Il est rare, dans le Grand Sud, de constater d’aussi timides vitesses sur quasiment l’ensemble de la flotte. Toute la journée de ce vendredi, les douze marins en mer ont progressé entre 8 et 12 nœuds de moyenne, à l’exception de Marc Guillemot qui profite d’un excellent angle de vent pour descendre vers le Horn. Le skipper de Safran est en effet le plus rapide de cette 61e journée, malgré sa fatigue et ses trois ris obligatoires dans la grand-voile. Ils sont désormais cinq à plonger dans le Sud pour aller chercher la porte de sortie du Pacifique. Cinq larrons emmenés par Samantha Davies (Roxy) qui n’est plus qu’à 500 milles du fameux rocher. Selon Sylvain Mondon de Météo France, elle pourrait le doubler entre samedi soir 22 h00 et dimanche matin 03h00, dans un flux d’Ouest qui devrait se renforcer progressivement. Dans son sillage et celui de ‘Marco’, Brian Thompson, Dee Caffari et Arnaud Boissières, après avoir paré la dernière porte de sécurité, entament eux aussi leur descente vers le 56e sud. Devant, Michel Desjoyeaux (Foncia) a un peu ralenti le temps de passer une dorsale anticyclonique, ce qui a permis à Roland Jourdain (Veolia Environnement), malgré sa rencontre avec un cétacé et de nombreuses heures de travail pour réparer les fissures (autour du puits de quille et sur la cloison de mât) de lui reprendre 10 petits milles.
A la uneBrèves
Chi va piano...
09.01.2009
Jourdain samedi à la vacation
09.01.2009Le skipper de Veolia Environnement sera joint demain samedi à la vacation de 11h30 où il nous donnera quelques explications quant à sa collision jeudi soir avec un cétacé et l'état de ses réparations.
Sainte Hélène, priez pour lui !
09.01.2009Michel Desjoyeaux et ses mauvais souvenirs de l’anticyclone de Ste Hélène, racontés lors d’une communication avec son équipe : « J'ai perdu cher dans l'anticyclone de Sainte-Hélène, il y a 8 ans ! Et je n'ai pas envie de me faire avoir deux fois... Il y a 8 ans, je suis remonté dans l'Atlantique Sud avec un anticyclone qui était plus bas que ce que l'on a eu cette année. Ensuite, il est remonté au fur et à mesure que je remontais derrière lui. Et je ne pouvais pas aller plus vite que lui... Et Ellen (ndr : MacArthur), avec ses 500 milles de retard, n'avait pas ce problème-là. Elle n'a buté dedans que quand l'anticyclone avait pris sa place définitive... Je m'en souviens (…) Là, on a vraiment de la chance d'être remonté ici aussi rapidement. Il devrait m'emmener jusqu'aux alizés de sud-est ».
Bon anniversaire Vincent !
09.01.2009On aurait souhaité contexte plus heureux pour fêter l’anniversaire de Vincent Riou ! Lui aussi. Le skipper de PRB souffle aujourd’hui ses 37 bougies, à Puerto Williams, à plus de 10 000 kilomètres de chez lui…
Sam et les albatros
09.01.2009Samantha Davies (Roxy), à la vacation : « Les conditions ne sont pas terribles : peu de vent, mais la mer est dans tous les sens. Si tout se passe bien, je devrais arriver au Cap Horn dimanche au petit matin. En attendant, je prends soin de mon bateau et je me repose. Je n’ai pas envie de mettre de voiles trop grandes. Si j’avance trop vite, je risque de sauter sur les vagues et les chocs ne seront pas bons pour Roxy. Les albatros me font bien rire, ce sont des bêtes assez timides. Quand je suis dehors sur le pont, ils s’éloignent. J’essaie de parler avec eux, je leur dis : « Bonjour. Comment ça va ? », mais je crois qu’ils n’ont pas l’habitude de communiquer avec les humains. Pour les observer de près, je me cache dans un coin de mon bateau, d’où ils ne peuvent pas me voir. Je les espionne par le hublot. Quand ils ne me voient pas, ils n’hésitent plus à s’approcher. C’est le meilleur moyen pour les observer, ils sont vraiment très beaux… »
Arriver aux Sables en bon état
09.01.2009Armel le Cléac’h (Brit Air), à la vacation de 11 heures : « La mer est calme. Quinze nœuds de vent Nord-Ouest et ça avance vite. J’essaie de faire la meilleure route possible jusqu’au Sables d’Olonne. A vrai dire, je ne peux pas faire grand-chose de plus. Les deux premiers sont assez loin devant, et ils ne sont pas dans le même système météo. Pour le moment, ils ont de bonnes conditions dans leur remontée de l’Atlantique, avec du portant. L’objectif est d’arriver aux Sables avec un bateau en bon état. La route est encore longue, et il ne faut pas relâcher la pression. Pour l’instant, j’assure le coup. J’ai encore le temps de revenir sur eux. Il peut toujours se passer des choses. Je dois rester attentif sur l’état de Brit Air. C’est sûr que, par endroits, il y a de l’usure. J’en ai profité pour faire du bricolage. Mais il y a des choses qu’on ne peut pas forcément réparer. Des usures pratiquement indétectables. Il faut donc se concentrer sur les moindres bruits et rester vigilant. Ce serait dommage de ne pas finir cette belle aventure, d’autant qu’une bonne partie du chemin a été faite. »