Vendée Globe

A la uneBrèves

ON BOARD FONCIA / SKIPPER : MICHEL DESJOYEAUX (FRA)

La nuit où les dragons ont peur

16.01.2009

Message de la nuit envoyé par Michel Desjoyeaux à bord de Foncia :

« Au centre d'entraînement Finistère Course au Large de Port La Foret, un Point Info sur le Vendée Globe permet aux passants de se tenir informés des performances des poulains du Centre, les 5 premiers actuellement (6 avec Vincent), pas moins ! Kate y a mis un livre d'Or, et voilà ce qu'on peut y lire. Ewen, 3ans et demi, a dicté à sa mère: “Depuis que Maman a mis Michel Desjoyeaux dans ma chambre, le dragon il a peur et il est parti et moi, je peux dormir tranquille!"
Il est pas joli ce message ?... Ce qu'il y a de rassurant, je fais moins peur aux enfants que les méchants dragons...
On va l'appeler "le livre dort" !
Bonnes nuits Ewen »

 

A BORD BAHRAIN TEAM PINDAR / SKIPPER : BRIAN THOMPSON (UK)

Thompson, 6e au Cap Horn

15.01.2009

Brian Thompson (Bahrain Team Pindar), à la vacation du jour : « Nous progressons vers l'île des Etats qui est à une cinquantaine de milles devant l'étrave. Et puis après ce sera cap sur les Malouines, à 250 milles de notre position actuelle. A 80 milles du Cap Horn, je me suis approché des côtes chiliennes. Je voyais bien les glaciers et les montagnes avec de la neige au sommet. Le vent soufflait fort avant le Horn jusqu'à une quarantaine de nœuds sous rafales. Mais pour les cinq derniers milles le vent a molli et lors du passage je n'avais que dix nœuds. C'était mon premier passage en solitaire, je l'avais fait à deux reprises avec un équipage de treize personnes. Mais c'est vraiment spécial de faire cela seul, ayant passé tellement de temps en mer. Là, j'ai eu jusqu'à 30 nœuds de vent depuis le Horn, mais le vent mollit de nouveau et le ciel est bleu.On voit bien que les grains meurent au Cap Horn et la houle s'assagit là aussi. Il s'agit vraiment d'un tournant dans les conditions météorologiques. Après la tempête de l'autre côté du Horn, je suis bien préparé cette fois-ci. Je serai proche des Malouines quand cela m'attrapera demain matin. Le pire sera au moment du passage du front froid, car le vent basculera à l'ouest, et la mer sera dans tous les sens. Puisque le centre de la dépression va passer sur Dee et Arnaud, ils auront droit à un vent faible avant une bascule vers du portant après l'île des Etats. Moi, je ne suis pas au centre et subirai ainsi un vent fort de nord avant le passage vers un vent de l'arrière. » 

ON BOARD AVIVA / SKIPPER : DEE CAFFARI (UK)

Caffari se prépare à la tempête

15.01.2009

Dee Caffari (Aviva), à la vacation du jour : « Cela fait du bien de penser que l'on va passer le Cap Horn, mais je crois qu'on va reporter les célébrations jusqu'à après la tempête. Je vais ralentir. Cela fait bizarre dans une course, mais je fais ce que peux pour éviter le pire du baston. Le centre de la dépression va passer sur nous. On ne peut pas aller plus rapidement que le déplacement de cette dépression. On va subir le côté ouest de cette zone avec un vent de sud-ouest. On va avoir 6 à 9 heures de baston, mais ce ne sera pas le pire endroit, car cela risque d'être plus au nord. Une fois que le pire est passé, j'espère pouvoir re-démarrer encore, mais ce ne sera pas évident avec ce qui reste de ma grand-voile. Elle ressemble à un sachet de thé. Il y a des endroits où il ne reste plus de toile et on ne voit que les fibres. Quand on veut prendre un ris, c'est comme si elle était déjà arisée avec un système de ventilation. Avant l'arrivée de la tempête je vais essayer de border cela pour protéger les fibres. Je suis en train de réfléchir sur une technique pour réparer cela plus tard. J'ai dix autres voiles et il faudra choisir celle qui me servira le moins. Il me manque de la colle et il va falloir être sûr que cela tienne la prochaine fois, car je ne pourrai plus réparer par la suite. Je vais sans doute utiliser une partie du spinnaker pour recouvrir le morceau endommagé. » 

ON BOARD BRIT AIR / SKIPPER : ARMEL LE CLEAC'H (FRA)

Gros orages sur Brit Air

15.01.2009

Armel Le Cléac’h (Brit Air) à la vacation de 11 heures : « On a eu une nuit assez agitée sur Brit Air avec un gros orage. Il y avait des éclairs et pas mal de vent… C’était un peu ambiance « 14 juillet » sur l’eau mais maintenant, ça s’est stabilisé donc c’est cool. Ça s’est passé à la tombée de la nuit. Il a fait tout d’un coup très sombre et la pluie est arrivée. On ne voyait pas à plus de deux mètres, c’était impressionnant et surtout assez stressant. On le savait à l’avance donc on avait réduit la toile. J’avais aussi arrêté l’électronique car on ne sait jamais, au cas où un éclair tombe sur le bateau. Puis une heure après, c’était à nouveau dégagé.
Depuis 48h, les températures ont bien augmentées. Les manœuvres se font maintenant en short/t-shirt. J’ai rangé les bottes et le ciré. Ce sont des conditions idéales pour naviguer, même si ça reste assez humide sur le pont. L’air est à 26°C, l’eau est à 25°C. Les conditions sont assez agréables pour pouvoir vivre, dormir et faire sécher les affaires. Hier avant l’orage, j’en ai profité pour ranger la couverture polaire que j’avais dans les mers du Sud. Mais qui sait ? Je la ressortirai peut-être à l’arrivée car il paraît qu’il fait assez froid là où vous êtes, en France. »

 

ON BOARD SAFRAN / SKIPPER : MARC GUILLEMOT (FRA)

Une escale étonnante aux Malouines

15.01.2009

Marc Guillemot (Safran), à la vacation du jour : « Ce petit “pit stop“ aux Malouines m’a vraiment fatigué. Je suis lessivé, rincé. Il n’en reste pas moins que je suis content d’avoir fait cette escale de 7 heures. Elle m’a permis de gérer pas mal de soucis. C’était crevant puisque j’ai dû monter 4 fois dans le mât, à près de 25 mètres de haut. J’ai réparé le rail au niveau du ris 2. Mais je n’avais pas suffisamment de rail en secours pour réparer le ris 1. C’aurait été envisageable, mais cela m’aurait pris trop de temps. Je suis finalement reparti, j’étais vidé, vraiment vidé, mais les conditions sont désormais meilleures.
J’ai croisé pas mal de monde pendant cette escale. Ces rencontres étaient assez spéciales. Il y avait ce paquebot qui transportait des touristes. Ils m’ont salué et j’ai répondu. Ils devaient se dire : « Qui est ce cinglé sur un bateau à voile et tout seul en plus ? » C’est assez incroyable de voir d’autres personnes. C’est comme deux mondes qui se croisent, qui ne font que s’entrevoir. Cela procure des sentiments particuliers, mais je devais rester dans mon trip, dans ma bulle. C’était un peu surréaliste. Les gens devaient être étonnés. Et j’ai aussi croisé un bateau de pêcheur, puis les autorités maritimes sont venues à ma rencontre. Maintenant, il ne reste plus que les canards et les albatros. »

 

PC COURSE PARIS

L’hebdo du Vendée Globe

15.01.2009

Dans son émission hebdomadaire qui résume la dernière semaine de course, Pierre-Louis Castelli recevra le navigateur Philippe Monnet, le graphiste et navigateur Jean-Baptiste Epron et joindra en mer Sam Davies et Arnaud Boissières. Rendez-vous à 17h30 ce soir au PC Course à Paris ou sur le site officiel de la course www.vendeeglobe.org. 

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