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Le samedi 24 janvier 2009 à 13:57Killer Queen

Killer Queen

« Après une autre journée passée à vitesse réduite, j’espère vraiment que nous allons finir par accrocher les alizés à l’Est. Le vent refuse de faire ce que la météo prévoit, car à la place des 10-15 nœuds prévus, j’ai eu 2 à 4 nœuds toute la journée. Comme vous pouvez l’imaginer, c’est un peu dur pour le moral car je vois les milles s’envoler, Roxy bloqué ici et les autres filent à toute allure devant. J’ai écouté de la musique au crépuscule pour essayer d’oublier mes frustrations. J’ai découvert des bonnes musiques et parmi elles, des chansons du groupe « Queen », les meilleurs titres qui redonnent la forme : « the Show must go on » et « Killer Queen »… Je me suis fait un petit karaoké dans le cockpit à chanter à tue-tête. Moment très privé, désolée, pas de vidéo à l’appui ! C’est incroyable comme cela fait du bien à l’esprit. Je pense que j’emmènerais un karaoké pour mon prochain Vendée Globe. Maintenant, j’ai trouvé mes 10 nœuds de vent bien qu’au début cela a été dur car je suis passée dans des rafales avec plusieurs fois des changements de vent de plus de 100° (ne pas regarder mes traces de trop près !). Il fait noir et je suis sortie sur le pont régler les voiles pour la prochaine bourrasque et je me suis fait surprendre par un petit oiseau noir qui était posé sur la casquette du bateau à un mètre de moi. Je l’ai regardée et il me regardait… Puis il a fait un énorme bruit qui m’a fait un peu peur car normalement les oiseaux qui montent à bord sont plutôt timides et toujours très polis. Donc j’ai à mon tour fait un cri rauque, ce qui l’a fait un peu battre des ailes (j’étais aussi en train de remuer les bras) mais il est resté immobile, il continuait de me fixer comme s’il voulait me dire « retourne bosser et arrête de m’observer ». C’est ce que j’ai fait ! Mais je n’ai pas pu m’empêcher de lui mettre un gros faisceau de ma lampe torche dans les yeux, juste pour lui montrer qui est vraiment le chef ici !!!! » Samantha Davies (Roxy) par mail. 

Le samedi 24 janvier 2009 à 13:14Mer coriace

Mer coriace

« Sur le papier, tout va bien, ça accélère. Sauf que je suis dans la description que Michel Desjoyeaux a faite ces derniers jours : le terrain est sacrément cabossé. Je vogue à 25/30 nœuds sur une mer qui n’est pas rangée. C’est douloureux pour le bateau ainsi que le skipper. C’est même bien pénible. Je ne peux pas tenter autre chose que tenir debout. Je regarde toujours du coin de l’œil mes réparations, voir si elles tiennent. Pour la carte postale, la nuit est étoilée. Le jour, les nuages arrivent. La mer est coriace, avec des alizés bien costauds. Grosso modo, on a du vent croisé. Parfois je me retrouve contre la mer. Je ne pense pas trop à l’arrivée. Je n’ai pas envie d’y penser. Elle arrivera bien assez tôt. Je me dis qu’en ce moment, je vis les deux dernières semaines d’un long parcours et d’un long projet. Dans les 500 derniers milles, on sent la terre… » Roland Jourdain (Veolia environnement) à la vacation de 11h00 

Le samedi 24 janvier 2009 à 12:30Peau de bébé

Peau de bébé

« En ce moment, j’aperçois un beau lever de soleil. Cela contraste avec la nuit qui a été particulièrement agitée. La mer n’était pas organisée. C’était un temps à grains. A un moment, comme il n’y avait que 15 nœuds de vent, j’ai failli envoyer de la toile. Heureusement que je ne l’ai pas fait car le vent a grimpé à 26 nœuds. Donc j’étais très bien avec la trinquette et une voile à deux ris. Alors que je vous parle, les conditions sont molles. J’ai 18/20 nœuds de vent. Dans les prochains jours, je pense que ça va continuer à faiblir, peut-être jusqu’au 26 janvier au matin. Comme il y devrait y avoir de la houle, je me mettrai sous gennaker. Je serai sous la bordure anticyclonique des Açores. J’empannerai alors pour mettre cap au Nord ou j’accrocherai au flux Nord-Ouest... A voir ! Dans le bateau ça bouge beaucoup. A tel point que depuis là où je roupille jusqu’au cockpit, il faut se tenir, s’accrocher au winch. Ça secoue. A 15 nœuds de vitesse quand on prend des vagues, c’est assez dynamique. Sous la casquette, je suis relativement peinard pour faire les réglages. J’enfile mon ciré et mes bottes. Il faut savoir que, même lorsqu’il fait chaud, je garde mon ciré. L’eau salée est l’ennemi du skipper. A bord, il n’y a pas d’eau courante pour se rincer… Et ça use la peau des fesses ! » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h00 

Le samedi 24 janvier 2009 à 09:00La musique adoucit les mœurs

La musique adoucit les mœurs

Message de Sam Davies reçu ce matin : « Salut tout le monde ! Après un autre jour d’agonie dans les calmes, j’espère vraiment pouvoir enfin attraper les alizés d’Est. Le vent n’est pas conforme à ce que dit la météo et au lieu d’avoir 10 à 15 noeuds de vent, je me suis retrouvée toute la journée (de vendredi) avec 2 à 4 nœuds. Comme vous pouvez l’imaginer, ça a été dur pour le moral d’autant que des milles se sont évaporés entre Roxy et les autres qui continuent d’avancer. Alors je me suis fait une session musique sur mon Ipod pour oublier ma frustration…Je me suis retrouvée dans le cockpit, à chanter à tue-tête. Mais ça reste privé, vous n’aurez rien en vidéo ! Ce genre de truc, c’est vraiment très bon pour le moral. Je pense que je vais embarquer du matériel de karaoké pour mon prochain Vendée Globe. »
 

Le samedi 24 janvier 2009 à 08:06Les remerciements de Rich Wilson

Les remerciements de Rich Wilson

Après son ascension (éreintante) dans le mât de Great American III, Rich Wilson, le vétéran de ce Vendée Globe actuellement à 500 milles du cap Horn, tenait à rendre quelques hommages dans un petit message envoyé ce matin : « Merci à Hugues Riousse pour ses conseils sur le matériel de descente, à Pierre pour son harnais de parapente, à Trip Lowell pour ses genouillères de hockey, à Scott Hamilton pour ses mousquetons, à Bob Shotwell pour le leatherman, et à Jack Boye pour le casque. Ça a été un grand moment pour moi !"
 

Le vendredi 23 janvier 2009 à 19:41Temenos chargé sur un cargo

Temenos chargé sur un cargo

Trois semaines après l’arrivée de Temenos II à Fremantle (Australie), le plan Owen Clarke a été chargé sur un porte container en route pour la Malaisie. Le monocoque sera ensuite chargé sur un second cargo qui partira pour Le Havre fin janvier. « Avec les équipes de Mike (Golding) et de Loick (Peyron), on a choisi de mettre nos forces en commun. C’est ainsi que le "Gitanover" a vu le jour ! Tous ensemble on se consacrait à un bateau puis l’autre, ça nous a permis d’être beaucoup plus efficace. On a effectué un gros travail de démontage et de préparation en vue du chargement des bateaux. Les bateaux vont effectuer un demi-tour du monde, on a essayé de les protéger au maximum avec des étuis, des bâches, des mousses de protection. 
Le chargement à bord du Maersk Garonne s’est très bien passé, les dockers australiens ont pris le plus grand soin de nos bateaux.
Le bateau va arriver au Havre le 15 février, le mât et la coque seront chargés sur deux camions et regagneront La Rochelle en convoi exceptionnel. »
précisait Dominique Wavre (Temenos II).

 

Le vendredi 23 janvier 2009 à 18:10Mer et vent contraires

Mer et vent contraires

« Je remonte au vent plus longtemps que prévu. C’est assez douloureux avec un vent de nord-est à une force que le bateau n’apprécie guère, entre 20 et 22 nœuds. Au-dessus de 23 nœuds ça va. Mais là, c’est triste. On se fait ballotter sur une mer courte. Maintenant, nous sommes au largue, mais il y a de gros nuages, qui perturbent la brise, mais au moins on va dans la bonne direction ! Il semblerait qu’une dépression se forme au large du Brésil et cela devrait m’offrir plus de vent, mais pour le moment, c’est un peu aléatoire, car les prévisions évoluent tous les jours. Tout ceci est nouveau pour moi. On m’a conseillé de m’entraîner en parcourant le monde sur les cartes pendant les derniers hivers, mais je n’ai jamais eu le temps, car avec la maison et la famille, je passais mon temps à m’assurer que nous gardions le bateau et puis je courrais partout à la recherche de sponsors. A la fin, je serai content de ma course, mais pour le moment, je ne suis pas comme ça. Je ne suis jamais satisfait, surtout avec ma propre performance. » Steve White (Toe in the water) à la vacation radio de midi 

Le vendredi 23 janvier 2009 à 16:22Messages à Dee

Messages à Dee

La navigatrice britannique Dee Caffari a fêté son 36ème anniversaire le 23 janvier, à son 74ème jour de course autour du monde : elle a reçu des messages de soutien et d’anniversaire venant de toutes parts. À ce jour, Dee a reçu plus de 2300 messages de fans et supporters venant de la France à l’Italie en passant par la Suisse et le Canada. Mais Dee ne s’attendait pas à recevoir des souhaits de Joyeux Anniversaire de célébrités telles que Patrick Poivre d’Arvor et son héros olympique Sir Matthew Pinsent : « C’est tellement sympa de savoir que ces gens-là se sont souvenus que je suis ici et que c’est mon anniversaire. De savoir qu’ils fêtent ça avec moi fait énormément de bien au moral. Il semblerait que je passe beaucoup d’anniversaire, toute seule en mer alors c’est super de recevoir des messages de mes héros ! » 

Le vendredi 23 janvier 2009 à 15:31Pêcheurs du Brésil

Pêcheurs du Brésil

« J’ai navigué toute la nuit le long des côtes brésiliennes. Il fallait faire attention. De plus je suis entre les plates-formes et les pêcheurs. J’avais peur de m’endormir. Là, je suis fatigué mais je vais me remettre d’aplomb dans la journée. La zone n’est pas simple, mais en se rapprochant de la côte, le vent est monté à 23-24 nœuds, et il a fallu empanner de temps en temps. Si j’avais eu le choix, je serais plus au large, mais c’est la complexité du modèle météo qui fait que je suis là. J’ai été poursuivi hier par des pêcheurs brésiliens : j’entends crier à la VHS, je sors précipitamment et je vois un bateau de pêche à 50 mètres. Apparemment l’équipage n’était pas content, et je vois que je traîne une trentaine de flotteurs pris dans la quille et le safran. Dès que j’ai lâché les flotteurs, ils m’ont laissé, mais juste devant moi il y avait encore des flotteurs… et ça a duré sur 5 km. C’est dangereux pour nous, un vrai piège à bateau. L’alarme vient de se mettre en marche car il y a des bateaux ou un truc dehors. Ma stratégie pour demain, d’après les différents routages, sera de rester sur route proche de la côte, un peu moins de 40 milles. Comme ça je reste loin des plates-formes et je profite des vents portants. L’idéal pour se reposer serait de s’éloigner plus. J’ai affalé mon spi car j’ai peur de faire des bêtises… Il faut faire très attention pour gérer cette fatigue ». Marc Guillemot (Safran) à la vacation radio de 11h30 

Le vendredi 23 janvier 2009 à 14:15L’inconnue du Pot au Noir

L’inconnue du Pot au Noir

« Je ne suis pas encore en plein dans le Pot au Noir, mais on s’en rapproche. Encore une dizaine d’heures avant de rentrer dans cette zone de nuages et de vents erratiques. Mais pour l’instant, j’ai encore cet alizé qui me rapproche de Fernando de Noronha. Je vais encore avoir 200-250 milles dans des conditions difficiles avant d’attaquer l’hémisphère Nord. J’avais dit qu’il fallait attendre un peu pour mesurer l’écart réel entre moi et les autres. On fera un bilan à l’équateur. Je déclencherai mon chrono quand j’aurai accroché l’alizé du Nord. Il y a encore quelques pièges devant nous avant d’avoir des vents plus simple. Pour l’instant je ne me prends pas trop la tête même si je regarde les cartes en ce moment pour trouver le meilleur passage pour le Pot au Noir. Il y a une part théorie et une part pratique. Pour l’instant le ciel est bien dégagé, je regarde devant moi mais je ne vois pas de gros nuage. J’ai bien vu que je n’avais pas eu les mêmes conditions que ceux de devant, c’est comme ça : c’est la course au large, c’est la météo. Là j’avance à 9 nœuds. On est dans la dernière ligne droite, et c’est super sympa d’avoir des gens qui nous soutienne. Ça motive pour arriver encore plus vite et il faut continuer à mettre du charbon. Je n’ai plus de copain sur l’eau… non, je rigole. Il y a encore Samantha. Sinon je reçois pas mal de messages de la terre et j’envoie beaucoup de mail le soir ». Armel Le Cléac’h (Brit Air) à la vacation radio de midi