Vendée Globe

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SAILING/VENDEE GLOBE 2008/FONCIA

La messe est dite (ou presque)

25.01.2009

« Le vent a bien molli, entre 10 et 15 nœuds dans les rafales. C'est une belle journée, ce n'est pas désagréable que ça se calme un petit peu car on a bien cotisé ces jours derniers. J'ai du vent d'Est car je suis encore en bordure de l'anticyclone, mais j'ai un peu de chance : j'ai une petite poussée de Nord-Ouest qui arrive et qui va réduire un peu la cellule anticyclonique. Ça va me permettre de passer sans trop de douleur... L'arrivée, c'est sûr qu'on y pense, mais il peut se passer tellement de choses, je n'ose pas trop et disons que je cache ma joie. En ce moment, comme on est vent de travers, je devrais être avec toute la dérive en bas, mais je laisse la quille faire le boulot, comme ça si on a un objet flottant un peu dur, c'est la quille qui prendra et pas la dérive : je n'aurai pas de trou dans mon bateau. Voilà un peu les préoccupations du bord. Concernant un futur nouveau bateau, il y a des choses auxquelles j'ai pensé, eu égard à certains problèmes que j'ai à bord et qu'on essaiera d'améliorer tout en gardant le potentiel du bateau. Mais on va d'abord essayer de faire un peu évoluer Foncia : des petites touchettes à droite et à gauche, rien de fondamental, parce que je trouve que la machine va vraiment bien. C'est sûr que quand c'est son bébé, on ne trouve que des qualités et pas beaucoup de défauts. Le seul truc qui rendrait le bateau un peu plus confortable, ce serait de pouvoir voir devant quand on est à l'intérieur, c'est peut-être ce qui me manque le plus. Mais ce peu de confort, c'est aussi grâce à ça que le bateau est plus léger et ça a joué dans ma performance. Même si en y entrant on ne voit rien, au final, il n'y a rien qui manque. Je suis plus décontracté face à la performance et au classement : cela pris, sans aucune considération autre, je pense effectivement que la messe est dite. En plus, j'ai un enchaînement météo assez sympa qui m'attend. Les considérations de sécurité, on est obligé de les avoir, mais ce qui me détend, c'est d'avoir 500 milles d'avance en cas de souci technique. C'est trop con de faire un excès de zèle et de courir comme un dératé, je reste zen. » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h30. 

MARC GUILLEMOT / SAFRAN - START - 09/11/08

Dur Brésil

25.01.2009

« C'est fatigant en ce moment, surtout qu'au près, c'est la configuration la pire pour mon bateau avec les ailes coupées. Je ne suis pas très à l'aise pour remonter. On a touché un petit peu de vent depuis hier soir, mais je suis bien en dessous des prédictions. On a vraiment besoin d'une grand voile entière, c'est pénible et difficile... Mais on va le faire, il reste encore un petit peu de milles pour arriver jusqu'à Récife, puis au Pot au noir. J'ai gardé trois ris jusqu'à la hauteur de l'Uruguay et depuis, j'ai pu en remettre deux. Au large, ce n'est pas trop handicapant : avec les spis, les gennakers, en jouant avec les angles... Alors qu'à la côte et au près, il faut vraiment de l'appui. Une grand voile réduite, pour remonter un vent « medium », c'est difficile. J'ai dû faire deux empannages pour éviter des lignes de pêche. Après, alors que je n'avançais pas vite à cinq ou six nœuds , les pêcheurs sont venus me voir et m'ont indiqué de quel côté passer. Ils étaient ravis que je ne vienne pas dans leurs lignes dérivantes, et moi, de ne pas devoir refaire d'empannages. Je me suis un peu plus écarté de la côte : pas de pêcheurs, pas trop de cargos, c'est bien plus libre maintenant. Cette nuit j'ai pas mal écrasé et j'ai pu récupérer un petit peu, mais je suis encore crevé. J'ai eu une période un petit peu difficile pendant une ou deux heures, deux grains, le déluge, puis d'un coup, trois nœuds de vent... Il a tendance à revenir, et s'il reste stable, je vais pouvoir me reposer encore un peu plus : j'en ai besoin. » Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h30. 

ON BOARD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

Ambiance short et T-shirt

24.01.2009

« J’ai retrouvé un peu de vent hier en fin de journée. Là, j’ai entre 8 et 10 nœuds, j’essaye de faire route vers le Nord/Nord-Ouest. Quand tu regardes la place des autres (Brian Thomson et Dee Caffari), tu vois qu’ils m’ont mis quasiment 500 milles ! Ici, il fait relativement beau, je suis au près. Si ça évolue comme ça doit évoluer, ça risque d’être un peu galère donc je risque d’être au près pendant un petit moment. Mais ça reste de conditions clémentes. Moi, j’aime bien naviguer au près mais le bateau n’aime pas trop… Depuis les Malouines, c’est agréable, c’est ambiance short et T-shirt, il y a du soleil. Il faut en profiter car chez vous il ne fait pas si chaud que ça il parait !? Je me suis baigné pour vérifier la quille et enlever une grosse algue. Pour le ballon de foot, c’était quand j’étais à côté du Brésil, j’ai mis le maillot de foot avec le numéro 14 d'Akenas Véranda… A part ça, j’ai fait un peu de voile, j’essaye de pas mal barrer comme les conditions sont redevenues agréables. Le moral est bon. Le plus dur, c’était au début, j’étais à 4/6 nœuds tandis que les autres étaient dans un bon flux… Mais il reste encore plein de choses : le Pot au Noir, l’équateur, etc. » Arnaud Boissières (Akena Véranda) à la vacation de 11h30  

RAPHAEL DINELLI (FRA) / FONDATION OCEAN VITAL

Retour de la brise

24.01.2009

« C’est un peu plus sportif. Ça change mais positivement. Depuis le début du Pacifique, on a un énorme anticyclone, c’est une bulle énorme. Mais cap sur la prochaine porte, car là c’est sympa, c’est plein Ouest, on essaye de louvoyer au portant, puis hier soir c’est bien rentré. Sinon, on a eu une sorte de brouillard, je m’étais mis à 2 ris trinquette. De plus, ça faisait deux jours que je n’avais pas remis le ciré, c’était un peu imprévu. Maintenant, c’est le milieu de la nuit, je viens de remettre un peu de toile. Je suis à peu près à trois cent milles de la prochaine porte. J’espère que le temps va bien tenir car ça nous donnera une météo assez bonne pour le cap Horn. S’il se scinde en deux, on risque d’avoir de gros grains, mais s’il reste, ça ne me dérangerais pas. Avec Norbert (Sedlacek), il y a un petit match et c’est sympa. C’est sûr que ça fait un peu long quand tu marches à 7 nœuds et que ça fait dix jours que ça dure. On se dit que ce n’est pas possible ! Ca fait un peu long par 40° Sud quand t’es à 6/7 nœuds. Quand les conditions sont plus musclées, t’as un peu de stress, mais du stress sympa. Donc droit devant : la porte, le cap Horn puis la remontée et tout devrait aller bien. » Raphael Dinelli (Fondation Océan Vital) à la vacation de midi 

ON BOARD ROXY / SKIPPER : SAM DAVIES (UK)

Killer Queen

24.01.2009

« Après une autre journée passée à vitesse réduite, j’espère vraiment que nous allons finir par accrocher les alizés à l’Est. Le vent refuse de faire ce que la météo prévoit, car à la place des 10-15 nœuds prévus, j’ai eu 2 à 4 nœuds toute la journée. Comme vous pouvez l’imaginer, c’est un peu dur pour le moral car je vois les milles s’envoler, Roxy bloqué ici et les autres filent à toute allure devant. J’ai écouté de la musique au crépuscule pour essayer d’oublier mes frustrations. J’ai découvert des bonnes musiques et parmi elles, des chansons du groupe « Queen », les meilleurs titres qui redonnent la forme : « the Show must go on » et « Killer Queen »… Je me suis fait un petit karaoké dans le cockpit à chanter à tue-tête. Moment très privé, désolée, pas de vidéo à l’appui ! C’est incroyable comme cela fait du bien à l’esprit. Je pense que j’emmènerais un karaoké pour mon prochain Vendée Globe. Maintenant, j’ai trouvé mes 10 nœuds de vent bien qu’au début cela a été dur car je suis passée dans des rafales avec plusieurs fois des changements de vent de plus de 100° (ne pas regarder mes traces de trop près !). Il fait noir et je suis sortie sur le pont régler les voiles pour la prochaine bourrasque et je me suis fait surprendre par un petit oiseau noir qui était posé sur la casquette du bateau à un mètre de moi. Je l’ai regardée et il me regardait… Puis il a fait un énorme bruit qui m’a fait un peu peur car normalement les oiseaux qui montent à bord sont plutôt timides et toujours très polis. Donc j’ai à mon tour fait un cri rauque, ce qui l’a fait un peu battre des ailes (j’étais aussi en train de remuer les bras) mais il est resté immobile, il continuait de me fixer comme s’il voulait me dire « retourne bosser et arrête de m’observer ». C’est ce que j’ai fait ! Mais je n’ai pas pu m’empêcher de lui mettre un gros faisceau de ma lampe torche dans les yeux, juste pour lui montrer qui est vraiment le chef ici !!!! » Samantha Davies (Roxy) par mail. 

SAILING ROUND THE WORLD RACE VENDEE GLOBE 2008/2009

Mer coriace

24.01.2009

« Sur le papier, tout va bien, ça accélère. Sauf que je suis dans la description que Michel Desjoyeaux a faite ces derniers jours : le terrain est sacrément cabossé. Je vogue à 25/30 nœuds sur une mer qui n’est pas rangée. C’est douloureux pour le bateau ainsi que le skipper. C’est même bien pénible. Je ne peux pas tenter autre chose que tenir debout. Je regarde toujours du coin de l’œil mes réparations, voir si elles tiennent. Pour la carte postale, la nuit est étoilée. Le jour, les nuages arrivent. La mer est coriace, avec des alizés bien costauds. Grosso modo, on a du vent croisé. Parfois je me retrouve contre la mer. Je ne pense pas trop à l’arrivée. Je n’ai pas envie d’y penser. Elle arrivera bien assez tôt. Je me dis qu’en ce moment, je vis les deux dernières semaines d’un long parcours et d’un long projet. Dans les 500 derniers milles, on sent la terre… » Roland Jourdain (Veolia environnement) à la vacation de 11h00 

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