi 01 janvier 2009 à 13:20Les éléphants de mer de Marco
« Le Pacifique est plutôt calme et tempéré. On a du temps gris, un peu de crachin. Il fait 12°, on ne va pas s’en plaindre. Mon retard sur les premiers est important, mais ce n’est pas le reflet de ma course. Je vais bénéficier du temps rendu pour aller aider Yann. On est dans des systèmes tellement différents qu’un tel écart peut encore augmenter de 50%, voire diminuer d’autant. J’ai été me balader dans le mât pour mettre en place un brélage pour pouvoir hisser ma grand-voile au deuxième ris. Je garde déjà de bons moments en mémoire : comme mon arrêt pour réparer mon mât, où je suis monté sous le regard de 150 éléphants de mer qui n’en avaient rien à faire… Ce sont des moments assez magiques.» Marc Guillemot, Safran, à la vacation de 11h.
Le jeudi 01 janvier 2009 à 12:23Les bonnes résolutions de Sam
"Faire le tour du monde. Arrêter de manger le Nutella avec les doigts. Ne pas m’endormir quand le moteur tourne pour charger les batteries. Eponger tous les jours. Me brosser les cheveux plus d’une fois par semaine. Manger plus, mais manger moins de chocolat. Oublier ces résolutions quand elles ne sont pas possibles. Prendre quelques milles aux leaders. Etre gentille avec Chuck, mon pilote automatique. Ne pas prendre de risques."
Message de Sam Davies, Roxy, à la direction de course...
Le jeudi 01 janvier 2009 à 10:43Précisions sur les classements
On a pu déceler sur certains classements des aberrations sur les distances parcourues sur vingt-quatre heures ou les écarts entre deux concurrents. La faute en est au système de calcul de la distance restant à parcourir au passage des portes. Le point de référence est, notamment pour la porte " Pacifique est ", le point le plus oriental de la porte. Un concurrent qui, à l'instar de Michel Desjoyeaux, traverse la porte dans sa partie ouest se voit créditer automatiquement d'un bonus de milles considérable puisqu’il se trouve classé par rapport au prochain point de référence quand tous ses adversaires sont encore classés par rapport à cette porte.
Le mercredi 31 décembre 2008 à 16:51Avancée tranquille
« Aujourd'hui, j'ai eu un bon vent. J'en ai profité pour grappiller quelques milles à Dee Caffari. La mer est calme mais le vent a molli. Et j'espère que ça ne va pas permettre à ceux de derrière de me rattraper. Je pensais devoir barrer plus longtemps, mais le pilote le fait beaucoup mieux que moi. Par exemple, aujourd'hui, je n'ai pas touché la barre. En plus, il fait bon : 12 degrés… mais il y a l'humidité. Je pense à mon repas de fin d'année : foie gras, canard confit et riz cantonnais…bon ça ne va pas très bien ensemble mais avec la bouteille de Saint-Emilion, je pense me faire une belle nouvelle année. » Arnaud Boissières, Akena Vérandas, à la vacation de 11h.
Le mercredi 31 décembre 2008 à 16:15Vivement l'Atlantique.
"J'aborde un vent de nord-ouest de 45 nœuds, ça tape un peu… J'ai lofé un peu et je pense que ça va aller. On m'avait dit que le Pacifique c’était une longue houle… jusque là, c'est comme l'Indien. Pour l'instant je reste dans les cinq premiers. C'est encourageant car les mers du sud ont été très dures. Je suis à 500 milles de la porte et je pense la passer avec un vent sud-est. Bon, le Grand Sud, c'est sympa pour une première. J'ai eu quelques jours agréables et j'ai pu faire des bonnes moyennes au portant. Mais les conditions ont été difficiles. Comme le disent mes camarades, on a été servi cette année. ça tape, ça cogne et ça remue… Ce sera un soulagement de passer le Cap Horn. Arrivé sur l'Atlantique, la course pourra reprendre. Les portes des glaces empêchent les stratégies. Il y aura donc des coups tactiques possibles. Avec Vincent on s'accroche derrière. J'ai peut-être 500 milles de retard mais il faudra rester à l'affût sur l'Atlantique." Armel Le Cléac'h, Brit Air, à la vacation de 11h
Le mercredi 31 décembre 2008 à 15:47S'accrocher jusqu’aux Sables
"Je suis dans une dorsale et le vent est descendu à 15-20 nœuds. Le ciel est caché par les nuages et je ne vois pas la lune. Les écarts se sont encore creusés avec les premiers, tout ça à cause des vents. Mais cela peut changer, donc "wait and see". C'est dur de perdre la première place, surtout à cause d'un OFNI. Mais il faut aussi terminer le Vendée. J'avance difficilement à cause de mes problèmes de safran. Même cet après-midi, j'ai eu une alerte rouge : un bout qui a lâché. En plus vu l'état de la mer, croisée, c'est impossible de faire de bonne réparation. Je dois faire du bricolage continuellement. Ces conditions ne sont pas vraiment agréables. Il va falloir s'accrocher jusqu'aux Sables." Jean Pierre Dick, Paprec-Virbac 2, à la vacation de 11h
Infos précédentes :
- Le 31 décembre 2008 à 15:13 : Irréductibles solitaires
- Le 31 décembre 2008 à 14:38 : Bilou fait son film
- Le 31 décembre 2008 à 12:57 : Stamm à la Réunion
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