"Le vent est assez perturbé et perturbant, il varie en force et en direction en fonction de nuages a grains. Dans un grain pendant que je roulais mon gennaker ,j'ai déchiré mon haut de ciré "jour".
J'ai senti que quelqu'un me retenait dans le cockpit... non je suis bien tout seul, c'etait la poignée du moulin à café ; du coup j'ai pris une belle gamelle mais surtout dechiré une poche de mon ciré léger (il faut que je pense à ne pas mettre la CB dans cette poche)
Aprés coup, t'en rigoles, mais sur le moment c'est : "qui peut bien me retenir ? Entre les grains ,j'ai réussi à me raser. Comme plat du dimanche c'est du saumon avec des petits pois à la française ; ça va sentir bon dans ma véranda... hum hum. Bon repos dominical à tous."" Arnaud Boissières, Akena Vérandas, courriel de la nuit.
A la uneBrèves
Déchirure fatale
11.01.2009
PRB en route vers Ushuaia
10.01.2009Vincent Riou est en route vers Ushuaia, remorqué par un bateau à moteur de plaisance qui a prêté son concours à l’opération. Michel Ollivier, chef de projet de VM Matériaux et Anne Le Cam sont à bord du Vaehare. Le convoi devrait atteindre Ushuaia vers 22 heures (heure française). Jean Le Cam est toujours à bord de PRB avec son pote Vincent.
Question de chance...
10.01.2009“Nous sommes à environ 140 milles à l'ouest de la limite ouest de la Porte des Glaces du Pacifique Ouest et espérons la franchir d'ici une demi-journée. Après, il faudra plonger vers le sud-est afin d'essayer d'éviter la grosse dépression de l'autre côté de l'anticyclone, qui descend vers nous. Je pousse autant que possible et on verra si cela suffira. C'est une magnifique dépression que l'on préfèrerait regarder dans les manuels que de voir pour du vrai dans les Mers du Sud. Je suppose que j'ai de plus en plus de confiance et cela me permet de cravacher aussi. Souvent c'est une question de bonne chance ou de malchance. Lorsque Derek Hatfield a été renversé, nous étions trois à ce moment là sur une mer pareille. Jonny (Malbon) et moi, nous nous sommes dit après que cela aurait pu être n'importe lequel d'entre nous..." Rich Wilson, USA (Great American III) lors des vacations ce samedi:
Belle frayeur pour Jean-Pierre
10.01.2009« Il y a une grosse houle d'est générée par cette dépression tropicale, environ 3 à 4 mètres de haut. Grosse frayeur vers 0 h TU, le bateau est parti à l'abatée chahuté par une vague mal orientée, le pilote a mal réagi, c'est-à-dire il a empanné accidentellement. Le Paprec Virbac 2 s'est alors couché sur l'eau avec un angle de près de 70 degrés, flanc du bateau dans l'eau. Cela doit être un spectacle sympa vu de l'extérieur. Je suis à l'intérieur et m'extirpe rapidement en escaladant dans le cockpit. Il faut rapidement intervenir, pas évident avec un seul safran de remettre de l'ordre dans tout cela. Je reprends la bastaque au vent, remets la quille sur l'autre bord, choque la grand voile et la bastaque maintenant sous le vent , J'essaie d'abattre tant bien que mal avec le safran malade. Heureusement je n'ai pas beaucoup de toile, je peux barrer avec mon corps et gérer les écoutes de trinquette en même temps.
Paprec-Virbac 2 s'exécute enfin au troisième essai, il me faut ré-empanner le voilier maintenant ; reprendre la bastaque sous le vent en espérant que cela ne couche pas trop le navire et sorte le safran de l'eau ; avec 3 ris ca passe de justesse. Je choque la bastaque au vent et dans le même mouvement tire la barre. La bôme passe avec le bruit caractéristique du bout qui se tend violement ; la trinquette se gonfle du bon côté: Manoeuvre réussie.
Je souffle un grand coup, rien de cassé .Je vérifie le safran, ça tient le coup. On calme le jeu, j'enclenche le pilote au bon cap vers Auckland. Belle frayeur malheureusement assez courante dans la vie du navigateur solitaire d'Open 60 ! Encore 584 milles pour atteindre la ville des Antipodes. Je vais écouter quelques chansons de Jane Birkin, cela fait descendre les battements cardiaques. »
Jean-Pierre Dick, par courriel, ce jour
Duettistes à la porte
10.01.2009« J'ai peu dormi depuis la dernière porte, ça ne fait que quatre ou cinq heures que j'arrive à me reposer. Le jour se lève, il fait gris, le ciel est chargé, le vent instable et la houle monte à trois mètres. Ça fait deux mois qu'on est en mer et la fatigue est bien là. Avant de franchir la porte, j'ai vu un feu à bâbord, donc j'ai passé un petit coup de fil à Aviva, qui en a profité pour se faufiler juste devant moi. Je ne la vois plus, mais je sais qu'elle n'est pas loin. C'est agréable de faire la course à deux et Dee est plutôt sympa. Elle avait l'air enchantée qu'on passe la porte ensemble. » Arnaud Boissières (Akena Vérandas), à la vacation de 11h.
Un monde penché
10.01.2009« On est vent de travers, donc même s'il est faible, ça avance bien. On retrouve peu à peu un monde penché, c'est agréable. Enfin, faudra faire quelque chose avant que la tête de mât ne touche l'eau ! On va contourner une petite dépression par le nord-est. Vu des Malouines ça avait l'air sympa, mais elle est venue jouer les troubles fêtes et la situation est moins drôle que ce qu'on avait envisagé. Après l'avoir remontée, on prendra vers l'est, puis définitivement vers le nord. L'air et l'eau sont aux alentours de 20 degrés, vous auriez mieux fait de venir faire le Vendée Globe plutôt que de rester en France. Pour ce qui est de cravacher, il reste environ 20 jours de mer et je n'ai pas l'intention de casser mon bateau. Il y a bien un moment où il faudra border les voiles et tirer un peu sur la machine, mais je ne veux pas faire partie de ceux qui cassent dans le Golfe de Gascogne, à 500 milles de l'arrivée. » Michel Desjoyeaux (Foncia), à la vacation de 11h.