Message de la nuit de Michel Desjoyeaux à bord de Foncia, leader au large de Salvador de Bahia.
« Salut,
J'avoue que je préfère largement cette nuit à la précédente et à la journée d'avant. Tirer des bords dans des grains sans en connaître la fin, avoir l'impression de progresser à coups de piolet n'est pas passionnant à la voile ! Progresser à moins de dix noeuds, vitesse somme toute pas ridicule, ne me plaisait guère, mais me rappelle une histoire vécue : Lors d'une "régate amicale", pendant un grand prix en Figaro, j'embarque un grand patron du coin, une sommité, une tronche bardée de diplôme, son "aide de camp" lui avait dit avant de partir "vous êtes avec Desjoyeaux, c'est le meilleur, il gagne tout en ce moment". On prend le départ, qu'on vole, on revient couper la ligne, et on finit 15ème, je crois. Pendant la régate, en équipage, le gars n'a touché à aucun bout, pas posé une question, est resté papoter avec son pote qu'il avait fallu embarqué !
Arrivés au port, son "aide de camp" l'attend ". Alors, président, ça s'est bien passé ?" Réponse froide et cinglante : "J"aime pas les classements à deux chiffres". Pas un merci, pas un regard, rien.
Eh ben moi, j'aime pas les vitesses à un chiffre, voilà, nah ! Et aujourd'hui, ça va, j'aime !
Bon week-end !
Mich »