Dépêches
Le lundi 19 janvier 2009 à 07:29Fée du logis
« En ce dimanche de repos pour vous bien mérité (j'imagine) à terre, ici en Atlantique Sud, pas de répit : une course de vitesse est engagée. Ça ne va pas être facile avec ces pelles à feu anglaises ; mais çà fait plus de soixante jours que çà dure ; la question est de savoir qui peut mener sa barque à vent pour cent ? On va bénéficier d'un bon flux qui va nous propulser pendant plusieurs jours vers le nord nord-est. C'est toujours bon à prendre.
A bord de ma véranda , la fée du logis est passée ; écoper les fonds de ballast, ranger le matériel du bon coté et ramener les voiles du fin fond de l'arrière du bateau vers le milieu. Le barbier est passé également ; j'ai annulé le coiffeur, il avait trop peu d'expérience ! Je n’avais pas vraiment confiance. On a fait le compte de ce qui reste à manger et je crois que je peux inviter mes deux compatriotes d’outre Manche quand ils veulent. Belle journée ensoleillée ; la température remonte très vite. » Arnaud Boissières, Akena Vérandas, par courriel cette nuit.
Le dimanche 18 janvier 2009 à 19:45Quelques algues pour Thompson
Message envoyé par Brian Thompson (Bahrain Team Pindar)
« Nous avons eu de superbes conditions de navigation sur Bahrain Team Pindar cet après-midi, car le vent est enfin arrivé et il va nous propulser vers l'arrivée ou au moins jusqu'à Buenos Aires. Pendant la nuit, j'ai réussi à réparer le problème de moteur, qui venait de l'embrayage entre le moteur et la pompe hydraulique. Il surchauffait et c'est pour cela que cela sentait le brûlé. Afin de le réparer, il fallait écarter l'embrayage du moteur avec une cale de 2mm. Je travaille aussi sur le système de communications Iridium et sur l'éolienne. Les panneaux solaires marchent à fond sous le soleil du Sud. Je voudrais bien examiner les systèmes d'énergie alternative sur ce bateau, car pour un long voyage comme le Vendée Globe, cela réduit le poids et améliore notre empreinte carbone. Avec les panneaux solaires de la dernière génération, des éoliennes et un hydro-générateur, cela pouvait fournir toute l'énergie dont on a besoin. Cela va être intéressant de voir notre consommation de fioul, car je pense avoir embarqué à peu près la moitié de ce que l'on retrouve sur les autres bateaux. J'ai dû m'arrêter pendant une vingtaine de minutes pour libérer des algues de la quille et du safran sous le vent. J'ai vu des laminaires s'éloigner du safran et un petit peu de la quille, mais avec l'endoscope j'ai vu qu'il en restait notamment autour du voile de quille. Je pensais qu'il fallait que je plonge dans une eau à 9 degrés, mais en remontant le vent et en passant à tribord, je m'en suis débarrassé et en contrôlant, j'ai vu que tout était parti. »
Le dimanche 18 janvier 2009 à 17:32Sam Davies heureuse
Message de Samantha Davies (Roxy) reçu aujourd’hui :
« Salut tout le monde!
La journée d’hier a été paisible dans l’Atlantique Sud. Avec un vent léger et une mer plate, le pont est resté sec et Roxy naviguait avec la grand-voile et le Solent pour la première fois depuis des semaines ! C’est tellement agréable d’aller sur le pont sans ciré et bottes et de bouger sans risquer de perdre l’équilibre !
J’ai réussi à me reposer, avancer ma liste de choses à faire et faire un petit peu de matelotage. J’ai aussi passé beaucoup de temps à éplucher mes fichiers météo, aucun n’indique la même chose. J’en ai conclu que les prochains jours allaient être compliqués, frustrant et que nous allions sûrement naviguer à petite allure. Je dois croiser les doigts et prier pour qu’il y ait du vent et me fier à mon instinct. La journée n’a certainement pas été une journée de solitude vu que j’ai été soulagé d’avoir des nouvelles de Dee, Cali (par mail) et Brian (par téléphone) après leur expérience vécue dans la tempête au Cap Horn. J’ai également « chaté » avec Steve White. Le plus surprenant de la journée, c’est l’e-mail de Léopard – Mike Slades que j’ai reçu. Il est en train de faire la course Cap Town – Salvador et il a croisé mon chemin à une petite centaine de milles au nord ! Quelques-uns de mes bons amis d’enfance du Solent (Iles de Wight) sont à bord et c’était sympa d’avoir de leurs nouvelles et lire leur hilarant carnet de bord. C’est juste pour montrer que c’est un petit monde (même si ça va me prendre 3 mois pour en faire le tour).
Maintenant Roxy glisse, heureux, sous une nuit étoilée et je vais programmer mon réveil et dormir 90 minutes pendant que les conditions le permettent…
Bonne nuit.
Sam »
Le dimanche 18 janvier 2009 à 16:14Confiant, avec modération
« Ça va comme un dimanche matin, j'étais en train de faire le ménage. L'intérieur, pas le pont, lui il se débrouille avec les paquets de mer qui le balayent. Ça m'a permis de faire l'inventaire des forces en présence. Pour l'écart avec Bilou, vous ne voulez pas me croire quand je dis des choses vraies ! Le problème c'est qu'en voile, en comparant le temps, il faudrait en plus tenir compte de la trajectoire, ou alors il faudrait qu'on passe tous au même endroit. Nous, on a les outils qu'il faut pour comparer et... vous les avez aussi d'ailleurs ! Là, je suis plus rapide que Bilou, donc l'écart va encore se creuser un petit peu, puis je vais ralentir en arrivant dans le Pot-au-noir. Ça devrait passer comme une lettre à la poste, mais ce sera peut-être un peu plus dur que ça. On n'a pas une situation très académique et il sera peut-être un peu meilleur pour Bilou. De ce que j'en comprends - parce que je n'ai jamais été très inspiré à cet endroit là - d'après les photos satellites que j'ai récupérées avec mon antenne, il est très bordélique et pas vraiment de saison. Mais il y aura peut-être moins d'air dedans que prévu... Par contre derrière, il y a les Alizés qui nous attendent et ça risque d'être musclé. A l'entrée dans l'Atlantique Nord, on va devoir faire une grande boucle par l'Ouest des Açores, ce qui n'est pas une position stratégiquement très complexe. Il n'y a pas de passage dans l'Est, donc ça devrait être évident et sans impondérable. D'ici là, il faut faire attention à ne pas faire de conneries, car sur ces grands bateaux, c'est vite arrivé. On prévoit une arrivée pour le 1er février, on va voir comment ça va se passer. Il y a des choses qu'on ne m'enlèvera pas : notamment, tout ce que j'ai fait jusqu'à présent, mais ce serait bien d'aller jusqu'au bout de la démarche. Après, la vie est faite d'impondérables : je suis seul sur mon bateau, je ne peux pas avoir l'œil partout... J'ose espérer que ce ne sera pas un problème technique. Pour le moment, Je n'ai pas de lumière orange, je n'ai que des lumières vertes. Je ne suis pas excessivement confiant, mais ça roule. » Michel Desjoyeaux, Foncia, à la vacation de 11h30.
Le dimanche 18 janvier 2009 à 14:59Chasse au Desjoyeaux ouverte jusque début février
« C'est dur, là. Je pensais que je rentrais dans le bon wagon, puis Mich' est parti et moi je suis resté. Un mauvais dimanche... Enfin, je n'ai pas à me plaindre, on est dans un beau pays. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir et j'ai jusqu'à l'arrivée pour aller le plus vite possible. Ce qui sous-entend, aller plus vite que l'autre, mais ça va être dur. Pourtant, le Pot-au noir va être plus éprouvant pour lui que pour moi. Bien sûr, l'écart commence à compter, mais je ne vais pas me pendre dans mon bateau, je vais faire comme si je pouvais gagner jusqu'au bout. Ce matin, il y a eu une rupture du système et il a fallu ramasser de la toile un peu vite. En fin de nuit, j'ai eu un grain à presque trente nœuds et depuis, grosse pétole. Je louvoie entre des lignes de grains et entre les grains, il n’y a rien ! J'espère que ça ne va pas durer la journée entière, car dans ces températures là, c'est rude de rester les trois-quarts du temps sur le pont. J'ai eu deux superbes arc-en-ciel, le demi-cercle complet, pas trop de mer et un peu de poissons volants. Ils ne sont pas encore tombés sur le pont, mais j'ai préparé mon citron. Pour la suite ? La chasse au Desjoyeaux est ouverte jusqu'à février, après on ferme, mais on la fera jusqu'au bout. » Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h30.
Le dimanche 18 janvier 2009 à 14:21Ménage à trois
« Là, ça va, le temps est beaucoup plus clément qu'il y a quelques jours. Tu fais du Nord, même si c'est encore super long, tu vas vers l’Europe ! Mes manœuvres durant la tempête ? On a fait ça en liaison avec la direction de course et les deux coureurs qui étaient avec moi. On a joué la sécurité, c'est quand même une histoire qui se termine plutôt bien. Le fait d'avoir Brian (Thomson) devant et Dee (Caffari) derrière, ca met du piment, même pour eux. Je pense que c'est bien, on a une dynamique à nous. On s'est beaucoup écrit pendant le coup de vent. Brian (Thomson) a été très sympa, il nous a donné les conditions qu'il avait, car il était devant nous.... Sinon, j'ai croisé des pêcheurs hier soir, là où je ne m'y attendais pas, c'était génial. Le ciel est maintenant assez chargé, c'est gris et il pleut un petit peu. Mais j'ai changé mes bottes de légionnaire contre des bottes de danseuse, c'est quand même plus agréable ! Aujourd’hui, j'ai fait le tour du propriétaire, ,j'ai un peu de boulot : un peu d'écopage à faire à droite à gauche et un peu de bricolage aussi. J'ai cassé un taquet de lazy jack, mais sinon, tout à l'air clair. Le check passe aussi par un tour dans le mât ; j'attends des conditions plus clémentes pour faire un tour dans le gréement. » Arnaud Boissières, Akena Verandas, à la vacation de 11h30.
Le dimanche 18 janvier 2009 à 09:15Grand-voile affalée pour Steve
"Tout va bien à bord, mais mon chariot de têtière est cassé et j’ai dû affaler la GV, ce qui explique mon ralentissement. Il est coincé au niveau des barres de flèche, et je ne peux pas monter là-haut pour le moment pour des raisons évidentes......." Steve White, Toe in the Water, par courriel, hier au soir.
Le dimanche 18 janvier 2009 à 08:41Punition pour Rich Wilson
"Le bateau subit une vraie punition avec une mer croisée et des creux de sept mètres. Le mouvement du bateau est violent, ce qui rend la vie dangereuse sur le pont et également dangereuse à l'intérieur. Il faut s'accrocher tout le temps. J'ai modifié l'angle de la quille pour que le bateau retombe sur son flanc plutôt que sur son fond et cela semble le soulager. Avant d'entrer dans le compartiment il fallait mettre le casque, car j'aurais pu voler dans cet espace. Je n'ai dormi que deux heures depuis 40 heures, car j'étudie les instruments afin d'essayer de trouver les moyens de faire face à cette offensive. La mer est énorme et désordonnée et régler les voiles ne change en rien cela." Rich Wilson, Great American III, dans son carnet de bord hier soir
Le dimanche 18 janvier 2009 à 08:20Nuit caline
« Nuit intéressante derrière l’île des Etats pendant la tempête de nord. Les deux premières heures, ce fut relativement calme avec vingt noeuds de vent et le bateau confortablement calé entre deux îles granitiques avec juste quatre ris dans la grand-voile. Ensuite les nuages se sont accumulés, la pluie a commence et le vent est monté. J’ai alors démarré en aller et retour sous le vent de l’île pour chercher l’endroit le plus abrité.
J’ai certainement trouvé l’endroit le plus venté de l’île avec des vents rabattants à plus de 50 nœuds. Je me suis échappé de cet endroit en pilotant sous une pluie battante si drue que le radar ne pouvait plus distinguer les contours de l’île. Je me suis référé aux traces antérieures du bateau pour ne pas risquer de toucher l’île. J’ai finalement trouvé un endroit sous le vent de l’île où le vent ne soufflait qu’à trente nœuds. En restant sous grand-voile à quatre ris seule, j’étais dans une position idéale. Ma dérive était compensée par un courant qui me ramenait vers l’île.
Le baromètre est descendu jusqu’à 963 hpa, ce qui est très profond. J’ai branché l’alarme de vent et je me suis accordé une petite sieste. Quand le vent est rentré du sud-ouest, j’ai décidé de faire route : hors de l’abri de l’île, le vent est monté rapidement à 45 nœuds. La grand-voile à quatre ris était parfaite dans cette mer courte générée par les précédents vents de nord. La journée s’est ensuite passée à faire route vers les Falklands à bonne vitesse avec une mer évaluée à sept mètres de creux malgré un fetch de moins de 200 milles depuis les côtes de Patagonie. » Brian Thompson, Bahrain Team Pindar, par courriel cette nuit.
Le samedi 17 janvier 2009 à 19:54Déterminée à finir...
"C'est super de mettre le cap au nord. Nous avons encore 35 nœuds de vent et beaucoup de pluie. A chaque grain, le vent se lève de nouveau à 40 nœuds, mais normalement cela devrait mollir à 25 /30 nœuds. On savait que la tempête allait être grosse et méchante. Avec Akena, nous avons néanmoins eu un passage agréable sur le plateau continental lors du passage du Cap Horn. Le vent de sud-ouest caillait, mais on n'a pas vu de vents de plus de 55 nœuds. Nous avons donc pris la bonne décision et avons tous réussi notre passage, avant de remonter vers le nord. J'étais avec Akena et nous étions au près et je me disais : "Incroyable ! Je ne veux pas passer le Horn au près, ce serait fou." Le Cap Horn mérite bien sa réputation. Nous avons eu droit à une tempête. Enfin, Arnaud sur Akena a pu fêter son passage du Horn. J'espère retrouver la vitesse jusqu'à la prochaine déchirure, mais je suis déterminée à rentrer à la maison. Rester en course est déjà un succès en soi, étant donné le taux d'abandon." Dee Caffari, Aviva, à la vacation de 11h30
Infos précédentes :
- Le 17 janvier 2009 à 18:35 : Cause toujours...
- Le 17 janvier 2009 à 17:59 : Conditions chaotiques
- Le 17 janvier 2009 à 17:31 : Casse-bateaux
- Le 17 janvier 2009 à 09:28 : Vivement 2012 pour Steve
- Le 17 janvier 2009 à 07:22 : « Mot de la nuit, maux de l’ennui »
- Le 17 janvier 2009 à 06:25 : « Une journée extraordinaire »
- Le 16 janvier 2009 à 16:12 : Dinelli tout proche de Sedlacek
- Le 16 janvier 2009 à 14:44 : Boissières cap-hornier
- Le 16 janvier 2009 à 13:14 : Bilou confiant dans sa réparation
- Le 16 janvier 2009 à 12:01 : Beaucoup plus chaud qu’en France












