Vendée Globe

A la uneBrèves

Grosse session de bricolage pour Brian

27.01.2009

Message envoyé par Brian Thompson : “Bahrain Team Pindar a réussi à traverser la ligne de grains et remonte les côtes brésiliennes. Une remontée au près avec une brise de 6 à 13 nœuds, qui reste assez variable avec plus de grains que ce que l’on trouve habituellement dans ce coin. Mais au moins on avance correctement bien qu’irrégulièrement vers Les Sables. Le soleil de midi est au zénith et avec un ciel limpide, il faut éviter le coup de soleil. Mais cela ne va pas m’arriver car depuis dimanche je passe du temps à travailler sur l’alternateur, qui a surchauffé à cause du ventilateur endommagé. J’ai essayé de récupérer des pièces de l’ancien alternateur, et il ma fallu la plupart de la journée pour le démonter. Parallèlement, j’ai travaillé sur l’éolienne qui ne chargeait plus, mais je n’ai pas réussi à résoudre ce problème. Toutes ces réparations signifient que je ne suis pas concentré sur la progression du bateau et je réagis à ce qui se passé plutôt que d’anticiper. Par exemple, je laisse travailler le pilote, sauf dans les petits airs et les fortes rafales. J’ai perdu du terrain sur Sam et Marc, mais cela est dû essentiellement aux vents variables. Je sors sur le pont toutes les dix minutes, mais je redescends tout de suite pour poursuivre mon bricolage.La distance aux Sables diminue et ce sera seulement à l’arrivée que les contrôles, les réparations et l’entretien s’arrêteront. »
 

Michel Desjoyeaux - Foncia

Portrait du marin multitâche

27.01.2009

« Salut, me revoilu !
Ça fait maintenant quelque temps qu'on est parti, quelque temps qu'on est tout seul sur notre rafiot, quelque temps qu'on doit tout faire. Et quand je dis "tout faire", c'est tout faire, de A à Z, comme on dit. On a not'métier, et puis comme ça suffit pas parce que faire de la voile, c'est très simple, v’là tis pas qu'on nous charge la mule en nous demandant plein de trucs en plus, au cas où on s'ennuie ! Alors je me suis pris au jeu de chercher à qui il faudrait (conditionnel !) ressembler un tout petit peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pour être le circumnavigateur façon gendre idéal. Celui qui a tout, version zéro défaut, le truc qui n'existe pas, même dans les rêves les plus fous (…)

Petit jeu : J'ai retenu ces personnalités, que dis-je, ces sommités, pour une compétence, un talent, un trait de caractère, une qualité (ou un défaut, selon de quel point de vue on se place !) dans un domaine bien particulier. Le choix des protagonistes est bien évidement suggestif et non exhaustif, mais ce n'est qu'un jeu !

Donc, j'ai retenu, dans le désordre :
- Robert Doisneau, pour ses talents à immortaliser des scènes émouvantes de la vie quotidienne des ‘zumains’ ;
- Yann Arthus Bertrand, lui, photographie comme personne la beauté du monde ; - Fellini (et son équipe de tournage et montage : 200 personnes en moyennes!), pas besoin de présenter - Françoise Dolto, pour son art de parler aux enfants... de 7 à 77 ans ;
- Tintin, même si il n'a de reporter que le surnom, tout le monde l'aime ;
- Tabarly, pour son côté héros, menhir indestructible ;
- Mac Gyver, qui sait se sortir de toutes les mauvaises situations, avec les moyens du bord, bien sûr !;
- Gad Elmaleh, ou comment faire rire et rire de tout, avec tout le monde;
- Macha Béranger, qui sait soutenir les âmes esseulées ;
- Jean Todt et ses mécanos de Ferrari, pour réparer votre mâture en moins de 10 secondes, partout dans le monde ;
- Hitchcock, le maître du suspens ;
- Incontournable Philippe Lucas, pour botter les fesses des indécis ou pour tailler des shorts, de bain, bien sur ;
- Bernard Tapie, le copain de celui d'au dessus, pour mettre les pieds dans le plat ;
- PPDA et son frère, pour conter les exploits des gens de mer, dans le mille Emile ;
- Bill Gates, pas pour son pognon, (quoique !) mais pour son génie informatique ;
- Le Pape, il est sensé prêcher la bonne parole, non ?
- Léon Zitrone, Interville comme si vous y étiez : "Simone !"
- Dior, si vous devez vous recoudre, ou recoudre votre linge
- Le chirurgien qui a transplanté le premier coeur, on sait jamais, ça peut servir.
- Jean-Pierre Coffe, le seul qui fait une soupe saine et équilibrée, même avec un frigo vide.
Qui sais-je encore... On pourrait continuer

Ah, oui, j'oubliais, faut aussi savoir faire de la voile, enfin un peu, ça peut servir. Mais à défaut, le permis poids lourds, ça doit suffire. »

Michel Desjoyeaux
 

FONCIA/VG 08-09/TERRE DE FEU

L'avarie secrète de Mich'

26.01.2009

Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation du jour : « Mon avarie dans le grand sud ? La bonne réponse a été donnée par Andi Robertson…qui a gagné un Foncia en chocolat !
C’était bien le safran bâbord en cause. Le 17 décembre, j’ai d’abord constaté que l’axe principal du boîtier de safran était partiellement cassé et ne tenait plus que d’un côté.

La suite s’est produite le 25 décembre en fin de nuit, alors que j’étais en route vers la porte Pacifique. J’étais au près bon plein dans 35 bons nœuds et de la mer formée. J’avançais prudemment avec 2 ou 3 ris et ORC. J’avais relevé le safran au vent, à l’horizontale. Je pense qu’une vague est venue frapper le safran. Le bout qui le garde en position haute a cassé. Impossible de remettre le safran à sa place. Il n’était plus tenu que par la jambe de force sur le côté et le bout de dessous.
Je décide de ralentir le bateau je me retrouve à plat, puis à contre, je commence à partir en marche arrière. Là, j’ai vu le safran partir sous le bateau puis il est revenu vers l’arrière et coup de chance, le boîtier était revenu peu à peu à sa place. J’ai eu peur en voyant le safran faire ‘floc floc’. Et comme par miracle la situation a cessé d’empirer à ce moment là. Quelques jours plus tard, j’ai réussi à sécuriser le système, j’ai même confectionné un axe extensible qui permet de jouer le rôle de fusible et au safran de remonter en cas de choc avec un objet flottant.
J’ai le sentiment d’être passé à côté d’une catastrophe. Même si dans l’action on n’a pas peur, elle vient rétrospectivement, quand on a réglé le problème. Un bateau, sans safran c’est comme une voiture sans direction : point de salut. »

Roland Jourdain - Veolia Environnement

La course contre la montre de Bilou

26.01.2009

Roland Jourdain (Veolia Environnement) : « Ça va comme un lundi. Il y a un temps à grains. Ça mouline, ça travaille. Pour l’instant, les réparations tiennent nickel. Ce matin, j’étais parti pour faire une grasse matinée. Mais je me suis levé et j’ai du faire des manœuvres. J’ai du mettre le Solent, puis après la trinquette. Toujours est-il que je suis content de sortir de l’endroit le plus cabossé ! Mais je sais qu’il faut que je me dépêche. Plus je me dépêcherai, plus je passerai dans de bonnes conditions l’anticyclone des Açores. C’est une course contre la montre avant que l’anticyclone ne s’affaisse. Je pense que c’est une question de temps. Et il y a un côté agaçant. Quand t’es compétiteur, tu as envie que le bateau aille vite. Sauf que Veolia est diminué et je suis sans arrêt en train de freiner pour éviter de solliciter le bateau trop violemment. »

ON BOARD AKENA VERANDAS / SKIPPER : ARNAUD BOISSIERES (FRA)

Cali au près le long du Brésil

26.01.2009

Arnaud Boissières (Akena Vérandas) : « Ça tape un peu ! C’est vraiment la galère le long des côtes brésiliennes. En ce moment, le soleil est derrière les nuages. Il fait chaud, mais je supporte plutôt bien la chaleur. Je barre une paire d’heure par jour, c’est plutôt intéressant dans les moments de transitions, dès que le vent mollit. C’est agréable de barrer dans ces conditions, l’eau est chaude et avec la chaleur, on sèche vite, même si on se prend des vagues. Je ne pense pas trop à l’arrivée. Je ne trouve pas forcément le temps long mais, pour tout vous dire, je suis obnubilé par cette pointe brésilienne, elle me tracasse. Je n’ai pas envie de me retrouver sur la plage à aller jouer avec les footballeurs brésiliens… »

ON BOARD FONDATION OCEAN VITAL / SKIPPER : RAPHAEL DINELLI (FRA)

La dernière porte de Raphaël

26.01.2009

Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) : « Je viens de passer la dernière porte du Pacifique : cap sur le Horn. C’est un soulagement de l’avoir passée. Ça été agité et maintenant les conditions ressemblent plus à celles du Sud. Il faut prendre des ris, empanner… Du coup, le temps passe plus vite. J’espère franchir le cap dans une huitaine de jours. Je vais avoir un train de dépressions jusque-là. Je sens que je vais passer le cap Horn quand le premier arrivera. Là où j’ai le plus souffert ? Les deux grosses dépressions de la fin de l’année. Je n’ai pas passé un très bon Noël ! »
 

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