Vendée Globe

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ARTEMIS / Skipper : Jonny Malbon (UK) à Auckland (NZL)

La bonne décision de Malbon

12.01.2009

Arrivé ce matin à Auckland, Jonny Malbon (Artemis) a été joint au moment de poser le pied à terre. Extrait de sa vacation d’aujourd’hui :

 

« La nuit dernière a confirmé que j'avais pris la bonne décision. J'ai eu une grande déchirure dans la GV et la têtière est tombée. Je suis arrivé aujourd'hui avec seulement une voile à l'avant. J'ai également eu des soucis pour recharger mes batteries et même si ce n'est jamais bon d'avoir de tels ennuis, cela confirme au moins le bien fondé de ma décision d'abandonner la course. Ce n'était pas seulement dans ma tête. J'ai un sentiment de quelque chose d'inachevé.... Certaines personnes disaient avant le départ que je n'allais pas réussir. Je suis dépité de ne pas avoir pu terminer la course pour des raisons hors de mon contrôle. Mieux préparé la prochaine fois, je pourrai être bien plus compétitif.

 

Concernant la désintégration de sa voile
« Je n'ai jamais vu un truc pareil. Je me posais des questions sur ma décision d'abandonner au point où trois jours après avoir signalé mon abandon, j'ai failli reprendre la route. Je me disais que j'avais surévalué les dégâts concernant la GV. Mais aujourd'hui, l'équipe a été étonnée de voir ce qui s'était produit. Le film a une espèce de cire dessus qui a abîmé la voile. Ce serait un problème qui concerne certains VO70 et mon bateau par hasard. J'aurais pu continuer si je n'avais pas eu ce souci avec la GV. Je regretterai toujours de ne pas avoir pu terminer la course. J'ai l'impression d'avoir raté une belle occasion et j'espère que ce sera mieux la prochaine fois. »

 

TOE IN THE WATER - SKIPPER : STEVE WHITE (GBR)

Un intérieur spartiate

12.01.2009

Description de l’intérieur de son bateau envoyé par Steve White (Toe in the Water) :

 

« C'est un peu le désordre dans mon bateau en ce moment. Après les réparations, il y a toujours des choses mal rangées. Bref, je vis dans la partie entre la cloison du pied de mât et la cloison à la descente, dans un espace de 4 mètres par 4 mètres et demi - mais les ballasts des deux côtés réduisent l'espace. Au milieu, où je suis actuellement assis, se trouve la table à cartes, qui donne sur l'avant, avec un banquette / siège à travers le bateau. Cela ne suffit pas pour m'allonger complètement et n'a pas de côtés. Ce n'est pas facile de bien dormir, car on ne se sent pas en sécurité, mais c'est néanmoins idéal pour faire des siestes! Sur la table à cartes, j'ai une souris avec boule de commande, qui est plus facile à manier qu'une souris classique lorsque le bateau bouge dans tous les sens. J'ai toujours mon CD de Noël et un de Patty Griffin, mes deux cadeaux, et une trousse que Kim m'a achetée quand j'ai passé une journée avec le RYA pour devenir skipper en 1996! Il y a également le mode d'emploi de ma chaîne stéréo, qui est très compliquée. A côté du réchaud, près de la porte on retrouve une caisse avec ma caméra, des comprimés, des barres énergisantes, un coupe-ongles et une lampe de poche, plus un rouleau d'essuie-tout. Sous le réchaud il y a un tiroir avec des trucs de marin: des aiguilles, une bande adhésive, l'almanach,des batteries, un jeu de douilles, mon passeport, des jumelles et d'autres machins comme cela. Sous l'évier il y a des casseroles et les saladiers orange qui reviennent à bord chaque fois que je les laisse à terre... Il y a une bannette de chaque côté d'où on peut observer les instruments. Je dors d'un côté et je mets mes pièces de rechange de l'autre côté pour équilibrer et pour m'empêcher de tomber du lit. Ce serait vraiment mauvais, car le sol est toujours humide avec de l'eau qui entre de partout. J'ai également des dessins avec une peinture murale de Didier Becet, qui est fabuleuse! On voit des pingouins et des mouettes et des poissons volants, qui ont des expressions fabuleuses, un peu humaines. Je l'aime bien car on voit quelque chose de nouveau chaque fois qu'on le regarde. Il y a également des dessins de chauve-souris. Mon surnom est la Chauve-Souris, et Kim les dessine partout afin de me rappeler combien elle m'aime – c’est très important! »

 

A BORD SAFRAN / SKIPPER : MARC GUILLEMOT (FRA)

Quitter le Grand Sud

12.01.2009

« Ça fait du bien d'avoir passé le Cap Horn. La nuit dernière était intense, avec des montagnes d'eau de plus en plus impressionnantes à mesure que j'approchais du plateau continental. Il fallait aller vite pour ne pas se faire rattraper par les vagues. Beaucoup de stress, je n'ai pas eu la possibilité de dormir. Dès le Horn passé, le vent est tombé et depuis, j'avance tout doucement dans une houle qui s'allonge. C'est un peu bizarre car on sort d'un grand désert maritime et il commence à y avoir une petite vie. C'est marrant car on change vraiment d'univers, ça s'est vu tout de suite, rien qu'avec un paquebot croisé tout à l'heure. Je suis un peu fatigué, mais ça symbolise la récompense de 30 ou 35 jours de quarantième ou cinquantième avec des conditions dures, froides, avec beaucoup de tension à cause des icebergs et des growlers. C'est une libération après toutes les choses extraordinaires du Pacifique, ce stress permanent, le vent, le matériel... Le corps enregistre tout ça et maintenant, c'est le début d'un repos mental et physique.
J'ai aimé le Grand Sud. Je me suis senti bien avec mon bateau dans l'Indien, même si ce n'était pas toujours facile. J'étais en accord avec les éléments, bien qu'handicapé et les ailes un peu coupées dans la partie Pacifique. On a eu des conditions intéressantes, permettant de faire de bons temps sur 24h. J'ai trouvé ça beau mais un peu frustrant de ne pas pouvoir exploiter les capacités du bateau. En passant devant le rocher, j'étais à 8 ou 9 milles et j'ai aperçu la lune dans mon nord-ouest. Deux secondes plus tôt, je parlais à ma femme qui est à la montagne, et elle aussi a vu la lune se lever.
A cette vitesse, les Falklands, c'est peut-être pour demain, enfin j'ai prévu d'arriver sur zone dans l'après-midi. Je me mettrai sous le vent, dans la partie sud ouest. A la dérive, ce sera plus simple car pas de coffre à prendre... mais si le vent tourne quand tu es en tête de mât et qu'il t'emmène vers la côte, c'est angoissant.
» Marc Guillemot, Safran, à la vacation de 11h30.
 

A BORD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

919 milles

12.01.2009

« Hier, il y a eu le passage de la dépression avec un front assez actif, qui n'a pas duré bien longtemps. Derrière, on avait de la mer, qui elle aussi s'est vite calmée. Je suis embêté car j''ai tardé un peu à manœuvrer et il y a toujours ce gros nuage qui me suit. En me basant sur les prévisions, je m'attendais à des conditions plus difficiles, même si on n'est à l'abri de rien. C'est un peu pénible : le vent a molli d'un seul coup, et la mer est restée grosse. Elle est formée mais belle. On est comme un con dans ces accalmies. Tu te dis que tu vas attendre et c'est la seule chose à faire. Je suis exaspéré d'avancer seulement à 10 nœuds. Je pense que le Pacifique va durer après le Cap Horn, et on risque d'être encore malmené après le caillou. Dans 919 milles exactement, donc 3 jours, j'arriverai au Cap Horn. Là-bas, j'ai d'ailleurs une mission qui m'a été confiée par Sam Davies. Je dois prendre de belles photos, car quand elle est passée, il faisait gris. Comme je devrais le passer de jour, je vais éprouver mes talents de photographe. » Arnaud Boissières, Akena Vérandas, à la vacation de 11h30.
 

Roland Jourdain - Veolia Environnement

Veolia Environnement en convalescence

12.01.2009

"Je navigue dans des conditions qui ne sont pas faciles pour un bateau où la résine est fraiche. Il y a eu un bon coup de vent cette nuit, donc j'ai viré à l'ouest. Hier, sur tribord amure, j'ai pu vérifier que la réparation était correcte. La cloison est bloquée, ce qui n'occasionne plus de bruit. Pour affronter les 45 nœuds de vent et une mer bien agitée, j'ai été prudent, j'ai joué 3 ris, rien devant. Il n'en reste pas moins que ça tape beaucoup. Comme avant on naviguait au portant, les efforts ne sont pas les mêmes. Je regarde ce que ça donne au près. Si je toile un peu plus, ça tapera plus fort. Les grains se font moins nombreux, mais ça souffle quand même à 30 nœuds. Hier, je me suis montré une véritable fée du logis. Vu que je n'arrivais pas à dormir, j'ai fait le ménage à grandes eaux, pour virer une bonne partie des particules de carbone, même si, à heures précises, la grattouille revient. Je suis en convalescence. Je pense qu'il faut y aller crescendo. Concernant Michel Desjoyeaux, quand j'ai un petit coup de blues, je fais des scénarios dans ma tête. La route est encore longue, et je m'occupe plus que jamais de mon bateau. Parti comme il est parti ce Vendée Globe, il risque d'y avoir encore des rebondissements."  Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h30.
 

A BORD SAFRAN / SKIPPER : MARC GUILLEMOT (FRA)

Le Horn pour Marco

12.01.2009

"Bonjour, Le jour se lève, j'apperçois entre les nuages la lune dans mon Nord-Ouest, le vent s'essoufle et la mer se range mais reste toujours une bonne houle d'Ouest qui nous pousse avec souplesse. Passage dans le Sud du caillou à7H31TU à 8,85 noeuds par 56°08,885 S et 67°12,729 W. Bien content de terminer ce Pacifique que j'ai pourtant trouvé vraiment bien mais on en sort un peu usé par la tension, le stress et toutes les aventures liées à l'épreuve. Je ne vois rien, j'espère que le GPS est bon... Une masse sombre apparaît ? Est ce donc ça ? Bonne journée." Marc Guillemot, Safran, par courriel de ce matin.
 

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