« Le jour s’est levé depuis deux heures. La mer est plutôt calme, le vent raisonnable, aux alentours de 25/30 nœuds. La mer est dans le bon sens depuis que j’ai empanné cette nuit. Il y a de l’air qui rentre derrière. Pas violent. Ce vent va nous emmener jusqu’au Cap Horn. La bonne nouvelle, c’est que ça nous éviter d’aller dans les glaces.
Je suis plus impatient que je n’ai peur d’arriver au Cap Horn même si je sais que c’est un coin délicat. Quand on le franchit, c’est quelque part une délivrance. On sort des mers du Sud, on retourne dans l’Atlantique. A chaque fois que je l’ai passé, c’était dans de bonnes conditions. Après le Horn, il restera un mois de navigation. La tactique, c’est quand même d’être prudent, de ne pas s’énerver. Il ne faut pas oublier que la remontée du Horn jusqu’à avoir passé l’anticyclone de Sainte-Hélène n’est pas des plus simples.» Michel Desjoyeaux, Foncia, à la vacation de 11h.
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Horn : délivrance ou remise à plat ?
02.01.2009Shadok
02.01.2009« Ça fait plaisir de revenir vers chez vous. Là, ça commence à être un peu chaotique. Cet après-midi, ça risque d’être musclé. Quand je vois ce qu’on a pris hier. C’est monté à pratiquement 50 nœuds. Comme il y avait des variations d’angles de vent, la mer changeait beaucoup. Le spectacle était magnifique, la mer était superbe mais c’était dur de faire avancer le bateau. Pour la compétition, ce n’est pas terrible.
Le moteur de la quille ne marche toujours pas. Il y a un ensemble de petits trucs que je ferai après le Cap Horn. Je bascule la quille à la main. C’est un peu folklorique. Je suis entrain d‘apprendre. Tu tournes à la manivelle et puis tu te la fais à la Shadok ! Je vais revenir au Sables tout joli avec de gros biceps.
Il faut préserver le bateau jusqu’au Horn. Après, on change d’océan. Tout un système météo va changer. L’anticyclone de st Hélène, le Pot-au-Noir, plein de phénomènes peuvent jouer. Dans la balance, il y aura aussi l’usure du bateau, les petits soucis et le destin ! » Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation de 11h.
Joli vrac…
02.01.2009« J’ai eu un petit souci cette nuit. J’ai tapé avec le safran sous le vent et du coup, le safran s’est relevé ; donc j’ai fait un beau vrac. A priori tout est remis en ordre, je viens de terminer de ranger. Le bateau est parti à l’abattée, et tu te retrouves avec la quille sous le vent, le bateau matossé pareil, couché sur l’eau. Tu fais l’acrobate pour remettre le bateau à l’endroit. Le principal, c’est que je n’ai rien cassé, mais je vais attendre que le vent se lève pour vérifier que tout va bien. L’eau était à 10°. Je ne pense donc pas avoir cogné un growler. Ça m’a pris trois quart d’heure pour remettre le bateau à l’endroit. C’était un peu galère. On a des safrans relevables pour éviter que ça casse. L’inconvénient, c’est que quand on a du vent et de la mer, si on n’est pas près de la barre, c’est délicat. A part cette petite sortie de route, le bonhomme va bien. On gère le quotidien. Je suis surtout content de me rapprocher du Cap Horn et de quitter les portes des glaces. » Armel le Cléach, Brit Air, à la vacation de 11h.
Sans états d’âme
01.01.2009« Je me suis retrouvée en tee-shirt et pieds nus sur le pont. J’étais vraiment étonnée, car il faisait tellement beau et chaud, c’était incroyable. Quand j’ai fait le trophée Jules Vernes il y a 11 ans, j’ai eu l’impression d’avoir passé six semaines dans un frigo. Il faisait dur, froid et humide. Alors quand il y a des moments comme hier, où le climat est doux, il faut en profiter, ça arrive trop rarement.
C’est vrai que je suis plutôt en forme. Je pense que j’ai eu de la chance depuis le début de cette course. Je n’ai pas eu de gros soucis sur Roxy, et je n’ai pas eu les grosses tempêtes comme certains. Finalement, j’ai peu de souvenirs où je n’étais pas heureuse. Je n’ai même jamais pleuré. Une fois, je me suis cogné les coudes, j’ai failli pleurer mais je suis plutôt tombé dans les pommes… Sinon, JP m’a appelé pour me dire qu’il m’offrait sa sixième place pour le Nouvel An, j’étais vraiment trop malheureuse pour lui. Là, on a une super belle mer et je fais des surfs à 24-25 nœuds. C’est drôle, je n’arrive plus à dormir quand le bateau marche à 12 nœuds. »
Sam Davies, Roxy, à la vacation de 11 heures
Grosse fatigue
01.01.2009« La descente vers le Cap Horn ça se présente comme d’habitude, avec du vent soutenu et du passage de front. Je suis un peu épuisé. Hier, j’ai bien dormi et là, je m’apprêtais à m’endormir. Au bout d’un moment, ça pèse sur le bonhomme, ce genre d’exercice. C’est de la fatigue, du stress. Avant la Porte, j’ai pris 45 nœuds de vent… Si je devais retenir une image de ce grand sud version 2008, je pense que c’est la décision de la direction de changer les portes. Heureusement qu’on a eu ces portes, sinon c’aurait pu être dramatique, vu le rythme soutenu des skippers. S’il n’y avait pas eu ces portes, cela aurait été « too much ». On va bien plus vite qu’il y a quatre ans. Ça sous-entend qu’on est plus proches de la limite des bateaux, donc forcément plus sur les nerfs. » Jean Le Cam, VM Matériaux, à la vacation de 11h.
Envies d’Atlantique
01.01.2009« 700 milles d’écart, c'est beaucoup et c'est comme ça. Aujourd'hui, les écarts sont faits, ils sont importants. Il n'y a qu'une opportunité météo qui pourrait faire qu'on arrive à se rapprocher d'eux. Quand on les a laissés partir et mener un rythme plus soutenu, on savait qu'on prenait des risques. L’Atlantique, c’est une section de parcours où le jeu est plus ouvert. Pendant la remontée de l’Atlantique, on traverse les saisons à la vitesse grand V donc forcément, il y a plein de choses à faire. Jamais une journée ne ressemble à une autre alors qu'un mois dans le Grand Sud, c'est toujours la tempête, le portant. Quelque part, c'est un peu monotone. Quand on remonte, c'est en perpétuelle évolution, en perpétuel changement »Vincent Riou, PRB, à la vacation de 11h.