« Sur le papier, tout va bien, ça accélère. Sauf que je suis dans la description que Michel Desjoyeaux a faite ces derniers jours : le terrain est sacrément cabossé. Je vogue à 25/30 nœuds sur une mer qui n’est pas rangée. C’est douloureux pour le bateau ainsi que le skipper. C’est même bien pénible. Je ne peux pas tenter autre chose que tenir debout. Je regarde toujours du coin de l’œil mes réparations, voir si elles tiennent. Pour la carte postale, la nuit est étoilée. Le jour, les nuages arrivent. La mer est coriace, avec des alizés bien costauds. Grosso modo, on a du vent croisé. Parfois je me retrouve contre la mer. Je ne pense pas trop à l’arrivée. Je n’ai pas envie d’y penser. Elle arrivera bien assez tôt. Je me dis qu’en ce moment, je vis les deux dernières semaines d’un long parcours et d’un long projet. Dans les 500 derniers milles, on sent la terre… » Roland Jourdain (Veolia environnement) à la vacation de 11h00
A la uneBrèves
Mer coriace
24.01.2009
Peau de bébé
24.01.2009« En ce moment, j’aperçois un beau lever de soleil. Cela contraste avec la nuit qui a été particulièrement agitée. La mer n’était pas organisée. C’était un temps à grains. A un moment, comme il n’y avait que 15 nœuds de vent, j’ai failli envoyer de la toile. Heureusement que je ne l’ai pas fait car le vent a grimpé à 26 nœuds. Donc j’étais très bien avec la trinquette et une voile à deux ris. Alors que je vous parle, les conditions sont molles. J’ai 18/20 nœuds de vent. Dans les prochains jours, je pense que ça va continuer à faiblir, peut-être jusqu’au 26 janvier au matin. Comme il y devrait y avoir de la houle, je me mettrai sous gennaker. Je serai sous la bordure anticyclonique des Açores. J’empannerai alors pour mettre cap au Nord ou j’accrocherai au flux Nord-Ouest... A voir ! Dans le bateau ça bouge beaucoup. A tel point que depuis là où je roupille jusqu’au cockpit, il faut se tenir, s’accrocher au winch. Ça secoue. A 15 nœuds de vitesse quand on prend des vagues, c’est assez dynamique. Sous la casquette, je suis relativement peinard pour faire les réglages. J’enfile mon ciré et mes bottes. Il faut savoir que, même lorsqu’il fait chaud, je garde mon ciré. L’eau salée est l’ennemi du skipper. A bord, il n’y a pas d’eau courante pour se rincer… Et ça use la peau des fesses ! » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h00
La musique adoucit les mœurs
24.01.2009Message de Sam Davies reçu ce matin : « Salut tout le monde ! Après un autre jour d’agonie dans les calmes, j’espère vraiment pouvoir enfin attraper les alizés d’Est. Le vent n’est pas conforme à ce que dit la météo et au lieu d’avoir 10 à 15 noeuds de vent, je me suis retrouvée toute la journée (de vendredi) avec 2 à 4 nœuds. Comme vous pouvez l’imaginer, ça a été dur pour le moral d’autant que des milles se sont évaporés entre Roxy et les autres qui continuent d’avancer. Alors je me suis fait une session musique sur mon Ipod pour oublier ma frustration…Je me suis retrouvée dans le cockpit, à chanter à tue-tête. Mais ça reste privé, vous n’aurez rien en vidéo ! Ce genre de truc, c’est vraiment très bon pour le moral. Je pense que je vais embarquer du matériel de karaoké pour mon prochain Vendée Globe. »
Les remerciements de Rich Wilson
24.01.2009Après son ascension (éreintante) dans le mât de Great American III, Rich Wilson, le vétéran de ce Vendée Globe actuellement à 500 milles du cap Horn, tenait à rendre quelques hommages dans un petit message envoyé ce matin : « Merci à Hugues Riousse pour ses conseils sur le matériel de descente, à Pierre pour son harnais de parapente, à Trip Lowell pour ses genouillères de hockey, à Scott Hamilton pour ses mousquetons, à Bob Shotwell pour le leatherman, et à Jack Boye pour le casque. Ça a été un grand moment pour moi !"
Temenos chargé sur un cargo
23.01.2009
Trois semaines après l’arrivée de Temenos II à Fremantle (Australie), le plan Owen Clarke a été chargé sur un porte container en route pour la Malaisie. Le monocoque sera ensuite chargé sur un second cargo qui partira pour Le Havre fin janvier. « Avec les équipes de Mike (Golding) et de Loick (Peyron), on a choisi de mettre nos forces en commun. C’est ainsi que le "Gitanover" a vu le jour ! Tous ensemble on se consacrait à un bateau puis l’autre, ça nous a permis d’être beaucoup plus efficace. On a effectué un gros travail de démontage et de préparation en vue du chargement des bateaux. Les bateaux vont effectuer un demi-tour du monde, on a essayé de les protéger au maximum avec des étuis, des bâches, des mousses de protection. ?Le chargement à bord du Maersk Garonne s’est très bien passé, les dockers australiens ont pris le plus grand soin de nos bateaux.?Le bateau va arriver au Havre le 15 février, le mât et la coque seront chargés sur deux camions et regagneront La Rochelle en convoi exceptionnel. »?précisait Dominique Wavre (Temenos II).
Mer et vent contraires
23.01.2009« Je remonte au vent plus longtemps que prévu. C’est assez douloureux avec un vent de nord-est à une force que le bateau n’apprécie guère, entre 20 et 22 nœuds. Au-dessus de 23 nœuds ça va. Mais là, c’est triste. On se fait ballotter sur une mer courte. Maintenant, nous sommes au largue, mais il y a de gros nuages, qui perturbent la brise, mais au moins on va dans la bonne direction ! Il semblerait qu’une dépression se forme au large du Brésil et cela devrait m’offrir plus de vent, mais pour le moment, c’est un peu aléatoire, car les prévisions évoluent tous les jours. Tout ceci est nouveau pour moi. On m’a conseillé de m’entraîner en parcourant le monde sur les cartes pendant les derniers hivers, mais je n’ai jamais eu le temps, car avec la maison et la famille, je passais mon temps à m’assurer que nous gardions le bateau et puis je courrais partout à la recherche de sponsors. A la fin, je serai content de ma course, mais pour le moment, je ne suis pas comme ça. Je ne suis jamais satisfait, surtout avec ma propre performance. » Steve White (Toe in the water) à la vacation radio de midi