Instruction du Jury International pour réparation en faveur du bateau Safran suite à un déroutage pour porter assistance au skipper blessé de Generali, conformément à la règle 60.3(b) et à l’article 7.3.2 de l’avis de course.
Le 18 décembre à 11h30, Safran se déroute, avec l’accord de la Direction de Course, pour porter assistance au skipper blessé de Generali. Safran, qui navigue sur une route Sud-Est, se déroute vers le Nord puis le Nord-Est pour se rapprocher de la position de Generali. Arrivé sur zone, Safran reste à proximité de Generali jusqu’à la prise en charge par les secours du skipper blessé. Le 20 décembre à 11h30, Safran reprend la course en suivant une route Sud-Est, dans des conditions de vent défavorables par rapport aux bateaux qui ont suivi leur route, plus au Sud. Pour faciliter les opérations d’assistance, le skipper de Safran a déplombé l’arbre d’hélice. Après le sauvetage du skipper, le bateau de la marine australienne transmet au skipper de Safran un colis contenant quelques fruits et un bonnet. La simulation effectuée par l’expert de Météo France montre qu’en l’absence de déroutage, Safran aurait dû atteindre la longitude 136° E sensiblement en même temps que Brit Air et PRB, avec une incertitude de plus ou moins 1h 30. Le skipper de Safran estime qu’une bonification équivalente à son retard sur PRB et Brit Air à une longitude proche de l’ile d’Auckland, avant qu’il ne se déroute pour y effectuer des réparations, constituerait une juste compensation. Le retard de Safran sur Brit Air et PRB était de 82 heures (+/- 1h30) à la longitude 136° E, et de 80 heures à la longitude 155° E (proche de la longitude de l’île d’Auckland).
Conclusion et décision
Safran a droit à réparation en vertu de la règle 62.1(c). Safran a enfreint l’article 2.2 de l’avis de course en recevant du ravitaillement et l’article 12.3 en déplombant l’arbre d’hélice. Safran reçoit une bonification de 82 heures qui devra être retranchée de son temps réel d’arrivée. Les infractions aux articles 2.2 et 12.3 de l’avis de course ayant été commises dans le cadre de l’opération d’assistance, Safran est exonéré de ces infractions en vertu de la règle 62.1(c). Cependant, le skipper doit mettre en place un système permettant de prouver à l’arrivée que l’arbre d’hélice n’a pas pu bouger. Des photos de ce système doivent être envoyées au Directeur de Course.
Le 4 janvier 2009 par le Jury International : Bernard BONNEAU (FRA – Président) ; Ion ECHAVE (ESP) ; Trevor LEWIS (GBR) ; Christian PEYRAS (FRA) ; Jean VERMANT (BEL)