« C'était une grosse déferlante dans les mers du Sud, pendant une des plus grosses dépressions qu'on a eu sur ce Vendée Globe. Elle m'a cassé le roof, le safran, et une cloison structurelle. Le bateau n'est pas resté très longtemps couché, à peu près une minute, juste le temps de réaliser si on est à l'endroit ou à l'envers. Enfin, quand on a de l'eau dans le bateau, on sait que ce ne sont pas des conditions normales. Jusque-là, c'était une course maîtrisée, une belle descente de l'Atlantique, puis arrivé dans les mers du sud, j'avais pour objectif de ne pas forcer sur le matériel pour préparer la remontée de l'Atlantique. Mais c'est la loi du grand Sud, la loi du Vendée Globe... On ne peut pas faire des bateaux plus solides, c'est juste qu'on navigue dans des conditions dantesques, dans 120 à 130 km/h de vent, des tempêtes d'hiver breton tous les jours ! Nous on s'y habitue, mais ce jour-là, je me suis dit que ça commençait à être gros : des rouleaux de trois ou quatre mètres posés sur dix mètres de houle, ça fait treize mètres de creux et quand la déferlante s'abat, ce sont des tonnes d'eau qui arrivent sur le bateau. Dans 99% des cas, on arrive à surfer sur la vague, mais cette fois ci, c'est la vague qui a surfé sur nous... » Sébastien Josse, BT, à la vacation de 11h30, en direct du PC Course.
A la uneBrèves
Le récit de Sébastien Josse
23.01.2009
Joyeux anniversaire lady Dee !
23.01.2009Aujourd’hui, 23 janvier, la navigatrice britannique Dee Caffari (Aviva) fête ses 36 ans. On lui souhaite un peu de vent au large du Brésil pour tenter de résister à l’échappée de son compatriote Brian Thompson, plus rapide qu’elle cette nuit. Et un dénouement heureux pour la réparation de sa grand-voile !
Calme plat sur les ondes
23.01.2009Certains marins ont l’habitude d’expédier au coeur de la nuit quelques messages à la direction de course. Ce vendredi matin, c’est calme plat ou presque, comme si les navigateurs qui expérimentent pour la plupart une météo contrariante, étaient pris de torpeur. Seuls Rich Wilson (Great American III) et Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) ont pris la plume, ou plutôt le clavier, pour raconter leurs ennuis. Hier, le skipper américain vétéran du Vendée Globe, a dû monter dans son mât pour libérer une bastaque emmêlée au niveau du deuxième étage de barre de flèche. Une opération exténuante, effectuée dans des eaux calmes, pendant sa descente vers le cap Horn. De son côté, l’Autrichien Sedlacek semble consacrer beaucoup de temps à résoudre des soucis techniques. Après être venu à bout de son système de bascule de quille (système manuel, rappelons-le), Norbert doit désormais faire face à des problèmes d’électronique, et notamment ses indicateurs de vent, qui semblent selon lui, hors service.
Safran reconduit son partenariat
22.01.2009Aujourd’hui, le groupe Safran a annoncé qu’il poursuivait son partenariat avec Marc Guillemot jusqu’en 2012… Une excellente nouvelle pour le skipper Trinitain, joint ce soir à l’occasion de « l’hebdo du Vendée Globe », l’émission de radio animée tous les jeudis par Pierre Louis Castelli. Encalminé à proximité des côtes brésiliennes, « Marco » renouait bien malgré lui avec la civilisation. « Je suis entouré de plates-formes pétrolières et de bateaux de pêche. Tout à l’heure, je me suis pris une ligne dérivante. J’avançais à 10/11 nœuds et quand les pêcheurs m’ont vu, ils se sont mis à crier à la VHF et ont commencé à me courser ! Ensuite, j’ai dû en longer une pendant au moins deux milles. Il fait chaud, le ciel est lourd et malheureusement, il n’y a pas de pression. J’avoue que ce matin, j’étais d’une humeur de cochon ! »
Cours d’histoire-géo
22.01.2009« C'est grand le Brésil !! On m'avait appris cela en cours d'histoire-géo à l'époque du collège mais cela ne m'avait pas vraiment marqué plus que ça. Faut dire que ce n’était pas ma matière préférée. Enfin bon aujourd'hui et depuis plusieurs jours, ça se confirme ! Surtout quand l'alizé brésilien est faible... Pas facile de quitter l'hémisphère Sud ! En plus devant l'étrave de Brit Air se profile le Pot au Noir avant de basculer de l'autre coté de l'équateur. Encore quelques heures difficiles en perspectives sur le pont avant de gagner son ticket pour l'Atlantique Nord et la remontée vers les Sables d'Olonne ! J’en profite donc pour me reposer et bien checker le bateau. Je n’ai pas oublié non plus de mettre une petite bouteille de champagne de coté pour Neptune pour le passage de l'équateur. Je commence aussi à faire l'inventaire de ce qu'il me reste à bord en consommable : nourriture, gasoil, gaz, dentifrice, paires de chaussettes propres pour des jours plus frais, etc... Allez moins de 4 000 milles avant le chenal des Sables: on ne lâche rien ! Merci encore à tous mes supporters pour les nombreux messages qu’ils me font parvenir : c'est énorme !!! À bientôt. » Armel Le Cléac’h (Brit Air) par mail.
Sortie du trou
22.01.2009« Ça va mieux parce que j'ai enfin réussi à sortir du trou, au bout de deux jours... Roxy glisse doucement, mais au moins il glisse au soleil et vers le Nord. En fait, j'ai 10 nœuds de vent. Je suis au près et derrière moi, des nuages noirs me suivent et j'espère qu'il ne vont pas me rattraper. J'ai passé encore la nuit à essayer de trouver ce qu'il y aurait à contourner, avec les photos satellites, puis je suis sortie dehors, sous la pluie tropicale ! Comparé à la trajectoire de Marc, je suis toujours contente d'être un peu écartée de la côte. Puis, quand on atteindra les alizés, j'aurai un meilleur angle. Enfin, les prévisions ne sont pas toujours exactes et c'est un peu compliqué de savoir ce qui va se passer au niveau du vent. » Samantha Davies (Roxy) à la vacation radio de midi