« C'est incroyable, depuis six jours, on est au près serré dans le Pacifique Sud et on n’avance pas. Depuis la Nouvelle-Zélande, ça a été : anticyclone, pétole après pétole, puis de grandes houles, venues de la dépression qu'avait prises notre ami américain devant. C'est vraiment le tour du monde à l'envers. On espère retrouver des conditions plus portantes... Il fait beau d'accord, mais c'est surtout le temps qu'on perd par rapport aux autres qui importe. Être bord à bord, c'est sympa, on se remet un peu dans le match et on fait attention à ne pas se rentrer dedans. Niveau sécurité, c'était un petit peu l'objectif qu'on avait vu avec Denis Horeau (directeur de course). Norbert est très content. Dès qu'il me voit, il m'appelle, c'est agréable et c'est vrai qu'au niveau sécurité, c'est nettement mieux. On prend des photos, des vidéos. Après deux mois sans voir personne, c'est très rassurant. De toute façon, la situation est exceptionnelle, et va forcément évoluer. Le but est de rester ensemble, mais forcément il va y avoir des écarts. On n’a pas les mêmes bateaux et il y aura des différences de vitesse. La dernière porte, je la passe dans cinq ou six jours. Après, c'est le Horn. » Raphaël Dinelli, Fondation Océan Vital, à la vacation de 11h30.
A la uneBrèves
Un peu trop Pacifique pour Dinelli
19.01.2009
Langouste remonte-moral
19.01.2009« Ça va doucement, sur Roxy... Je ne suis pas trop contente. C'est un peu frustrant, mais je ne peux pas faire mieux. Il y a une grosse bulle sans vent et je ne peux passer ni à gauche, ni à droite. Marc arrive avec du vent : je n'ai plus rien ici, mais j'essaye de naviguer au mieux. Je n'ai plus beaucoup d'avance sur lui, ça va être la course. J’ai mangé mon repas de Noël, hier… On a eu jusque là des conditions tellement dures, avec le bateau qui bouge beaucoup... Puis hier, c'était la première fois où Roxy était assez tranquille, pour pouvoir cuisiner une bonne bisque de langouste ! En même temps, comme j'étais déprimée avec la vitesse, je me suis dit que ça allait me faire du bien de manger. Puis, j'ai buté sur une dépression orageuse qui passait devant : j'avais de petits espoirs d'attraper du vent, mais elle est passée trop vite. Cette nuit et demain, il y en aura encore, mais ça va être compliqué de passer d'un vent plutôt ouest à un vent plutôt est. J'ai aussi eu un bon moment, assez calme, avec les voiles qui claquent et un peu de houle résiduelle. Du coup, j'en ai profité pour monter très, très vite en haut du mât. Comme on ne fait pas ça tous les jours, j'ai pris des photos depuis la deuxième barre de flèche ! » Samantha Davies, Roxy, à la vacation de 11h30.
La boutique du Vendée Globe, ouverte 24h/24
19.01.2009Habillez vous aux couleurs du Vendée Globe pour les arrivées ! La boutique en ligne du Vendée Globe est ouverte 24h/24, accès via le logo Boutique dans la colonne de droite de la page d'accueil.
C'est tous les jours Noël
19.01.2009« Comme prévu, cette journée fut marquée par les tous petits airs. Je pense que j’ai battu mon record de lenteur avec une vitesse moyenne de 2,78 nœuds sur quatre heures. Je n’en suis pas spécialement fière. C’était frustrant et très, très fatiguant d’essayer de garder le plus de vitesse possible dans ces conditions. Impossible de faire la sieste…
Quand la houle s’est calmée, j’ai grimpé en tête de mât pour faire un inventaire rapide. D’autant plus rapide que les voiles qui battaient ne me facilitaient pas la tâche. Mais tout ce que je voulais vérifier était ok, ce qui est rassurant. Une fois revenue sur le pont, le vent s’est mis à rentrer. Aussi j’ai du empanner rapidement puis passer du code zéro au gennaker. Autant dire que je suis rincée…
Et maintenant, le meilleur pour la fin : j’ai pris mon diner de Noël hier au soir. Finalement, la mer était suffisamment calme pour que je puisse me cuisiner la bisque de langoustines spéciale que m’avait préparée Romain pour l’occasion. Un délice, accompagné de croutons aux algues et de rouille, même si la présentation laissait à désirer dans sa boite tupperware. Au dessert, j’ai pu prendre un rocher au chocolat juste à la bonne température. Je me demande si j’aurai encore l’occasion de manger du chocolat avant qu’il ne fasse trop chaud. Je serai très déçue de finir avec encore du chocolat non consommé… » Sam Davies, Roxy, par courriel cette nuit.
Fée du logis
19.01.2009« En ce dimanche de repos pour vous bien mérité (j'imagine) à terre, ici en Atlantique Sud, pas de répit : une course de vitesse est engagée. Ça ne va pas être facile avec ces pelles à feu anglaises ; mais çà fait plus de soixante jours que çà dure ; la question est de savoir qui peut mener sa barque à vent pour cent ? On va bénéficier d'un bon flux qui va nous propulser pendant plusieurs jours vers le nord nord-est. C'est toujours bon à prendre.
A bord de ma véranda , la fée du logis est passée ; écoper les fonds de ballast, ranger le matériel du bon coté et ramener les voiles du fin fond de l'arrière du bateau vers le milieu. Le barbier est passé également ; j'ai annulé le coiffeur, il avait trop peu d'expérience ! Je n’avais pas vraiment confiance. On a fait le compte de ce qui reste à manger et je crois que je peux inviter mes deux compatriotes d’outre Manche quand ils veulent. Belle journée ensoleillée ; la température remonte très vite. » Arnaud Boissières, Akena Vérandas, par courriel cette nuit.
Quelques algues pour Thompson
18.01.2009Message envoyé par Brian Thompson (Bahrain Team Pindar)
« Nous avons eu de superbes conditions de navigation sur Bahrain Team Pindar cet après-midi, car le vent est enfin arrivé et il va nous propulser vers l'arrivée ou au moins jusqu'à Buenos Aires. Pendant la nuit, j'ai réussi à réparer le problème de moteur, qui venait de l'embrayage entre le moteur et la pompe hydraulique. Il surchauffait et c'est pour cela que cela sentait le brûlé. Afin de le réparer, il fallait écarter l'embrayage du moteur avec une cale de 2mm. Je travaille aussi sur le système de communications Iridium et sur l'éolienne. Les panneaux solaires marchent à fond sous le soleil du Sud. Je voudrais bien examiner les systèmes d'énergie alternative sur ce bateau, car pour un long voyage comme le Vendée Globe, cela réduit le poids et améliore notre empreinte carbone. Avec les panneaux solaires de la dernière génération, des éoliennes et un hydro-générateur, cela pouvait fournir toute l'énergie dont on a besoin. Cela va être intéressant de voir notre consommation de fioul, car je pense avoir embarqué à peu près la moitié de ce que l'on retrouve sur les autres bateaux. J'ai dû m'arrêter pendant une vingtaine de minutes pour libérer des algues de la quille et du safran sous le vent. J'ai vu des laminaires s'éloigner du safran et un petit peu de la quille, mais avec l'endoscope j'ai vu qu'il en restait notamment autour du voile de quille. Je pensais qu'il fallait que je plonge dans une eau à 9 degrés, mais en remontant le vent et en passant à tribord, je m'en suis débarrassé et en contrôlant, j'ai vu que tout était parti. »