« À bord de Roxy, les conditions ont été éprouvantes tout au long de la journée. D'abord, le Fleet 77 a cessé de fonctionner. J'ai attribué cette panne à un problème de convecteur qui a dû souffrir des conditions extrêmes et succombé à la condensation de l'intérieur (c'est ce que j'ai pu vérifier en le démontant). J'ai essayé de le faire sécher mais rien n'y fait pour l'instant. Pour l'heure il est dans le coffre du moteur. Dernière tentative pour le faire repartir. Du coup, j'ai coiffé ma casquette d'électricien et cherché un moyen de contourner ce convecteur et travailler avec un autre séparé. Un plan B pour passer mon parc batterie de quille en série (pour basculer la quille d’un bord sur l’autre) afin de faire du 24 V si nécessaire. Mes outils d'électricien rangés, je suis allée sur le pont pour une vérification tandis que le vent faiblissait. J'ai découvert que mon bout (cordage) pour prendre le 1er ris était salement abîmé. Du coup, j'ai revêtu mon équipement de singe avec chapeau de spécialiste du gréement sur la tête et j'ai crapahuté jusqu'à l'extrémité de la bôme pour réparer ce bout. C'est une réparation temporaire de la forme d'une étrave pour nous permettre d'accéder à l'Atlantique où je pourrai là-bas faire quelque chose de plus propre. Je ne voulais pas perdre trop de temps sur la bôme car même si le vent n'est pas très puissant, il y a une forte houle qui nous secoue dans tous les sens. Je venais d'ôter ma panoplie d'escalade quand, au bout d'un long surf, j'ai entendu un gros « boum ». La bôme avait volé en l'air. C’est le câble textile de hale-bas (un câble qui maintient la bôme vers le bas) qui s'était presque totalement brisé en deux. J'ai eu beaucoup de chance que cela ne se produise pas dix minutes plus tôt quand j'étais sur la bôme (j'étais attachée aussi) car j'aurais certainement fait un beau vol plané ! Alors, j'ai repris mon kit de grimpe : heureusement j'avais un câble de hale-bas de rechange tout prêt et j'ai été le mettre en place. Le double n'est pas aussi solide que l'original, alors dès que celui-ci fût remis, j'ai passé mon après-midi à préparer un câble plus solide pour en avoir un de secours déjà prêt. Je le mettrai en place une fois dans l'Atlantique. Enfin, après une journée très occupée, je n'attends plus que mes pâtes soient cuites. Le vent est toujours léger et la mer est très mauvaise. Du coup je navigue avec prudence, mes plus grandes voiles affalées. » Samantha Davies (Roxy) par mail.
A la uneBrèves
Usures de cordages
08.01.2009
En approche de Puerto Williams
08.01.2009Le monocoque de Vincent Riou avec Jean Le Cam à bord, devrait arriver ces prochaines minutes à Puerto Williams, port militaire chilien. PRB est entré dans le canal de Beagle depuis ce matin en remorque du patrouilleur Alacalufe alors que le vent de Nord-Ouest doit ce renforcer ce jeudi après-midi. Les deux skippers devraient débarquer vers 10h30 et être en relation téléphonique avec le PC Course parisien du Vendée Globe à cette heure-ci.
Direction Tauranga
08.01.2009« Aujourd'hui tout va bien, la brise ne dépasse pas 15 nœuds, mais il pleut beaucoup. Plus que 1 250 milles jusqu'au but ! C'est journée lavage de Paprec-Virbac 2. Le temps est calme, le bateau commence à glisser un peu plus vite qu'hier. J'en profite pour passer l'éponge et quelques sceaux d'eau, c'est tout de même plus agréable et ça occupe l'esprit. Ce soir, un peu de lecture d'un roman d'aventure : Shantaram écrit par G E Roberts, la scène se situe en Inde, et puis dodo , j'essaie de récupérer de la course qui a été fatigante. Le vent devrait bien monter dans les journées du 7 et du 8 janvier pour être fort le 9. Je viens d'empanner pour descendre vers le Sud où le vent devrait souffler moins fort. Il s'agit d'une grosse dépression tropicale très puissante et très rare à ces latitudes. Souhaitons que cela ne déchaîne pas trop la mer parce que le safran et la réparation ont maintenant bien vécu ! Ce vent devrait durer jusqu'à l'arrivée à Tauranga, lieu de destination, arrivée prévue le 11 ou le 12 janvier. » Jean-Pierre Dick (Paprec-Virbac 2) par mail.
Pas d’arrêt à Stewart
08.01.2009« J’ai une belle journée et de bonnes conditions de navigation. Le soleil est au rendez-vous, j’ai pu charger les batteries à 83 %.?J’ai eu du mal à prendre cette décision, mais je ne m’arrêterai pas à Steward.?J’ai évidemment besoin de réparer ma drisse de grand-voile. Tant que je n’aurai pas réglé ce problème, je naviguerai sous-toilé, et à ce rythme, je ne suis pas arrivé aux Sables d’Olonne ! Je me traîne … Seulement si je m’arrête à Steward, je vais encore perdre du temps sur Norbert, et devrai traverser le Pacifique seul… En cas de pépin, je n’aurai personne à proximité pour me venir en aide. Si je décide de m’arrêter après le cap Horn, peu importe le retard que je prendrai sur Norbert, en cas de pépin, les côtes sont à proximité et les secours avec. J’espère juste que la drisse voudra bien tenir jusque là !! Donc c’est décidé, Virginie et moi en avons beaucoup discuté, nous miserons sur la sécurité. En plus, le chavirage de Jean Le Cam ne m’a pas laissé indifférent et prouve que l’intervention d’un concurrent à proximité est plus rapide que l’arrivée des secours. Jean aurait été obligé d’attendre une dizaine d’heures de plus dans son bateau retourné si Vincent n’était pas arrivé, et dans ces conditions chaque minute compte. » Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) par mail.
Décision ce week-end
08.01.2009« Depuis que j’ai passé la dernière porte des glaces hier, les conditions sont plutôt paisibles, ça glisse tout seul. Evidemment je ne suis pas très favorisé avec ma voilure réduite dans du vent médium portant d’à peine 20 nœuds. Ce n’est pas favorable pour revenir sur Roxy. Mais je ne vais pas me plaindre, car au bout de deux mois de mer, de stress, de tensions en tout genre, la fatigue s’accumule forcément, c’est normal, et je sens bien que j’ai plus de mal à me réveiller. Ceci dit, j’ai bien géré mes petits bobos au fur et à mesure, pas de soucis de ce côté là… L’important maintenant, c’est de terminer. On réfléchit à toutes les solutions avec l’équipe de Safran, j’essaie de bien préparer l’opération. Je pense qu’il me faut environ trois heures pour faire la réparation, soit au cap Horn, soit plus tard, aux Malouines ou ailleurs. Je prendrai la décision d’ici deux à trois jours ». Marc Guillemot (Safran) par mail.
Routage et opportunité
08.01.2009« La météo semble plutôt favorable pour devant donc il faut que je me gratte la tête ! Si j’avais dès le début, pu faire un décalage avec Michel, cela aurait été intéressant. Manque de pot, la dépression dans laquelle on est, ne m’a pas donné la possibilité de passer à l’extérieur des Malouines, parce que j’aurais pris trop de retard. Cela aurait été difficile. Donc je devais rester derrière. Maintenant, Michel s’est décalé dans l’Est. Et suivant la théorie des routages, ça lui donne une belle avance sous une semaine. À moins que les choses ne changent, c'est-à-dire que la bulle anticyclonique ne se positionne pas comme les modèles le font ! » Roland Jourdain (Veolia Environnement) par mail