Vendée Globe

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A BORD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

« Une journée extraordinaire »

17.01.2009

Message de la nuit envoyé par Arnaud Boissières sur Akena Vérandas, actuellement 7e entre l’île des Etats et les Malouines.

 

« Bonjour
La journée d'hier restera pour moi comme une journée extraordinaire ; arrivée dans de la brise au niveau de la terre de feu, grain à 50nœuds et derrière ,le ciel se dégage laissant apparaître les montagnes enneigées qui cisaillent les nuages (magique!). Là, le vent mollit, et même pétole, manœuvre avec les dauphins qui m'accompagnent; le Horn juste devant moi mais le vent refuse et je ne le vois que de loin. Je passe 7ème au contact avec Dee; c'est extra. La navigation dans ces mers du Sud est enrichissante, tant au niveau du paysage que du vent de l'ambiance générale ; l'Océan est le seul maître et il ne manque pas de nous le rappeler, tout ceci orchestré par ces merveilleux albatros. On se faufile, avec des surfs démoniaques ! Merci le SUD, j'y reviendrai avec l'expérience que tu m'as apporté et tout ce que tu m'a appris, avec humilité.
Mon bateau fait son troisième passage dans ces mers et troisième Cap Horn. Je suis fier de lui et lui en suis énormément reconnaissant.
J'ai une belle véranda, j'ai des bricoles à faire pour qu'elle soit présentable, mais tout est ok.
Il reste un très long parcours et encore une belle bagarre avec tous ces anglais, yes sir !
Merci à tous ceux qui suivent les aventures de ma véranda et nous soutiennent.

Ce Cap Horn j'ai l'ai franchi avec derrière moi les 550 collaborateurs d'AKENA ; je ne peux plus envoyer d'images, mais j'en ai plein la caméra et plein dans la tête pour leur faire partager ces moment intenses à mon retour.

La mer étant mouvementée, j'ai choisi d'ouvrir la bouteille destinée au Cap que demain.
Le gros du coup de vent est en train de passer mais il faut rester vigilant ; la mer reste très grosse et m'offre encore des surfs incroyables.

Arnaud à bord de sa véranda de retour en Atlantique »

 

RAPHAEL DINELLI (FRA) / FONDATION OCEAN VITAL

Dinelli tout proche de Sedlacek

16.01.2009

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à la vacation de 11h30 :« Toujours au près, en direction de la porte Pacifique Ouest ! Je suis en contact avec Norbert et tout va bien. Au dernier pointage, on est à moins de 20 milles, j'ai réussi à l'avoir et lui ai dit qu’on fasse attention, faudrait pas qu'on se percute. Pour la première fois on est vraiment très serrés et je pense qu'au lever du jour, on sera à vue, ce sera sympa. Il fait nuit, quasiment onze heures de décalage. J'espère qu'une fois la porte passée, les vents portants seront plus appuyés. Je vais peut-être m'arrêter aux Malouines pour assurer cette drisse de grand-voile, si les conditions météo sont bonnes. Je la surveille à la jumelle et pour l'instant, ça va. L'objectif n'était pas de quitter la « lanterne rouge », c'est sur du long terme. Même si c'est assez sympa sur le côté navigation sportive, il faut penser au côté sécurité et la route est encore longue. L'objectif c'est vraiment d'arriver au bout, de ne pas avoir d'avaries et que le système d'énergie marche bien. Question nourriture, j'avais 120/125 jours de ravitaillement, donc j'ai mes petites réserves. »  

A BORD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

Boissières cap-hornier

16.01.2009

Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à la vacation de 11h30 : « Je suis descendu au sud pour éviter le gros baston. C'était par précaution, car le vent est en train de rentrer, même si c'est un tout petit peu plus tard que prévu. Dans quelques heures ça sera passé, et je pourrai retourner dans la course. Pour l’instant, j’ai 35 nœuds, ça monte tranquillement, tout doucement et la mer se forme depuis une heure et demie, deux heures. L'expérience du Pacifique m'a fait tout attacher dans le bateau. J'ai pris 4 ris dans la grand-voile, mais avec un peu de toile quand même pour pouvoir être manœuvrant. J'ai fait un tour du bateau hier après-midi, tout va bien et j'ai étanché l'endroit où mon capot d'antenne a cassé. Là, je suis à l'intérieur du bateau, enfermé, à attendre que ça passe, dans une combi sèche au cas où je doive aller dehors. Je suis à la table à cartes, en train de répondre aux interviews et à me faire un bon petit déjeuner : je m'alimente, me repose, fais des siestes... Le baromètre a fait une descente fulgurante et est en train de remonter tout doucement. Ça ne secoue pas tellement, la mer est plutôt rangée, mais en quelques heures, ça peut bouger et je m'attends à ce que ça bouge beaucoup. Être cap-hornier c'est sympa, hier je passais près de la terre de feu avec les montagnes enneigées, c'était génial. Je pense que demain midi, je sortirai la petite bouteille de Saint Emilion, comme à chaque cap. Les mers du Sud, c'est fini, je prends mon ticket d'entrée dans l'Atlantique, mais je fais gaffe. » 

Roland Jourdain, Atlantique Sud

Bilou confiant dans sa réparation

16.01.2009

Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation de 11h30 : « On ne va pas se plaindre, on est au large du Brésil et au chaud. Il y a de l'air, juste ce qu'il faut, une quinzaine de nœuds de vent. Enfin, ça monte et ça descend, mais ça avance. J'ai viré de bord et ma réparation tient, c'est le bonheur. Enfin, on doute toujours, même quand il n'y a rien de cassé... Cerise sous le gâteau, j'avais un peu de réparation sous-marine à faire et je prenais un peu d'eau, mais comme j'ai viré : miracle, je n'en prends plus. Je veux prolonger un peu ma trajectoire, tant qu'à faire il faut se démarquer. Mais je ne voulais pas aller trop à la côte, car dans mes souvenirs il y a pas mal de mer et ça n'aurait pas été très bon pour avancer. La dorsale en face est balèze, c'est pas un demi anticyclone, c'est la taille xxl avec une belle courbure. Concernant la réparation, j'y vais crescendo, par moments je suis à 100%, plutôt en dessous en général, mais tout ce que je vois me donne confiance. Si ça se trouve c'est une bonne chose d'avoir cassé, à force de tirer dessus, ce serait peut-être de l'usure dans la voile maintenant. C'était peut-être un signe du destin... C'est l'équation éternelle : l'arrivée est importante, mais je reste prudent avec l'univers de la réparation.
Ici, c'est pas loin d'être idyllique, la mer est presque plate avec un petit clapot, un ciel dans les bleu-gris, quelques nuages. J'ai même des minis poissons volants qui sont tombés sur le bateau, puis quelques seaux d'eau quotidiens pour se prendre la bonne douche. Le pot-au-noir, ce que j'en ai regardé, n'a pas l'air énorme, mais c'est à partir d'aujourd'hui qu'on va s'y intéresser sérieusement. Il a l'air plus facile qu'à l'aller, avec un petit grumeau à l'endroit où on va le passer. Concernant le coup de baston dans le Sud, c'est dur. Quand t'es derrière et que tu reprends encore des coups comme ça... Je pense que le Pacifique, on peut le dé-baptiser. »

 

FONCIA/VG 08-09/TERRE DE FEU

Beaucoup plus chaud qu’en France

16.01.2009

Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h30 : « Ça va beaucoup mieux ici que pour ceux qui sont vers le Cap Horn, visiblement, c'est un peu plus calme chez nous. Hier, j'ai eu des courants d'air un peu volatils, mais aujourd'hui c'est assez organisé, même si j'ai passé la nuit à tirer des bords dans des grains un peu capricieux et pas très agréables. Là, il y a 15 nœuds et je suis quasiment sur la route pour monter vers le pot-au-noir. J'ai cru comprendre que Bilou était étonné de voir ma progression « pas plus rapide que ça ». Quand il était en train de bricoler, j'étais en train de me battre avec le vent faible. Mais bon, je n'ai pas grand-chose à faire, j'essaye de faire ma route avec les vents que j'ai. Maintenant, avec quand même 250 milles entre nous, ça ne devrait pas être trop préjudiciable. Ma foi, il fait ici beaucoup plus chaud que ce que vous avez en France en ce moment, presque trente degrés et je n'ai même pas besoin de mettre un t-shirt pour dormir la nuit. On est bien en mer, on a la chance de faire un beau métier, on en profite, même si on sera content de revenir sur terre et de retrouver les siens. » 

ON BOARD FONCIA / SKIPPER : MICHEL DESJOYEAUX (FRA)

La nuit où les dragons ont peur

16.01.2009

Message de la nuit envoyé par Michel Desjoyeaux à bord de Foncia :

« Au centre d'entraînement Finistère Course au Large de Port La Foret, un Point Info sur le Vendée Globe permet aux passants de se tenir informés des performances des poulains du Centre, les 5 premiers actuellement (6 avec Vincent), pas moins ! Kate y a mis un livre d'Or, et voilà ce qu'on peut y lire. Ewen, 3ans et demi, a dicté à sa mère: “Depuis que Maman a mis Michel Desjoyeaux dans ma chambre, le dragon il a peur et il est parti et moi, je peux dormir tranquille!"
Il est pas joli ce message ?... Ce qu'il y a de rassurant, je fais moins peur aux enfants que les méchants dragons...
On va l'appeler "le livre dort" !
Bonnes nuits Ewen »

 

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