« J’ai vu les prévisions météorologiques. Ce Pacifique commence par des contrastes assez forts, assez inhabituels. Pour la première fois en deux mois, je me suis offert un DVD sur ordinateur, c’était une parenthèse, un moment rare. Surtout que je fais la chasse à l’énergie. J’ai croisé une belle île rocheuse. Toute petite, avec des dauphins du Pacifique, il y avait aussi des albatros qui venaient autour du bateau. C’était sympa même si ça n’avançait pas. Je vais franchir l’antiméridien aujourd’hui. Chaque jour de passé c’est un jour de plus vers la maison. Je prends sur moi. Je me concentre désormais sur ma fondation et les projets sur les énergies. Avec les météos difficiles à venir, les dépressions tropicales qui s’annoncent, je vais avoir vraiment hâte de passer ce Horn et de remonter l’Atlantique. » Raphaël Dinelli, Fondation Océan Vital, à la vacation de 11h
A la uneBrèves
Pause DVD
11.01.2009
Déchirure fatale
11.01.2009"Le vent est assez perturbé et perturbant, il varie en force et en direction en fonction de nuages a grains. Dans un grain pendant que je roulais mon gennaker ,j'ai déchiré mon haut de ciré "jour".
J'ai senti que quelqu'un me retenait dans le cockpit... non je suis bien tout seul, c'etait la poignée du moulin à café ; du coup j'ai pris une belle gamelle mais surtout dechiré une poche de mon ciré léger (il faut que je pense à ne pas mettre la CB dans cette poche)
Aprés coup, t'en rigoles, mais sur le moment c'est : "qui peut bien me retenir ? Entre les grains ,j'ai réussi à me raser. Comme plat du dimanche c'est du saumon avec des petits pois à la française ; ça va sentir bon dans ma véranda... hum hum. Bon repos dominical à tous."" Arnaud Boissières, Akena Vérandas, courriel de la nuit.
PRB en route vers Ushuaia
10.01.2009Vincent Riou est en route vers Ushuaia, remorqué par un bateau à moteur de plaisance qui a prêté son concours à l’opération. Michel Ollivier, chef de projet de VM Matériaux et Anne Le Cam sont à bord du Vaehare. Le convoi devrait atteindre Ushuaia vers 22 heures (heure française). Jean Le Cam est toujours à bord de PRB avec son pote Vincent.
Question de chance...
10.01.2009“Nous sommes à environ 140 milles à l'ouest de la limite ouest de la Porte des Glaces du Pacifique Ouest et espérons la franchir d'ici une demi-journée. Après, il faudra plonger vers le sud-est afin d'essayer d'éviter la grosse dépression de l'autre côté de l'anticyclone, qui descend vers nous. Je pousse autant que possible et on verra si cela suffira. C'est une magnifique dépression que l'on préfèrerait regarder dans les manuels que de voir pour du vrai dans les Mers du Sud. Je suppose que j'ai de plus en plus de confiance et cela me permet de cravacher aussi. Souvent c'est une question de bonne chance ou de malchance. Lorsque Derek Hatfield a été renversé, nous étions trois à ce moment là sur une mer pareille. Jonny (Malbon) et moi, nous nous sommes dit après que cela aurait pu être n'importe lequel d'entre nous..." Rich Wilson, USA (Great American III) lors des vacations ce samedi:
Belle frayeur pour Jean-Pierre
10.01.2009« Il y a une grosse houle d'est générée par cette dépression tropicale, environ 3 à 4 mètres de haut. Grosse frayeur vers 0 h TU, le bateau est parti à l'abatée chahuté par une vague mal orientée, le pilote a mal réagi, c'est-à-dire il a empanné accidentellement. Le Paprec Virbac 2 s'est alors couché sur l'eau avec un angle de près de 70 degrés, flanc du bateau dans l'eau. Cela doit être un spectacle sympa vu de l'extérieur. Je suis à l'intérieur et m'extirpe rapidement en escaladant dans le cockpit. Il faut rapidement intervenir, pas évident avec un seul safran de remettre de l'ordre dans tout cela. Je reprends la bastaque au vent, remets la quille sur l'autre bord, choque la grand voile et la bastaque maintenant sous le vent , J'essaie d'abattre tant bien que mal avec le safran malade. Heureusement je n'ai pas beaucoup de toile, je peux barrer avec mon corps et gérer les écoutes de trinquette en même temps.
Paprec-Virbac 2 s'exécute enfin au troisième essai, il me faut ré-empanner le voilier maintenant ; reprendre la bastaque sous le vent en espérant que cela ne couche pas trop le navire et sorte le safran de l'eau ; avec 3 ris ca passe de justesse. Je choque la bastaque au vent et dans le même mouvement tire la barre. La bôme passe avec le bruit caractéristique du bout qui se tend violement ; la trinquette se gonfle du bon côté: Manoeuvre réussie.
Je souffle un grand coup, rien de cassé .Je vérifie le safran, ça tient le coup. On calme le jeu, j'enclenche le pilote au bon cap vers Auckland. Belle frayeur malheureusement assez courante dans la vie du navigateur solitaire d'Open 60 ! Encore 584 milles pour atteindre la ville des Antipodes. Je vais écouter quelques chansons de Jane Birkin, cela fait descendre les battements cardiaques. »
Jean-Pierre Dick, par courriel, ce jour
Duettistes à la porte
10.01.2009« J'ai peu dormi depuis la dernière porte, ça ne fait que quatre ou cinq heures que j'arrive à me reposer. Le jour se lève, il fait gris, le ciel est chargé, le vent instable et la houle monte à trois mètres. Ça fait deux mois qu'on est en mer et la fatigue est bien là. Avant de franchir la porte, j'ai vu un feu à bâbord, donc j'ai passé un petit coup de fil à Aviva, qui en a profité pour se faufiler juste devant moi. Je ne la vois plus, mais je sais qu'elle n'est pas loin. C'est agréable de faire la course à deux et Dee est plutôt sympa. Elle avait l'air enchantée qu'on passe la porte ensemble. » Arnaud Boissières (Akena Vérandas), à la vacation de 11h.