« Il y a deux à trois jours, j'ai pris encore une grosse dépression. Mais là, le vent a complètement chuté. Ce qui m’a permis de faire un peu de chirurgie esthétique sur les panneaux solaires. Les jours prochains vont être plus difficiles car une nouvelle dépression arrive. Si je m'arrête ici, je perds déjà le contact avec Norbert (Sedlacek) et je vais me retrouver avec deux jours de retard sur son bateau. Or, au cap Horn, ce sera bourré d'iceberg et donc dangereux. Ça va mieux là, je n'étais pas bien en fin d'année, après deux mois et toutes mes avaries, je suis physiquement très fatigué, j'ai vraiment pris coup sur coup. C'est vrai qu'au niveau moral parfois, je me retrouve loin derrière. Mais le but c’est que tout le monde arrive à bon port. Quand j'étais au fond du trou en fin d’année, j'avais l'Australie pas loin, et j'avais envie de mettre le clignotant à gauche… J'étais vraiment pas loin de tourner à gauche, mais là, la remontée du Cap Horn sera une vraie délivrance. Ce sera compliqué, mais chaque jour gagné est un jour de plus vers les Sables d'Olonne. » Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à la vacation radio de midi.
A la uneBrèves
Chaque jour est un jour de gagné
08.01.2009
Duel à l’anglaise
08.01.2009« Il y a du vent qui est rentré par le travers et ça va pas mal. J'ai bien peur qu'avec ces conditions, on fasse une route identique avec Dee (Cafari) mais elle va un peu plus vite… Il ne faut pas traîner car il y a une grosse cartouche qui arrive vers le 16 janvier. Je suis en train d'arriver à la dernière porte, c'est que du bonheur, encore plein de belles images, de belles histoires et la bataille avec Dee Caffari est plutôt intéressante : il me manque parfois des chevaux sous le capot, mais c'est fascinant. Je ne lâcherai pas le morceau, même si elle va un peu plus vite : je ne désespère pas. Depuis deux jours, c'était assez clément, donc je recommence à barrer un peu, mais dans le Sud, le pilote fait 98% du boulot. Le froid, les vagues, effectivement, je barre beaucoup moins que ce que j'imaginais, et puis le pilote fait bien son boulot. » Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) à la vacation de 11h.
Chacun sa route, chacun son chemin
08.01.2009« Ça continue de foncer à bord de Foncia. Tous ces milles parcourus nous rapprochent de chez nous. Je vais bien et a priori, rien ne pourrait m'empêcher d'aller jusqu'aux Sables d'Olonne, Il y a eut beaucoup de pluie cette nuit. Maintenant, je vois un bout de ciel bleu qui pointe, ça va faire une belle journée. Comme j'avais un peu d'avance, ça me permettre d'aller de l'autre côté de la bulle anticyclonique qui arrive. J'ai pas mal cravaché après les Malouines pour accrocher ce système. Et comme les fichiers météo sont sur sept jours, ça m’a permis de bien calculer ma trajectoire. Je pense que ça va devrait se passer pas trop mal ! L’anticyclone de Saint Hélène il y a huit ans me rappelle de mauvais souvenirs. Mais j'espère que là, je ne vais pas rater le coche. Il y a un peu de boulot car c'est du vent arrière. Je vais peut-être rompre avec Bilou (Roland Jourdain), car j'ai une trajectoire sensiblement différente. Il avait à peu près 10h de retard aux Malouines, donc il s'est retrouvé dans un choix de route fondamentalement différent. Maintenant, quel écart ça fera au bout du compte, je n'en sais rien. La démarche aboutira vers le 16 janvier, quand on se sera rendu dans les alizés au Nord de la dorsale de Saint Hélène. » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h.
Arrivés à Puerto Williams
08.01.2009« Nous étions en train de manœuvrer en approche du canal Beagle et la cadène provisoire que nous avions faite à bâbord a cassé. Le mât est tombé tranquillement dans l’eau. On n’a rien pu faire d’autre que de l’abandonner car il y avait du clapot. C’était plus dangereux qu’autre chose. La nuit dernière, on a été pris en remorque par la marine chilienne et on vient d’arriver à Puerto Williams. On avait fait 250 milles avec le gréement réparé, il n’en restait que 50 à faire ! C’est comme ça. J’ai du mal à me projeter plus loin que là où je suis. Il faut qu’on se pose, qu’on se repose, qu’on règle nos problèmes de douanes qui ne vont pas être simples. Il est surtout urgent de ne pas se précipiter. Physiquement, on est fatigué mais ça, on connait. Que ce soit moi ou Jean, on en a les bras qui tombent, c’est le truc de trop. Il va falloir qu’on fasse avec mais ça m’arrive après d’autres événements similaires qui me sont arrivés l’année dernière. J’ai l’impression que l’histoire se répète. On est amarré de manière provisoire à un ponton militaire. Maintenant, on va essayer de trouver un mouillage correct pour garder le bateau en sécurité. » Vincent Riou (PRB) en vacation radio au ponton de Puerto Williams en Patagonie
Usures de cordages
08.01.2009« À bord de Roxy, les conditions ont été éprouvantes tout au long de la journée. D'abord, le Fleet 77 a cessé de fonctionner. J'ai attribué cette panne à un problème de convecteur qui a dû souffrir des conditions extrêmes et succombé à la condensation de l'intérieur (c'est ce que j'ai pu vérifier en le démontant). J'ai essayé de le faire sécher mais rien n'y fait pour l'instant. Pour l'heure il est dans le coffre du moteur. Dernière tentative pour le faire repartir. Du coup, j'ai coiffé ma casquette d'électricien et cherché un moyen de contourner ce convecteur et travailler avec un autre séparé. Un plan B pour passer mon parc batterie de quille en série (pour basculer la quille d’un bord sur l’autre) afin de faire du 24 V si nécessaire. Mes outils d'électricien rangés, je suis allée sur le pont pour une vérification tandis que le vent faiblissait. J'ai découvert que mon bout (cordage) pour prendre le 1er ris était salement abîmé. Du coup, j'ai revêtu mon équipement de singe avec chapeau de spécialiste du gréement sur la tête et j'ai crapahuté jusqu'à l'extrémité de la bôme pour réparer ce bout. C'est une réparation temporaire de la forme d'une étrave pour nous permettre d'accéder à l'Atlantique où je pourrai là-bas faire quelque chose de plus propre. Je ne voulais pas perdre trop de temps sur la bôme car même si le vent n'est pas très puissant, il y a une forte houle qui nous secoue dans tous les sens. Je venais d'ôter ma panoplie d'escalade quand, au bout d'un long surf, j'ai entendu un gros « boum ». La bôme avait volé en l'air. C’est le câble textile de hale-bas (un câble qui maintient la bôme vers le bas) qui s'était presque totalement brisé en deux. J'ai eu beaucoup de chance que cela ne se produise pas dix minutes plus tôt quand j'étais sur la bôme (j'étais attachée aussi) car j'aurais certainement fait un beau vol plané ! Alors, j'ai repris mon kit de grimpe : heureusement j'avais un câble de hale-bas de rechange tout prêt et j'ai été le mettre en place. Le double n'est pas aussi solide que l'original, alors dès que celui-ci fût remis, j'ai passé mon après-midi à préparer un câble plus solide pour en avoir un de secours déjà prêt. Je le mettrai en place une fois dans l'Atlantique. Enfin, après une journée très occupée, je n'attends plus que mes pâtes soient cuites. Le vent est toujours léger et la mer est très mauvaise. Du coup je navigue avec prudence, mes plus grandes voiles affalées. » Samantha Davies (Roxy) par mail.
En approche de Puerto Williams
08.01.2009Le monocoque de Vincent Riou avec Jean Le Cam à bord, devrait arriver ces prochaines minutes à Puerto Williams, port militaire chilien. PRB est entré dans le canal de Beagle depuis ce matin en remorque du patrouilleur Alacalufe alors que le vent de Nord-Ouest doit ce renforcer ce jeudi après-midi. Les deux skippers devraient débarquer vers 10h30 et être en relation téléphonique avec le PC Course parisien du Vendée Globe à cette heure-ci.