« Je commence à sortir d’une zone orageuse. Je suis dans des vents mous au large du Brésil. Ce que je remarque, c’est que les nuages sont de plus en plus clairs. Le soleil devrait arriver bientôt et je sortirai de la zone de transition. Dès cet après-midi, je vais me retrouver avec des vents du nord qui me feront avancer plus rapidement. Je sors d’un système dans lequel j’évoluais depuis 5 jours et j’entre dans un autre qui devrait me conduire jusqu’au Pot au Noir. Ma course est bien différente de ce que j’avais imaginé en la préparant. Avec un peu de recul, elle a été d’une grande richesse. Beaucoup d’émotion, d’intensité. Malgré ces émotions ou ces problèmes techniques, la motivation reste intacte. Elle n’existe uniquement parce qu’il y a des objectifs sportifs qui sont bien ciblés. S’il n’y avait pas un bateau puis un autre à rattraper, j’aurai peut-être juste un rythme de croisière. Maintenant, j’ai Armel en ligne de mire. Même s’il se trouve encore assez loin, je crois qu’il est bon d’avoir des objectifs ambitieux. Ça permet de ne pas se relâcher. Même si j’apprécie le skipper de Brit Air, ça me ferait ni chaud ni froid de lui choper sa troisième place. » Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h00
A la uneBrèves
Des objectifs !
21.01.2009
Rien n’est joué
21.01.2009« Il fait bien chaud à bord de Brit Air. Je me trouve au large de Salvador de Bahia. Les alizés sont plus soutenus que les jours précédents, donc j’avance un peu mieux. Je marche à 11 nœuds à peu près. C’est pas mal. Le Pot au Noir, comment je le vois ?… noir. Il est placé très sud puisque, a priori, c’est la saison. Le souci, c’est qu’il bouge pas mal, avec les nuages et les grains. On le surveille. On se demande où se placer quant à la remontée de l’Atlantique nord. Il faut choisir sa trace maintenant car, plus tard, ça sera compliqué de se décaler. Ce choix n’est pas simple étant donné que les systèmes évoluent très vite. J’ai encore 48 h pour choisir, çe qui me laisse de la marge. Il est certain que Marc Guillemot a eu une super météo pour remonter l’Atlantique sud, mais je ne lâcherai rien. La troisième place, il faudra qu'il vienne la chercher. Il a eu du portant alors que, moi, je me suis tapé du près pendant plusieurs jours. On verra… Je ferai le point après le Pot au Noir pour voir l’écart. Là, je ne peux pas faire grand-chose de plus, je suis à fond avec mon bateau. Rien n’est joué, rien n’est fait. La route est longue jusqu’aux Sables d’Olonne. » Armel Le Cléac’h (Brit Air) à la vacation de 11h30
Ça mouline dans le Pot
21.01.2009« Ça va comme un gars du Pot au Noir. Ambiance « pot-au noiresque » : petite fatigue de la nuit, j‘avance, j’avance pas... J’ai tout le catalogue de nuage et comme il y a du vent, il y a de la mer. Donc voilà, c’est pas reluisant comme matinée. C’est toujours pareil, sans être pareil, ce qui m’agace, c’est que j’ai choppé un vent très très Sud et je ne voudrais pas qu’on fasse route commune trop longtemps. De plus, notre ami du Pot au Noir pourrait nous accompagner jusqu’au delà de l’équateur... La cerise sur le gâteau, c’est quand même quand t’as pas d’électricité pour le moteur de ta quille. Je me suis tapé de bonnes corvées cette nuit ! Le vent n’est pas violent, mais quand tu vois l’énergie potentielle des nuages, tu te dis que ça pourrait bien avancer. À l’aller, il y avait pétole, mais maintenant ce qui me fait peur, c’est que je suis sorti d’un gros nuage ce matin, je suis rentré dans du clair et ce truc, le nuage a fait le tour avant de venir se repositionner devant moi ! Côté carte postale, j’ai un cousin de Fou de Bassan au dessus de moi actuellement. Il me suit comme un albatros, il vient me voir, il repart, il revient... Voilà qui met de la variété dans cet univers de sauvages ! Je cherche juste un truc pour attirer le Desjoyaux mais ça marche pas ! Dites lui qu’il ne faut pas qu’il parte trop loin. » Roland Jourdain (Véolia Environnement) à la vacation de 11h30
PRB fin février en France
21.01.2009L’équipe de Vincent Riou est arrivée à Ushuaïa il y a une semaine. Depuis, tous s’affairent autour du monocoque pour le préparer à l’embarquement sur le cargo. Étape importante : PRB a été déquillé lundi. « Tout s’est bien passé. Nous avons profité d’un bon créneau météo » assure Pierre-Louis Pillot, project manager. Le quatuor a, depuis son arrivée sur place, consacré une bonne partie de son temps à ranger le matériel et la soute à voile afin d’équilibrer les poids pour optimiser le grutage. De même, les dérives et la bôme ont été solidement amarrées en vue du long voyage qui attend PRB entre la Pointe Sud Américaine et les côtes européennes. Reste à remplir les bers de polystyrène pour fabriquer le meilleur cocon pour accueillir la coque du 60’. Le départ du cargo est prévu vers le 25 ou 26 janvier et le voyage devrait durer environ 25 jours.
Carnaval sur l’eau
21.01.2009« Lignes de grains à 250 milles dans le Sud de Rio. Le ciel laisse maintenant apparaître quelques étoiles, peut-être du soleil aujourd'hui? À suivre... Il y a de l'activité dans le secteur, plateformes de forage, pêcheurs, bateaux de commerce. Radar et détecteur en veille permanente. Température de l’eau : 26°C. Vent = 20 noeuds au Sud-Est. Mer agitée mais ordonnée. Bonne journée. » Marc Guillemot (Safran) par mail ce mercredi matin
Chaussettes rouges
20.01.2009« San Diego. décembre 1994. Lors d'une sortie en dinghy avec Peter, Pippa et les enfants pour aller à la rencontre des deux Black Magic en entraînement, je portais ce jour-là des socquettes rose Tyrien. Peter se moqua gentiment de ce choix de couleur. Mais Pippa, excellente peintre au demeurant, s'exclama : " Moi, j'aime bien cette couleur ! D'ailleurs pour changer, je crois que je vais t'offrir les mêmes cette année !" Hélas, le magasin Woolworth de San Diego n'offrait pas cette couleur ! Et Pippa dû se rabattre sur le rouge ! Il faudra attendre la seule régate perdue contre John Bertrand et les commentaires de Peter Montgomery sur l'effet des Lucky Red Socks pour que démarre cette histoire. Peter n'était pas à bord ce jour-là ! » Précision de Christian Février sur les chaussettes rouges de Samantha Davies pour honorer Peter Blake, skipper de Black Magic, vainqueur de la Coupe de l’America en 1995…