« Il y a une grosse houle d'est générée par cette dépression tropicale, environ 3 à 4 mètres de haut. Grosse frayeur vers 0 h TU, le bateau est parti à l'abatée chahuté par une vague mal orientée, le pilote a mal réagi, c'est-à-dire il a empanné accidentellement. Le Paprec Virbac 2 s'est alors couché sur l'eau avec un angle de près de 70 degrés, flanc du bateau dans l'eau. Cela doit être un spectacle sympa vu de l'extérieur. Je suis à l'intérieur et m'extirpe rapidement en escaladant dans le cockpit. Il faut rapidement intervenir, pas évident avec un seul safran de remettre de l'ordre dans tout cela. Je reprends la bastaque au vent, remets la quille sur l'autre bord, choque la grand voile et la bastaque maintenant sous le vent , J'essaie d'abattre tant bien que mal avec le safran malade. Heureusement je n'ai pas beaucoup de toile, je peux barrer avec mon corps et gérer les écoutes de trinquette en même temps.
Paprec-Virbac 2 s'exécute enfin au troisième essai, il me faut ré-empanner le voilier maintenant ; reprendre la bastaque sous le vent en espérant que cela ne couche pas trop le navire et sorte le safran de l'eau ; avec 3 ris ca passe de justesse. Je choque la bastaque au vent et dans le même mouvement tire la barre. La bôme passe avec le bruit caractéristique du bout qui se tend violement ; la trinquette se gonfle du bon côté: Manoeuvre réussie.
Je souffle un grand coup, rien de cassé .Je vérifie le safran, ça tient le coup. On calme le jeu, j'enclenche le pilote au bon cap vers Auckland. Belle frayeur malheureusement assez courante dans la vie du navigateur solitaire d'Open 60 ! Encore 584 milles pour atteindre la ville des Antipodes. Je vais écouter quelques chansons de Jane Birkin, cela fait descendre les battements cardiaques. »
Jean-Pierre Dick, par courriel, ce jour