Michel Desjoyeaux et ses mauvais souvenirs de l’anticyclone de Ste Hélène, racontés lors d’une communication avec son équipe : « J'ai perdu cher dans l'anticyclone de Sainte-Hélène, il y a 8 ans ! Et je n'ai pas envie de me faire avoir deux fois... Il y a 8 ans, je suis remonté dans l'Atlantique Sud avec un anticyclone qui était plus bas que ce que l'on a eu cette année. Ensuite, il est remonté au fur et à mesure que je remontais derrière lui. Et je ne pouvais pas aller plus vite que lui... Et Ellen (ndr : MacArthur), avec ses 500 milles de retard, n'avait pas ce problème-là. Elle n'a buté dedans que quand l'anticyclone avait pris sa place définitive... Je m'en souviens (…) Là, on a vraiment de la chance d'être remonté ici aussi rapidement. Il devrait m'emmener jusqu'aux alizés de sud-est ».
A la uneBrèves
Sainte Hélène, priez pour lui !
09.01.2009
Bon anniversaire Vincent !
09.01.2009On aurait souhaité contexte plus heureux pour fêter l’anniversaire de Vincent Riou ! Lui aussi. Le skipper de PRB souffle aujourd’hui ses 37 bougies, à Puerto Williams, à plus de 10 000 kilomètres de chez lui…
Sam et les albatros
09.01.2009Samantha Davies (Roxy), à la vacation : « Les conditions ne sont pas terribles : peu de vent, mais la mer est dans tous les sens. Si tout se passe bien, je devrais arriver au Cap Horn dimanche au petit matin. En attendant, je prends soin de mon bateau et je me repose. Je n’ai pas envie de mettre de voiles trop grandes. Si j’avance trop vite, je risque de sauter sur les vagues et les chocs ne seront pas bons pour Roxy. Les albatros me font bien rire, ce sont des bêtes assez timides. Quand je suis dehors sur le pont, ils s’éloignent. J’essaie de parler avec eux, je leur dis : « Bonjour. Comment ça va ? », mais je crois qu’ils n’ont pas l’habitude de communiquer avec les humains. Pour les observer de près, je me cache dans un coin de mon bateau, d’où ils ne peuvent pas me voir. Je les espionne par le hublot. Quand ils ne me voient pas, ils n’hésitent plus à s’approcher. C’est le meilleur moyen pour les observer, ils sont vraiment très beaux… »
Arriver aux Sables en bon état
09.01.2009Armel le Cléac’h (Brit Air), à la vacation de 11 heures : « La mer est calme. Quinze nœuds de vent Nord-Ouest et ça avance vite. J’essaie de faire la meilleure route possible jusqu’au Sables d’Olonne. A vrai dire, je ne peux pas faire grand-chose de plus. Les deux premiers sont assez loin devant, et ils ne sont pas dans le même système météo. Pour le moment, ils ont de bonnes conditions dans leur remontée de l’Atlantique, avec du portant. L’objectif est d’arriver aux Sables avec un bateau en bon état. La route est encore longue, et il ne faut pas relâcher la pression. Pour l’instant, j’assure le coup. J’ai encore le temps de revenir sur eux. Il peut toujours se passer des choses. Je dois rester attentif sur l’état de Brit Air. C’est sûr que, par endroits, il y a de l’usure. J’en ai profité pour faire du bricolage. Mais il y a des choses qu’on ne peut pas forcément réparer. Des usures pratiquement indétectables. Il faut donc se concentrer sur les moindres bruits et rester vigilant. Ce serait dommage de ne pas finir cette belle aventure, d’autant qu’une bonne partie du chemin a été faite. »
Marco fatigué
09.01.2009Marc Guillemot (Safran), à la vacation du jour : « Le jour vient de se lever. Je suis à 1000 milles du célèbre caillou, le cap Horn. Le dépasser est symbolique : un virage à gauche pour rentrer à la maison, des conditions difficiles qui se terminent. J’ai adoré ce deuxième tour dans le Pacifique. Un peu frustré quand même, car je n’ai pas pu exploiter le bateau comme je le souhaitais. Enfin, l’océan Pacifique a été assez sympa avec moi, surtout comparé à ceux de devant. La pression devrait arriver d’ici demain. Je limite les risques par rapport à Samantha (Davies) qui descend plus rapidement. Je pense arriver au Horn dimanche soir ou lundi matin à l’heure du petit déjeuner. Mais cela reste difficile de faire une descente avec une voilure réduite. Je vais m’arrêter pour faire des réparations, soit au Horn, soit aux Falkland, soit ailleurs… Il faut que je voie avec le reste de l’équipe. J’ai besoin d’un coffre car je n’ai plus de mouillages. En revanche, niveau fatigue, ça fait 3-4 jours que j’ai du mal à me réveiller et à percuter rapidement, même si je n’ai pas une grande activité physique à cause du 3ème ris. C’est à cause du rythme depuis le départ des Sables. Il faut que je mange correctement et je ne suis pas fan des produits déshydratés. Demain, je me ferai un gros plat de pâtes qui me fera 2 repas… ça va être Noël. »
Quatre ascensions d’affilée…
09.01.2009« La journée a débuté d'une façon magnifique - enfin une brise régulière, même s'il n'y avait que six nœuds de vent. Je ne sais pas comment décrire ma joie lorsque j'entends le sifflement de l'eau le long de la coque. Cela fait si longtemps que je n'ai pas entendu cela. Ces conditions m'ont néanmoins permis de terminer mes réparations. Le vit de mulet est bien consolidé de nouveau avec une construction en composites et est désormais bien arrimé avec du Dyneema attaché à deux points de fixation sur la quille. Je n'entends plus de craquement et j'ai confiance dans ces réparations. Le générateur est arrimé avec des bouts de carbone sur le palier, car il s'est désolidarisé de sa base. J'ai eu un moment d'angoisse avec la quille. J'ai aperçu en regardant par le côté du réservoir un gros boulon et je me suis dit que cela a dû venir de la fixation de la quille... Je ne pouvais pas rester comme cela et j'ai donc déplacé le réservoir pour voir ce qui se passait et en fait, rien à signaler. Cela a dû être un boulon qui est tombé par là, lors du dernier chantier ! Au lever du soleil avec la stabilisation de la brise, c'était le moment de hisser le spinnaker. J'ai tout mis en place, mais en tirant sur la drisse, c'était un peu saccadé. Je croyais avoir endommagé le palan supérieur. Je l'ai affalé et j'ai fait l'ascension. C'est quelque chose que je n'aime pas faire quand je suis seul, mais c'est un vrai plaisir de se retrouver sur le pont après. La brise a fraîchi et le bateau tanguait. Je me suis accroché comme si j'étais un koala effectuant une danse érotique. Je commençais à me dire que j'aurais dû mettre mon casque ! Tout allait bien là-haut, mais en montant, j'avais remarqué que le palan de la drisse frottait l'étai, au point où c'était sectionné à 75%. J'ai passé ce qui restait de la journée à effectuer quatre ascensions jusqu'au deuxième étage des barres de flèche. Mes bras et mes jambes sont lourds comme du plomb et j'avoue qu'après cela, j'ai l'impression d'avoir reçu une grosse piqûre avec du gravier au coude, mais cela devrait aller mieux demain. » Steve White (Toe in the water) par mail.