Après deux mois de chantier aux Sables d’Olonne pour remettre en état le monocoque démâté le lendemain du départ, Kito de Pavant va pouvoir récupérer son bateau et préparer sa saison 2009. Le monocoque rouge a quitté les Sables d’Olonne par la route mardi soir en direction de la Méditerranée.
A la uneBrèves
Groupe Bel de retour à Port-Camargue
14.01.2009
Escalier pour l'équateur
14.01.2009« C'est pas mal ce matin, ma foi, toujours penché, mais a priori sur le même bord pour un moment. Ça me plait bien de ne plus être obligé de déplacer du matériel d'un bord à l'autre. Je suis monté en escalier, et à chaque marche, faut lever la jambe. Là je pense que je suis arrivé sur le palier. J'avais quelques inquiétudes, il y a une heure, mais a priori, je vais rester comme ça le long des côtes brésiliennes jusqu'au Pot-au-noir. Avec Roland, c'est un phénomène d'accordéon : si tu fais l'addition des marches et des contremarches, ça fait à peu près l'écart qu'on avait, il n'y a rien d'anormal. Il va bien falloir, de toute façon, que Roland fasse une trajectoire assez proche, petites ou grandes marches, et moi je serai à nouveau sur la route, à 12 ou 14, peut-être 15 nœuds. Je considère qu'il y a 350 ou 400 milles d'écart entre nous. J'ai eu de la chance de passer le Horn dans des conditions calmes, et de contourner la dépression dans le bon sens. Pour la suite, on va déjà aller jusqu'au pot-au-noir, qu'on va franchir entre 28 et 33 Ouest. J'ai regardé, hier, un fichier de vent pour 10 à 15 jours, mais vu le bazar que c'était j'ai refermé le bouquin. C'est tellement instable que rien n'est prévisible, on verra sur zone. Il faut rester concentré sur l'objectif. Je n'ai pas de boules de cristal ni Mme Soleil à bord (je n'ai que M. Soleil), mais grosso modo, ça fait une arrivée dans les tous premiers jours de février. Une fois qu'on sera dans l'anticyclone des Açores, on aura une idée un peu plus claire. » Michel Desjoyeaux, Foncia, à la vacation de 11h30.
Le petit bricoleur
14.01.2009« On a changé de pays. L'air est à 27°C, l'eau à 24, le vent est stable et la mer à peu près. Cerise sur le gâteau, je gagne des milles sans rien faire. Heureusement, vu que je suis un petit peu nase de mes séances de composite. Hier c'était encore une journée collage/boulonnage à l'intérieur, mais le bateau va tout seul, c'est parfait. Si vous avez des étagères à poser à la maison, appelez-moi! Je suis content du boulot, en plus ça ne bronche pas, c'est vraiment gratifiant. Je ne tire pas sur le bateau à fond et les conditions ne sont pas dantesques, je touche du bois. Entre récupérer, observer et bricoler, je passe assez peu de temps sur les cartes météo mais je trouve les vitesses bizarres, et me demande si Mich (Desjoyeaux) n'a pas eu plus de bricoles qu'il ne veut bien le dire. Il aurait fallu que je passe plus d'heures à dépiauter les fichiers, mais le pif me dit qu'il y a quelque chose de bizarre.
En tout cas, ici c'est le top. C'est incroyable comme après la pluie, vient le beau temps. Quand tu sors du Pacifique, de ces coins beaux mais rudes et que tu te retrouves là... Tu sors en « petite tenue », tu te prends des seaux d'eau sur la tête et tu es sec en deux minutes. Le bateau est penché, c'est un inconvénient, mais il n'y a pas trop de mer, c'est vraiment la belle vie. Pour espérer gagner une course, il faut d'abord arriver... Et comme on a réussi à réparer pour – je l'espère - arriver, plus rien ne nous empêche, potentiellement, de gagner. La grattouille, elle, est encore là et revient cycliquement. C'est rude, du coup je prends pas mal de douches avec rinçage à l'eau douce. Il faut que j'arrive vite aux Sables, mais avec une peau de bébé. » Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h30.
Avec vue sur mer...
14.01.2009"Quand vous en aurez marre, de mes couchers de soleil, faut le dire ! Moi, je ne m'en lasse pas, c'est quand même mieux que le mur de l'immeuble d'à côté vu par la fenêtre de 30 par 30 de vos toilettes ! Ben oui, c'est aussi la vue que j'ai, de mon bureau, de ma cuisine, de mes toilettes, de la salle des machines, etc. Vue imprenable, ils disaient dans l'annonce ! Je confirme, on a beau prendre des photos, on n'arrive pas à tout mettre dans la petite boite.
Bon, l'inspiration manque, fait défaut, est partie en vacance, elle n'a même pas fini le Vendée Glub, elle m'a laissé là, comme une âme en peine, tout penché que je suis, et que je vais être pendant encore plusieurs jours, comme si c'était mon desin de tourdumondiste, que de me débrouiller de tout.
Oui, ça y ressemble..." Michel Desjoyeaux, Foncia, courriel de la nuit
Cali dans la tempête...
14.01.2009"Bonjour ,
grosses conditions ce matin. La coquille de Calimero (dome du Fleet 77) est allée rejoindre le bulbe du Roi Jean ! La mer était enorme avec un vent fort (pointes à 62nds) ; à ce moment là, soit tu réduis trop et tu subis, soit t'essayes d'avancer normalement. J'ai choisi la deuxième solution avec un surf à 30,2nds ; je n'en menais pas large. Le bateau a pris une vague par le coté et j'ai entendu un crac (l'antenne du fleet), il s'est couché et tout a volé dans le bateau. Quelques petits bobos ,une grosse frayeur... J'avais enfilé ma combinaison sèche avant et je ne le regrette pas ! Maintenant je recharge les batteries jusqu'au grand cap ; ça se mérite ! Le soleil est de la partie et ce n'est pas pour me déplaire." Arnaud Boissières, Akena Vérandas, par courriel cette nuit.
Grand-voile déchirée pour Caffari
13.01.2009Dee Caffari (Aviva), joint à la vacation aujourd’hui : « La meilleure façon de décrire l'état de la mer serait de dire "Toujours aussi horrible". Le vent souffle encore à 50-60 nœuds, mais les périodes d'accalmie s'allongent. La mer est énorme. J'ai eu des pointes à 64 nœuds et depuis sept heures j'ai des vents supérieurs à 50 nœuds. Le bateau va bien. Moi, je vais bien, mais la grand-voile n'a pas survécu. Je navigue avec 4 ris. Il ne me reste donc pas beaucoup de toile. Je ne peux pas réparer pour le moment. Je vois des lambeaux de toile qui pendent et qui s'envolent. Je ne peux que regarder ce qui se passe en me disant que c'est horrible... Je vais regarder ce que je pourrai faire quand le vent mollira. J'espère que ce sera pour bientôt. Selon les prévisions, le vent devrait mollir. Mais après, il y aura toujours une mer déchaînée. En tout cas, là je ne peux pas faire grand-chose. »