Vendée Globe

A la uneBrèves

MARC GUILLEMOT / SAFRAN - START

Casse-bateaux

17.01.2009

« Ce matin, je suis tombé dans un système orageux avec des grains, deux ou trois nœuds de vent pendant quelque heures. Pour l’instant j’avance. Hier, j’ai le sentiment d’avoir vécu la pire journée de ce Vendée Globe, avec une mer casse-bateau infernale. Le bateau a tapé toute la journée. Du coup cette nuit, j’ai beaucoup dormi et je suis tombé dans ce système orageux sans m’en rendre compte. Je peux vous garantir que ça a cogné, c’était stressant. On n’aime pas quand le bateau souffre et ça pompe de l’énergie pour rien du tout. On attend toujours tout avec impatience, mais il faut savoir rester patient et vivre les choses étape par étape. Le front est en train de me rattraper et j’ai une pluie torrentielle qui vient de s’abattre sur le bateau. Comme on dit : « petite pluie abat grand vent » et ça ne laisse pas présager beaucoup d’air pour les heures qui vont suivre.» Marc Guillemot, Safran, à la vacation de 11h30

Steve White, portrait

Vivement 2012 pour Steve

17.01.2009

"Je viens de passer un temps fou à contempler tout ce qui se passe autour de moi. Les Mers du Sud ne seront bientôt qu'un souvenir. Elles vont me manquer, car elles ont été fabuleuses - mornes, ténébreuses, désolées, puissantes,... Tout cela, mais belles à la fois avec les meilleures conditions de navigation au monde. Je suis néanmoins prêt à quitter le Grand Sud maintenant. D'abord, avant que je ne casse quelque chose de plus important que le siège de la toilette et la manche de la bouilloire et ensuite parce que cela me fera approcher du moment où je pourrai revenir mieux préparé et avec plus de connaissances. Certes j'aime bien mon vieux bateau, mais je voudrais bien revenir à bord d'un monocoque plus rapide afin d'être compétitif avec ceux de devant. Je commence ainsi la recherche d'un sponsor pour la période jusqu'au Vendée Globe 2012. Ce sera bizarre de refaire toutes ces démarches, mais je crois que cela va être différent après cette édition et les gens nous prendront plus au sérieux. Je me suis toujours dit que ce serait bien de participer en 2012, mais maintenant que j'ai de l'expérience de la course, je suis sûr de vouloir y être. Sinon, Kim était horrifiée quand je lui ai demandé de m'apporter de la mousse à raser  aux Sables à l'arrivée, car je n'en ai  plus depuis longtemps et je lui ai expliqué que je me sers de l'huile de cuisine ! Elle m'a dit qu'elle ne veut pas que je rentre à la maison avec cette odeur-là, car quand je me rase, cela sent comme un plat de tortellini..."
Steve White, Toe in the Water, courriel de la nuit

 

Lever soleil Foncia

« Mot de la nuit, maux de l’ennui »

17.01.2009

Message de la nuit de Michel Desjoyeaux à bord de Foncia, leader au large de Salvador de Bahia.

 

« Salut,
J'avoue que je préfère largement cette nuit à la précédente et à la journée d'avant. Tirer des bords dans des grains sans en connaître la fin, avoir l'impression de progresser à coups de piolet n'est pas passionnant à la voile ! Progresser à moins de dix noeuds, vitesse somme toute pas ridicule, ne me plaisait guère, mais me rappelle une histoire vécue : Lors d'une "régate amicale", pendant un grand prix en Figaro, j'embarque un grand patron du coin, une sommité, une tronche bardée de diplôme, son "aide de camp" lui avait dit avant de partir "vous êtes avec Desjoyeaux, c'est le meilleur, il gagne tout en ce moment". On prend le départ, qu'on vole, on revient couper la ligne, et on finit 15ème, je crois. Pendant la régate, en équipage, le gars n'a touché à aucun bout, pas posé une question, est resté papoter avec son pote qu'il avait fallu embarqué !
Arrivés au port, son "aide de camp" l'attend ". Alors, président, ça s'est bien passé ?" Réponse froide et cinglante : "J"aime pas les classements à deux chiffres". Pas un merci, pas un regard, rien.
Eh ben moi, j'aime pas les vitesses à un chiffre, voilà, nah ! Et aujourd'hui, ça va, j'aime !
Bon week-end !
Mich »

 

A BORD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

« Une journée extraordinaire »

17.01.2009

Message de la nuit envoyé par Arnaud Boissières sur Akena Vérandas, actuellement 7e entre l’île des Etats et les Malouines.

 

« Bonjour
La journée d'hier restera pour moi comme une journée extraordinaire ; arrivée dans de la brise au niveau de la terre de feu, grain à 50nœuds et derrière ,le ciel se dégage laissant apparaître les montagnes enneigées qui cisaillent les nuages (magique!). Là, le vent mollit, et même pétole, manœuvre avec les dauphins qui m'accompagnent; le Horn juste devant moi mais le vent refuse et je ne le vois que de loin. Je passe 7ème au contact avec Dee; c'est extra. La navigation dans ces mers du Sud est enrichissante, tant au niveau du paysage que du vent de l'ambiance générale ; l'Océan est le seul maître et il ne manque pas de nous le rappeler, tout ceci orchestré par ces merveilleux albatros. On se faufile, avec des surfs démoniaques ! Merci le SUD, j'y reviendrai avec l'expérience que tu m'as apporté et tout ce que tu m'a appris, avec humilité.
Mon bateau fait son troisième passage dans ces mers et troisième Cap Horn. Je suis fier de lui et lui en suis énormément reconnaissant.
J'ai une belle véranda, j'ai des bricoles à faire pour qu'elle soit présentable, mais tout est ok.
Il reste un très long parcours et encore une belle bagarre avec tous ces anglais, yes sir !
Merci à tous ceux qui suivent les aventures de ma véranda et nous soutiennent.

Ce Cap Horn j'ai l'ai franchi avec derrière moi les 550 collaborateurs d'AKENA ; je ne peux plus envoyer d'images, mais j'en ai plein la caméra et plein dans la tête pour leur faire partager ces moment intenses à mon retour.

La mer étant mouvementée, j'ai choisi d'ouvrir la bouteille destinée au Cap que demain.
Le gros du coup de vent est en train de passer mais il faut rester vigilant ; la mer reste très grosse et m'offre encore des surfs incroyables.

Arnaud à bord de sa véranda de retour en Atlantique »

 

RAPHAEL DINELLI (FRA) / FONDATION OCEAN VITAL

Dinelli tout proche de Sedlacek

16.01.2009

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) à la vacation de 11h30 :« Toujours au près, en direction de la porte Pacifique Ouest ! Je suis en contact avec Norbert et tout va bien. Au dernier pointage, on est à moins de 20 milles, j'ai réussi à l'avoir et lui ai dit qu’on fasse attention, faudrait pas qu'on se percute. Pour la première fois on est vraiment très serrés et je pense qu'au lever du jour, on sera à vue, ce sera sympa. Il fait nuit, quasiment onze heures de décalage. J'espère qu'une fois la porte passée, les vents portants seront plus appuyés. Je vais peut-être m'arrêter aux Malouines pour assurer cette drisse de grand-voile, si les conditions météo sont bonnes. Je la surveille à la jumelle et pour l'instant, ça va. L'objectif n'était pas de quitter la « lanterne rouge », c'est sur du long terme. Même si c'est assez sympa sur le côté navigation sportive, il faut penser au côté sécurité et la route est encore longue. L'objectif c'est vraiment d'arriver au bout, de ne pas avoir d'avaries et que le système d'énergie marche bien. Question nourriture, j'avais 120/125 jours de ravitaillement, donc j'ai mes petites réserves. »  

A BORD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

Boissières cap-hornier

16.01.2009

Arnaud Boissières (Akena Vérandas) à la vacation de 11h30 : « Je suis descendu au sud pour éviter le gros baston. C'était par précaution, car le vent est en train de rentrer, même si c'est un tout petit peu plus tard que prévu. Dans quelques heures ça sera passé, et je pourrai retourner dans la course. Pour l’instant, j’ai 35 nœuds, ça monte tranquillement, tout doucement et la mer se forme depuis une heure et demie, deux heures. L'expérience du Pacifique m'a fait tout attacher dans le bateau. J'ai pris 4 ris dans la grand-voile, mais avec un peu de toile quand même pour pouvoir être manœuvrant. J'ai fait un tour du bateau hier après-midi, tout va bien et j'ai étanché l'endroit où mon capot d'antenne a cassé. Là, je suis à l'intérieur du bateau, enfermé, à attendre que ça passe, dans une combi sèche au cas où je doive aller dehors. Je suis à la table à cartes, en train de répondre aux interviews et à me faire un bon petit déjeuner : je m'alimente, me repose, fais des siestes... Le baromètre a fait une descente fulgurante et est en train de remonter tout doucement. Ça ne secoue pas tellement, la mer est plutôt rangée, mais en quelques heures, ça peut bouger et je m'attends à ce que ça bouge beaucoup. Être cap-hornier c'est sympa, hier je passais près de la terre de feu avec les montagnes enneigées, c'était génial. Je pense que demain midi, je sortirai la petite bouteille de Saint Emilion, comme à chaque cap. Les mers du Sud, c'est fini, je prends mon ticket d'entrée dans l'Atlantique, mais je fais gaffe. » 

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