Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation de 11h30 : « On ne va pas se plaindre, on est au large du Brésil et au chaud. Il y a de l'air, juste ce qu'il faut, une quinzaine de nœuds de vent. Enfin, ça monte et ça descend, mais ça avance. J'ai viré de bord et ma réparation tient, c'est le bonheur. Enfin, on doute toujours, même quand il n'y a rien de cassé... Cerise sous le gâteau, j'avais un peu de réparation sous-marine à faire et je prenais un peu d'eau, mais comme j'ai viré : miracle, je n'en prends plus. Je veux prolonger un peu ma trajectoire, tant qu'à faire il faut se démarquer. Mais je ne voulais pas aller trop à la côte, car dans mes souvenirs il y a pas mal de mer et ça n'aurait pas été très bon pour avancer. La dorsale en face est balèze, c'est pas un demi anticyclone, c'est la taille xxl avec une belle courbure. Concernant la réparation, j'y vais crescendo, par moments je suis à 100%, plutôt en dessous en général, mais tout ce que je vois me donne confiance. Si ça se trouve c'est une bonne chose d'avoir cassé, à force de tirer dessus, ce serait peut-être de l'usure dans la voile maintenant. C'était peut-être un signe du destin... C'est l'équation éternelle : l'arrivée est importante, mais je reste prudent avec l'univers de la réparation.
Ici, c'est pas loin d'être idyllique, la mer est presque plate avec un petit clapot, un ciel dans les bleu-gris, quelques nuages. J'ai même des minis poissons volants qui sont tombés sur le bateau, puis quelques seaux d'eau quotidiens pour se prendre la bonne douche. Le pot-au-noir, ce que j'en ai regardé, n'a pas l'air énorme, mais c'est à partir d'aujourd'hui qu'on va s'y intéresser sérieusement. Il a l'air plus facile qu'à l'aller, avec un petit grumeau à l'endroit où on va le passer. Concernant le coup de baston dans le Sud, c'est dur. Quand t'es derrière et que tu reprends encore des coups comme ça... Je pense que le Pacifique, on peut le dé-baptiser. »