« Je suis dépité. Ayant fait tous ces efforts pour arriver ici, c'est une décision dure à prendre. Mais on arrive à un point où cela devient impossible. On est sûr que la grand voile va devenir inutilisable, mais on ne sait pas trop quand. Un voyage sans dérive et sans GV semble impensable. Il faut penser au long terme. Il faudra que je ramène le bateau afin de le préparer pour la nouvelle saison. Je mets le cap au Nord. Je suis à 1000 milles d'Auckland avec une mer croisée. Il suffit de toucher la GV pour que cela se délamine. Je crois que d'ici Auckland, elle sera inutilisable, ce qui me rassure quelque part quant à notre décision. C'était une bonne expérience pour moi. Le bateau a traversé les pires tempêtes. J'ai appris des choses sur le bateau et sur la navigation et maintenant c'est une affaire infinie pour moi. Dans une semaine, je pourrai manger un hamburger et boire une bière. Il faut positiver ! » Jonny Malbon (Artemis) à la vacation radio de dimanche midi.
A la uneBrèves
Une dure décision
04.01.2009
Comme à la maison
04.01.2009« Finalement, Roxy et moi avons trouvé le vent et nous sommes à nouveau repartis !! Mais maintenant je sens que Marc Guillemot sur Safran est nos trousses derrière. Il a eu de bonnes conditions pour me rattraper tandis que j’étais coincée dans une bulle sans vent à la porte des glaces ! Nous suivons cela : notre mission est de lui rendre la tâche difficile pour nous doubler. Safran est un beau bateau, un « missile » et il va plus vite que Roxy mais je vais essayer de travailler dur pour rester devant ! Et je sais que Marco va tout faire pour essayer de me doubler (historiquement, il est déjà devant vu que l’on doit lui rendre du temps lorsqu’il a été dérouté pour porter assistance à Yann). Maintenant le vent est revenu, fort et stable. J’ai moins de manœuvres et d’entretien à faire, je me laisse donc aller comme à la maison, à ma table à cartes en buvant une tasse de thé, pendant que Roxy navigue à une vitesse moyenne de 17 nœuds environ. » Samantha Davies (Roxy) par mail.
Lecture pour Boissières
04.01.2009« La mer, le vent, les conditions sont plus cléments, surtout la mer est moins grosse. Je bouquine entre deux manoeuvres Erik Orsenna "portrait du Gulf Stream", un de mes cadeaux de Noël. Il autorise les petits breaks sans perdre le fil de son "éloge des courants"; excellent livre passionnant d'un passionné, ça donne envie d'aller voir et d'aller voir plus loin ! Je vais passer la porte dans son extrême Est (un peu comme la précédente) : ma véranda tient le coup, la petite heure de soleil de ce dimanche matin a bien fait plaisir à bord ... Nettoyage, rasage, écopage, Cali la fée du logis est passée par là. Ça sent presque bon à l'intérieur si on oublie l'humidité omniprésente et la charmante petite odeur de gasoil. Bonne journée et bon dimanche a vous terriens. Une véranda dans le Pacifique Sud qui slalome entre des portes !" Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) par mail ce dimanche matin.
« Mangez des algues ! »
04.01.2009« Incroyable ! Je savais que Moitessier faisait pousser des lentilles ou des petits pois, pour en consommer les pousses afin d'avoir des vitamines C contre le scorbut, que d'autres mangeaient des algues pour lutter contre l'ennui. J'ai déjà vu des algues pousser sur les tableaux arrière des bateaux, où de l'eau peut stagner en mer. Là, c'est le summum, les algues poussent dans le cockpit, à même le plancher. Pour le moment, je ne sais dire l'espèce, ni le type de végétation que ça donnera, mais c'est pas de la peinture, ni de la saleté. Ça montre qu'on vit dans la flotte en permanence, que jamais ça sèche, ici ! Bon, ben si c'est ça, je vais appeler un chirurgien, qu'il me pose des branchies, j'vois qu'ça pour être efficace, eu égard aux circonstances ! Si ça continue, faudra que ça sèche ! Si tout va bien, c'est pour dans quelques heures... » Michel Desjoyeaux (Foncia) par mail.
Des avaries en série
03.01.2009« Nous sommes en train de réfléchir sur toutes les possibilités. La voile se dégrade rapidement. Je ne peux pas la réparer. Je n'ai jamais vu un truc pareil. Je n'ai pas assez de matériel ni de colle et je n'ai pas assez de mains! La situation commence à me déprimer. J'ai travaillé si dur pour être dans cette course et à la douzième position et là, cela ne présage rien de bon. Avec le passage du front, on va avoir des rafales de 30-35 nœuds. Pour le moment je vais essayer de préserver le bateau et pendant ce temps-là, je serai en contact avec mon équipe technique et les sponsors et nous considérerons toutes les éventualités. Il faut trouver quelque chose qui est sûr, que l'on peut réaliser et puis à partir de là, on pourrait élaborer un plan. Cela me met en colère quand je vois quelque chose que l'on ne peut pas contrôler, mais qui pourrait avoir une conséquence aussi importante sur ma course ou sur celles des autres. Mes batteries ne restent pas chargées. Ce n'est pas un problème trop important en soi sauf si on commence à se dire qu'il faudra deux semaines de mer de plus, car mes calculs seront faux et les conséquences seront sérieuses. Puis il y a le problème de ma dérive tribord. Si je n'ai pas de dérive et pas de grand voile : cela va être difficile de naviguer au près. Je serais encore plus inquiet si je n'avais plus de sachets de thé, mais là j'en ai vraiment trop commandé ! » Jonny Malbon (Artemis) lors de la vacation radio de midi
Unai à Cascais, Derek à Hobart
03.01.2009En ce samedi, deux solitaires qui ont dû abandonner sont arrivés à bon port : le Basque Unai Basurko qui a connu des problèmes de safran au milieu de l’Atlantique Sud, est remonté jusqu’à Cascais (entrée du Tage avant Lisbonne). Pakea Bizkaia s’est amarré à 14h00 (heure française). Quant au Canadien Derek Hatfield, il était à 16h30 (heure française) à l’entrée de la rivière Derwent, soit à quelques milles du port de Hobart (Tasmanie). Algimouss-Spirit of Canada qui a deux barres de flèche cassées suite à un chavirage dans l’océan Indien, devrait donc en finir au levé du jour (heure locale).