"C'est super de mettre le cap au nord. Nous avons encore 35 nœuds de vent et beaucoup de pluie. A chaque grain, le vent se lève de nouveau à 40 nœuds, mais normalement cela devrait mollir à 25 /30 nœuds. On savait que la tempête allait être grosse et méchante. Avec Akena, nous avons néanmoins eu un passage agréable sur le plateau continental lors du passage du Cap Horn. Le vent de sud-ouest caillait, mais on n'a pas vu de vents de plus de 55 nœuds. Nous avons donc pris la bonne décision et avons tous réussi notre passage, avant de remonter vers le nord. J'étais avec Akena et nous étions au près et je me disais : "Incroyable ! Je ne veux pas passer le Horn au près, ce serait fou." Le Cap Horn mérite bien sa réputation. Nous avons eu droit à une tempête. Enfin, Arnaud sur Akena a pu fêter son passage du Horn. J'espère retrouver la vitesse jusqu'à la prochaine déchirure, mais je suis déterminée à rentrer à la maison. Rester en course est déjà un succès en soi, étant donné le taux d'abandon." Dee Caffari, Aviva, à la vacation de 11h30
A la uneBrèves
Déterminée à finir...
17.01.2009
Cause toujours...
17.01.2009« J’ai du soleil, ciel bleu, mer plate, c’est nickel, sauf qu’il n’y a pas assez de vent. Dans le petit temps, il faut être réactif, parfois il y a tellement peu de vent que le pilote ne réagit plus. Cette nuit, j’ai dormi longtemps, du coup, je me sens bien reposée. Il y a une semaine, j’ai commencé à parler à mon bateau, ça m’inquiétait un peu, mais tant qu’il ne répond pas, c’est que tout va bien…» Sam Davies, Roxy, à la vacation de 11h30.
Conditions chaotiques
17.01.2009« Je pensais que la remontée aurait été plus sympa. Les conditions étaient chaotiques, stressantes. A la limite, c’était plus facile dans le grand sud. Ici, on ne sait jamais dans quel sens ça va rentrer, c’est un peu sport. Les prochaines vingt-quatre heures devraient être encore au près et ensuite on devrait ouvrir un peu les écoutes. J’ai hâte d’avoir des conditions un peu plus stables pour me reposer et ranger un peu. » Armel Le Cléac’h, Brit Air, à la vacation de 11h30 :
Casse-bateaux
17.01.2009« Ce matin, je suis tombé dans un système orageux avec des grains, deux ou trois nœuds de vent pendant quelque heures. Pour l’instant j’avance. Hier, j’ai le sentiment d’avoir vécu la pire journée de ce Vendée Globe, avec une mer casse-bateau infernale. Le bateau a tapé toute la journée. Du coup cette nuit, j’ai beaucoup dormi et je suis tombé dans ce système orageux sans m’en rendre compte. Je peux vous garantir que ça a cogné, c’était stressant. On n’aime pas quand le bateau souffre et ça pompe de l’énergie pour rien du tout. On attend toujours tout avec impatience, mais il faut savoir rester patient et vivre les choses étape par étape. Le front est en train de me rattraper et j’ai une pluie torrentielle qui vient de s’abattre sur le bateau. Comme on dit : « petite pluie abat grand vent » et ça ne laisse pas présager beaucoup d’air pour les heures qui vont suivre.» Marc Guillemot, Safran, à la vacation de 11h30
Vivement 2012 pour Steve
17.01.2009"Je viens de passer un temps fou à contempler tout ce qui se passe autour de moi. Les Mers du Sud ne seront bientôt qu'un souvenir. Elles vont me manquer, car elles ont été fabuleuses - mornes, ténébreuses, désolées, puissantes,... Tout cela, mais belles à la fois avec les meilleures conditions de navigation au monde. Je suis néanmoins prêt à quitter le Grand Sud maintenant. D'abord, avant que je ne casse quelque chose de plus important que le siège de la toilette et la manche de la bouilloire et ensuite parce que cela me fera approcher du moment où je pourrai revenir mieux préparé et avec plus de connaissances. Certes j'aime bien mon vieux bateau, mais je voudrais bien revenir à bord d'un monocoque plus rapide afin d'être compétitif avec ceux de devant. Je commence ainsi la recherche d'un sponsor pour la période jusqu'au Vendée Globe 2012. Ce sera bizarre de refaire toutes ces démarches, mais je crois que cela va être différent après cette édition et les gens nous prendront plus au sérieux. Je me suis toujours dit que ce serait bien de participer en 2012, mais maintenant que j'ai de l'expérience de la course, je suis sûr de vouloir y être. Sinon, Kim était horrifiée quand je lui ai demandé de m'apporter de la mousse à raser aux Sables à l'arrivée, car je n'en ai plus depuis longtemps et je lui ai expliqué que je me sers de l'huile de cuisine ! Elle m'a dit qu'elle ne veut pas que je rentre à la maison avec cette odeur-là, car quand je me rase, cela sent comme un plat de tortellini..."
Steve White, Toe in the Water, courriel de la nuit
« Mot de la nuit, maux de l’ennui »
17.01.2009Message de la nuit de Michel Desjoyeaux à bord de Foncia, leader au large de Salvador de Bahia.
« Salut,
J'avoue que je préfère largement cette nuit à la précédente et à la journée d'avant. Tirer des bords dans des grains sans en connaître la fin, avoir l'impression de progresser à coups de piolet n'est pas passionnant à la voile ! Progresser à moins de dix noeuds, vitesse somme toute pas ridicule, ne me plaisait guère, mais me rappelle une histoire vécue : Lors d'une "régate amicale", pendant un grand prix en Figaro, j'embarque un grand patron du coin, une sommité, une tronche bardée de diplôme, son "aide de camp" lui avait dit avant de partir "vous êtes avec Desjoyeaux, c'est le meilleur, il gagne tout en ce moment". On prend le départ, qu'on vole, on revient couper la ligne, et on finit 15ème, je crois. Pendant la régate, en équipage, le gars n'a touché à aucun bout, pas posé une question, est resté papoter avec son pote qu'il avait fallu embarqué !
Arrivés au port, son "aide de camp" l'attend ". Alors, président, ça s'est bien passé ?" Réponse froide et cinglante : "J"aime pas les classements à deux chiffres". Pas un merci, pas un regard, rien.
Eh ben moi, j'aime pas les vitesses à un chiffre, voilà, nah ! Et aujourd'hui, ça va, j'aime !
Bon week-end !
Mich »