"Bonjour, Le jour se lève, j'apperçois entre les nuages la lune dans mon Nord-Ouest, le vent s'essoufle et la mer se range mais reste toujours une bonne houle d'Ouest qui nous pousse avec souplesse. Passage dans le Sud du caillou à7H31TU à 8,85 noeuds par 56°08,885 S et 67°12,729 W. Bien content de terminer ce Pacifique que j'ai pourtant trouvé vraiment bien mais on en sort un peu usé par la tension, le stress et toutes les aventures liées à l'épreuve. Je ne vois rien, j'espère que le GPS est bon... Une masse sombre apparaît ? Est ce donc ça ? Bonne journée." Marc Guillemot, Safran, par courriel de ce matin.
A la uneBrèves
Le Horn pour Marco
12.01.2009
Cap-hornière
12.01.2009"Je suis maintenant cap-hornière. Et avec la manière, en contournant le point mythique dans 40 noeuds de vent et une mer montagneuse. Cependant, dans le vrai style cap Horn, le vent est tombé rapidement et je me suis retrouvée avec moins de dix noeuds. Pas de possibilité de faire la sieste : j’ai dû larguer les ris et changer de voile d’avant… J’ai eu aussi pas mal de travail à l’intérieur replaçant tout ce qui avait été matossé à l’arrière vers le centre du bateau pour garder une bonne assiette. C’est alors que le vent est rentré et j’ai dû alors reprendre mes ris et réduire à nouveau devant. Nous montons rapidement vers les Falklands dans une mer très hachée (excusez les fautes de frappe). C’est la nuit et la pleine lune éclaire le pont comme un spot. J’ai mon sac de couchage sous les yeux et je crois que je vais finalement prendre un peu de repos (beaucoup j’espère…). Bonne nuit ! " Sam Davies, Roxy, par courriel cette nuit.
Terre
12.01.2009Jonny Malbon (Artemis) vient d’accoster à Auckland. Il devrait être rejoint dans la journée par Jean-Pierre Dick (Paprec – Virbac 2). Le navigateur niçois sera accueilli par trois membres de son équipe technique et s’est d’ores et déjà assuré du soutien logistique de Bruno Troublé, organisateur de la Louis Vuitton Cup en Nouvelle-Zélande.
Fin de chantier pour Bilou
11.01.2009Deux jours et demi après sa rencontre fortuite avec un cétacé, Roland Jourdain (Veolia Environnement) a terminé la réparation des dommages infligés sur son bateau, notamment la cloison de mât. Roland Jourdain joint par son équipe à terre aujourd’hui : « Je suis content de ma nuit et de cette dernière opération de renfort à base de fagot de lattes de grand voile collées les unes avec les autres pour former une barre solide, que j’ai plaquée sur la cloison de pied de mât pour soutenir le reste. Normalement, c’est du béton pour nous ramener à la maison, sauf bien sûr si je découvre encore un truc que je n’aurais pas vu. Il va maintenant falloir reprendre le rythme crescendo. Je vais aussi essayer d’attaquer le ménage parce qu’il y a de la poussière partout. C’est la gratouille permanente, ça c’est l’enfer !!! »
Heureuse et fière
11.01.2009"C’est incroyable d’arriver au Cap Horn. C’est un gros soulagement de voir ce caillou même si je suis passée un peu plus loin que je ne le voulais. Je suis fière. Je peux maintenant ajouter ça sur mon CV. Hier soir j’ai eu un peu peur, il y avait de grosses déferlantes. On avait 50 nœuds de vent, la mer n’était pas terrible et mon bateau s’est même couché…J’ai dû m’accrocher, j’ai dû même fermer la porte car le cockpit était plein d’eau ! Je suis un peu triste de quitter les mers du Sud. J’ai eu une super navigation. Roxy est un super bateau mais il reste encore 7.000 milles... Je pense que le bateau est en bon état. Je fais des « checks » très souvent, je remplace ou je répare s’il le faut. Je reste très vigilante. Les vingt-quatre dernières heures étaient très dures. Je vais donc commencer l’Atlantique prudemment, continuer à naviguer comme je sais faire. Rester sage, ne pas être gourmande pour grignoter un mille ici ou là... Je vais me concentrer sur une remontée de l’Atlantique avec une belle trajectoire et une bonne vitesse. L’objectif majeur reste d‘arriver aux Sables."
Voir le Horn et vivre
11.01.2009« Il me reste un peu moins de 350 milles avant le caillou, ce Cap Horn. Je l’ai passé une fois avec du soleil, une fois de nuit avec un beau ciel étoilé. Alors si je le passe de nuit, cette fois, et sans rien y voir, ce n’est pas grave. Mon dernier passage au Horn date de 1994, avec Tabarly. J’étais postier à l’époque... La fois d’avant, c’était en 1990. Le Cap Horn est toujours une récompense. Peut-être aussi la possibilité de se reposer un petit peu car je ne vous cache pas que je suis crevé. Ce matin, j’étais couché, j’ai tellement dormi que j’ai même perdu du temps. Le Sud, ça reste usant, stressant... L’arrêt au Cap Horn est exclu, il y a trop de vent. Pour éviter de perdre de temps, je vais monter jusqu’aux Malouines. Si la mer est plate, c’est bon. Si à l’abri du mont William, je n’ai ni vent ni mer, je ferai la réparation sans prendre de coffre. Si je peux me mettre sur coffre, c’est plus simple, mais il faut réussir la manœuvre. L’opération devrait durer trois heures environ. » Marc Guillemot, Safran, à la vacation de 11h.