Vendée Globe

A la uneBrèves

RICH WILSON (USA) / GREAT AMERICAN 3

Question de chance...

10.01.2009

Nous sommes à environ 140 milles à l'ouest de la limite ouest de la Porte des Glaces du Pacifique Ouest et espérons la franchir d'ici une demi-journée. Après, il faudra plonger vers le sud-est afin d'essayer d'éviter la grosse dépression de l'autre côté de l'anticyclone, qui descend vers nous. Je pousse autant que possible et on verra si cela suffira. C'est une magnifique dépression que l'on préfèrerait regarder dans les manuels que de voir pour du vrai dans les Mers du Sud. Je suppose que j'ai de plus en plus de confiance et cela me permet de cravacher aussi. Souvent c'est une question de bonne chance ou de malchance. Lorsque Derek Hatfield a été renversé, nous étions trois à ce moment là sur une mer pareille. Jonny (Malbon) et moi, nous nous sommes dit après que cela aurait pu être n'importe lequel d'entre nous..." Rich Wilson, USA (Great American III) lors des vacations ce samedi:
 

A BORD PAPREC-VIRBAC 2 / SKIPPER : JEAN-PIERRE DICK (FRA)

Belle frayeur pour Jean-Pierre

10.01.2009

« Il y a une grosse houle d'est générée par cette dépression tropicale, environ 3 à 4 mètres de haut. Grosse frayeur vers 0 h TU, le bateau est parti à l'abatée chahuté par une vague mal orientée, le pilote a mal réagi, c'est-à-dire il a empanné accidentellement. Le Paprec Virbac 2 s'est alors couché sur l'eau avec un angle de près de 70 degrés, flanc du bateau dans l'eau. Cela doit être un spectacle sympa vu de l'extérieur. Je suis à l'intérieur et m'extirpe rapidement en escaladant dans le cockpit. Il faut rapidement intervenir, pas évident avec un seul safran de remettre de l'ordre dans tout cela. Je reprends la bastaque au vent, remets la quille sur l'autre bord, choque la grand voile et la bastaque maintenant sous le vent , J'essaie d'abattre tant bien que mal avec le safran malade. Heureusement je n'ai pas beaucoup de toile, je peux barrer avec mon corps et gérer les écoutes de trinquette en même temps.

Paprec-Virbac 2 s'exécute enfin au troisième essai, il me faut ré-empanner le voilier maintenant ; reprendre la bastaque sous le vent en espérant que cela ne couche pas trop le navire et sorte le safran de l'eau ; avec 3 ris ca passe de justesse. Je choque la bastaque au vent et dans le même mouvement tire la barre. La bôme passe avec le bruit caractéristique du bout qui se tend violement ; la trinquette se gonfle du bon côté: Manoeuvre réussie.
Je souffle un grand coup, rien de cassé .Je vérifie le safran, ça tient le coup. On calme le jeu, j'enclenche le pilote au bon cap vers Auckland. Belle frayeur malheureusement assez courante dans la vie du navigateur solitaire d'Open 60 ! Encore 584 milles pour atteindre la ville des Antipodes. Je vais écouter quelques chansons de Jane Birkin, cela fait descendre les battements cardiaques.
»
Jean-Pierre Dick, par courriel, ce jour

A BORD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

Duettistes à la porte

10.01.2009

« J'ai peu dormi depuis la dernière porte, ça ne fait que quatre ou cinq heures que j'arrive à me reposer. Le jour se lève, il fait gris, le ciel est chargé, le vent instable et la houle monte à trois mètres. Ça fait deux mois qu'on est en mer et la fatigue est bien là. Avant de franchir la porte, j'ai vu un feu à bâbord, donc j'ai passé un petit coup de fil à Aviva, qui en a profité pour se faufiler juste devant moi. Je ne la vois plus, mais je sais qu'elle n'est pas loin. C'est agréable de faire la course à deux et Dee est plutôt sympa. Elle avait l'air enchantée qu'on passe la porte ensemble. » Arnaud Boissières (Akena Vérandas), à la vacation de 11h.
 

FONCIA/VG 08-09/TERRE DE FEU

Un monde penché

10.01.2009

« On est vent de travers, donc même s'il est faible, ça avance bien. On retrouve peu à peu un monde penché, c'est agréable. Enfin, faudra faire quelque chose avant que la tête de mât ne touche l'eau ! On va contourner une petite dépression par le nord-est. Vu des Malouines ça avait l'air sympa, mais elle est venue jouer les troubles fêtes et la situation est moins drôle que ce qu'on avait envisagé. Après l'avoir remontée, on prendra vers l'est, puis définitivement vers le nord. L'air et l'eau sont aux alentours de 20 degrés, vous auriez mieux fait de venir faire le Vendée Globe plutôt que de rester en France. Pour ce qui est de cravacher, il reste environ 20 jours de mer et je n'ai pas l'intention de casser mon bateau. Il y a bien un moment où il faudra border les voiles et tirer un peu sur la machine, mais je ne veux pas faire partie de ceux qui cassent dans le Golfe de Gascogne, à 500 milles de l'arrivée. » Michel Desjoyeaux (Foncia), à la vacation de 11h.
 

A BORD VEOLIA ENVIRONNEMENT/ SKIPPER : ROLAND JOURDAIN (FRA)

Chantier naval

10.01.2009

«Ne quittez pas, je vous passe l’atelier… Je me reposais quand le bateau est parti au lof. Il n'y a pas eu de « crac » mais un arrêt brutal. J'ai rencontré un cétacé, je ne sais pas de quelle marque exactement, mais quand je suis sorti pour remettre le bateau en marche, j'ai vu un morceau de l'animal et l'eau teintée de rouge. La cloison de pied de mât est suffisamment fissurée pour que, si on ne fait rien, le mât passe à travers la coque. Avec l'équipe technique on essaye de répartir l'effort du mât et ce que je peux réparer, je le répare. Hier était une journée de préparation, entre imaginer ce que je pouvais faire avec le matériel de bord, le ponçage et le meulage. Puis cette nuit, j'ai stratifié le panneau de survie à la cloison de pied de mât et quelques plaques de carbone. Il me reste encore du gros œuvre. Je n'ai jamais vu un bateau dans cet état, ce n'est plus un bateau de course, c'est un chantier naval. Il vaut mieux en rire qu'en pleurer, même si les particules de carbone, ce n'est pas de la rigolade. Je suis confiant, il vaut mieux être dans l'action et j'ai de la chance dans mon malheur : une mer plate, la température qui remonte... Ça aide. Quand tout sera sec, on repartira crescendo, à l'oreille. Quant à la baleine, c'est moi qui suis venu sur son territoire, je ne vais pas me plaindre. » Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation de 11h.
 

A BORD FONCIA / SKIPPER : MICHEL DESJOYEAUX (FRA)

Dans 20 jours aux Sables ?

10.01.2009

Les leaders ont déjà accompli les trois quarts de ce Vendée Globe. Sur les 24 840 milles théoriques du parcours, il ne reste en effet plus que 5500 milles à parcourir pour Michel Desjoyeaux. Ce dernier se voyait bien passer encore 20 jours en mer, ce qui nous donnerait une arrivée aux Sables d'Olonne le dernier week-end de janvier. Et confirmerait les estimations de Sylvain Mondon de Météo France.

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