Vendée Globe

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SAILING/VENDEE GLOBE 2008/CAFFARI AVIVA

Priorité : arriver !

07.01.2009

« Lire les comptes-rendus du PC Course hier soir et recevoir les coups de fil de l’équipe pour m’informer des dernières nouvelles m’a fait froid dans le dos parce que c’était tellement effrayant. Ca nous rappelle durement que cette course est loin d’être finie et que le Cap Horn n’est pas célèbre sans raison ! C’est très triste mais nous avons été témoin d’un fantastique sens marin démontré par Vincent et Armel avec d’excellentes nouvelles au final. C’est génial ! Tu essaies de ne pas y penser mais tout ce qui est arrivé aurait pu arriver à chacun d’entre nous à n’importe quel moment. Nous sommes sur le même type de bateau, au même endroit à faire la même chose. Cela dit, tu peux te faire écraser par un bus n’importe quand et ça ne t’empêche pas de traverser la rue. Il faut rester vigilant. C’est très facile avec le temps qui passe de se relâcher et de rater des choses, et des incidents comme ça te rappellent qu’il faut rester sur tes gardes et garder ton sens marin intact. Ce serait mieux de ne pas avoir de tels rappels mais malheureusement, c’est ce qui arrive. Cette course a capturé l’imagination de tous parce qu’il y a eu tellement d’événements dramatiques mais quand tu en es si proche, c’est difficile de rebondir quand tu vois ces incidents juste à côté de toi. Mais la course continue et je suis toujours en course, alors je me concentre sur mon objectif qui est d’arriver. Il me reste 9000 milles à parcourir alors je continue. J’ai un trou de vent devant moi avant la prochaine porte des glaces et bien sûr, le retard pris signifie qu’il me faudra plus longtemps pour passer le Cap Horn. Sur les fichiers météo aujourd’hui, on dirait que je vais arriver au Horn dans des conditions épouvantables. Je voulais passer avant qu’elles n’arrivent mais je crois que je vais subir un dernier coup du Grand Sud avant de le quitter. Mes voiles ne sont pas très jolies. Je viens d’empanner alors si la météo est ok, je ferai d’autres réparations pour être prête pour le gros coup de vent devant et après, je lui donnerai un peu d’amour et d’attention quand ça en aura besoin. Ca a été un gros choc quand Jonny Malbon a abandonné et ça m’a fait reconsidérer ma grand-voile. Je n’ai pas encore épuisé toutes les options pour réparer alors je continue jusqu’à ce que ça arrive. La conséquence, c’est que je navigue sans doute à deux vitesses de moins parce que maintenant, la priorité, c’est d’arriver. » Dee Caffari (Aviva) par mail. 

ON BOARD BRIT AIR / SKIPPER : ARMEL LE CLEAC'H (FRA)

À la pointe du Cap Horn

07.01.2009

« Je suis à 5 milles du cap Horn. C’est mon premier et je suis ravi de le passer aujourd’hui. D’autant que depuis 24 heures, il y a beaucoup d’émotions. La bouteille de champagne est prête !... Quand j’ai appris le souci de Jean Le Cam, je me suis tout de suite dérouté. On a vu le bateau chaviré. La manœuvre s’est avérée assez difficile. On a dû attendre. Avec la direction, on s’est organisé au mieux pour faire le maximum sur place. C’est la solidarité des marins. Je suis très heureux que ce soit fini et que Jean se trouve en pleine forme. C’était une sacrée expérience. Je garderai de ce sauvetage un souvenir exceptionnel. Pour moi, la course a repris depuis quelques heures seulement. J’essaie de ne pas forcer sur le bateau, de me reposer émotionnellement. J’en profite également pour faire un peu de tourisme. Et me reposer après les mers du Sud. J’ai décidé de garder la barbe dans le Sud, sur les conseils de mon papa et ce pour lutter contre le froid. Je me raserai après les Malouines pour gagner en légèreté... Je me rapproche du Cap. La température est de 8°. Maintenant je suis à 4 milles de la pointe. Le cap Horn, c’est énorme. Je suis vraiment content d’être arrivé jusque-là. Brit Air est une réussite, le bateau est en bon état. Ma philosophie a toujours été de préserver le matériel. Avec tout ce qui s’est passé, le fait que je me retrouve troisième n’est pas forcément mérité, vu les accidents des autres. En fait, je ne m’occupe pas trop du classement… » Armel Le Cléac’h (Brit Air) à la vacation de 11h00. 

A BORD PRB / SKIPPER : VINCENT RIOU (FRA)

La suite de Jean Le Cam

07.01.2009

« J’ai toujours eu en tête de ne pas quitter le navire. Ça, c’était la chose la plus importante. Je ne savais pas combien de temps je pouvais rester à l’intérieur. Dans un volume de 10 m3, j’ignore combien de temps un être humain peut vivre. A un moment, j’ai entendu la voix de Vincent. Vrai ou pas ? Je l’ai entendue une deuxième fois. Là, j’étais sûr... Si tu sors et qu’il n’y a personne, ça devient dangereux. Tu n’as qu’un coup dans le barillet... Il y avait le gennaker en travers de la route, et je me trouvais dans mon igloo à l’avant du bateau. Je suis retourné derrière prendre un cordage. Avec Tabarly, j’avais déjà chaviré, donc je savais qu’il fallait pouvoir s’amarrer au safran. Si tu n’as pas de bout, t’es comme un con. C’est comme quand tu vas acheter du pain, et que tu as oublié tes sous… Plein de trucs sortaient du bateau et Vincent, qui les voyait sortir, s’est dit : « C’est l’heure de l’accouchement ». J’ai mis les pieds devant, et dans un mouvement de vague, je suis sorti. Là je l’ai vu…Un grand moment… Je monte sur le bateau. Je m’amarre au safran. Il y avait de la mer. Vincent a fait plusieurs passages et, à un moment, j’ai attrapé son bout. Comme les deux bateaux sont passés assez près, l’outrigger s’est cassé. Le mât de PRB s’est incliné de 30°. On a fait l’empannage de notre vie ! » Jean le Cam (VM Matériaux) à la vacation de 11H 

SAILING/VENDEE GLOBE 2008/RIOU PRB

Récit d’un sauvetage

07.01.2009

« Je sentais la détresse dans les cris de Jean. Le danger, à tout prendre, c’est d’abord l’hypothermie. En plus le bateau s’était enfoncé de bien 40 centimètres. Jean était guetté par le froid. Quand je suis passé à côté de VM Matériaux, j’ai crié. Une réponse m’est parvenue. Jean a agité un pavillon par le passe coque. Ne sachant pas dans quel état il se trouvait à l’intérieur, je me suis organisé avec Armel pour faire des rondes. Il se trouve que Jean a alors réussi à attraper son safran et à monter sur le bateau. La manœuvre était peu évidente. J’ai vu la trappe de survie à l’arrière s’ouvrir. Il fallait se tenir tout près pour le réceptionner. Là, je me suis approché une première fois, tout près, une deuxième fois. Ce n’est qu’à la quatrième tentative que j’ai réussi à passer le cordage. Je prenais plus de risques en m’approchant. Même s’il était accroché au safran, il suffisait d’une vague un peu grosse pour que Jean soit éjecté. Pas facile de résister à la pression de l’eau. Les coques se sont frôlées. L’outrigger a été cassé, mais à ce moment précis, c’était le cadet de mes soucis. J’ai entendu le crac du mât. Heureusement, Jean était déjà réceptionné. Maintenant, nous faisons route vers le cap Horn, vers l’entrée du canal Beagle. Jean devrait débarquer à Ushuaia. On a rendez-vous là-bas avec Isabelle Autissier. C’est notre contact sur place. A priori, le débarquement se fera par elle. » Vincent Riou (PRB) à la vacation de 11h00. 

JEAN LE CAM / VM MATERIAUX (FRA) CHAVIRE AU LARGE DU CAP HORN

Quand le bateau a chaviré

07.01.2009

« Je viens tout juste de me réveiller, et j’avais sacrément besoin de dormir. Je vous prierai d’éviter les gros plans car je ne me suis pas maquillé… Ce qui s’est passé hier : j’étais au téléphone avec Vincent quand j’ai senti un truc, un choc bizarre sur le bateau. Je me suis tout de suite dit qu’il y avait un gros problème. Le bateau s’est couché et, peu de temps après, j’ai chaviré. Il y a peut-être eu un container dans l’eau. Dans le coin, le trafic maritime est important. J’ai eu le réflexe d’aller voir derrière, mais il n’y avait rien du tout. Comme il n’y avait plus de lest, le bateau a donc chaviré. J’ai sauté sur mon sac de vêtements et ma combinaison de survie TPS. Je l’ai enfilé et me suis organisé pour résister au froid. J’ai ainsi réussi à sécher ma couverture qui était dans l’eau. Après, je me suis fait un nid à l’étrave du bateau : c’est tout ce qui restait en dehors de l’eau. Le bateau a alors gîté par l’arrière. » Jean le Cam (VM Matériaux) à la vacation de 11h00 

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009 ROXY

Grosse dépense énergétique

07.01.2009

« J’ai eu peur pour Jean (Le Cam), surtout que personne ne connaissait son état et sa situation. Je n’en ai pas dormi de la nuit. Et même quand tu sais ce qui se passe, tu n’arrête pas d’imaginer les difficultés qu’il peut avoir. Enfin je suis très contente que Jean soit en sécurité. Vincent et Armel ont fait un super sauvetage. Je suis juste triste pour Jean et VM Matériaux qui doivent laisser leur bateau dans le Sud. Je suis en route directe vers le cap Horn, et je serai contente quand je l’aurai passé : le 11 janvier au matin, je pense. Les conditions sont idéales et j’ai pu employer les grandes vitesses avec Roxy. Je me sens mieux que je ne l’aurais imaginé. Ça a été dur avec toute cette dépense d’énergie. J’essaie de manger au maximum avant d'attaquer l’Atlantique. Je dors par tranche d’1h30 maximum, plus c’est le rêve. J’essaye de ne pas trop utiliser mon réveil et je fais confiance à Roxy pour prévenir lorsqu’il faut faire un réglage. J’ai de bonnes sensations avec mon bateau. » Samantha Davies (Roxy) à la vacation de 11h. 

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