Roland Jourdain (Veolia Environnement) , à la vacation de 11h30 :
« Il n'y a plus de quille du tout, mais je n'ai pas pu aller sous l'eau pour voir. Quand le truc est arrivé dans la nuit d'avant-hier à hier, j’ai cru que c'était le bulbe qui était parti. Après ma rencontre avec le cétacé, j'avais plongé te constaté que le bas de la quille était abîmé sur la partie stratifiée. Mais là, il se trouve que c'est l'ensemble qui a cassé. Pour l'instant, je poursuis la route normale pour traverser les Açores, mon objectif étant d'aller aux Sables d'Olonne. Bien sûr, je fais d'abord gaffe à ma peau. Pour l’instant, ça se passe plutôt pas mal. On a regardé les calculs théoriques pour un bateau sans quille, et le plus dur devrait être entre ici et Sao Miguel (Açores). Maintenant, tous les ballasts sont remplis et j'ai descendu toutes les voiles que je pouvais, tous les poids sont le plus bas possible. Avec de la mer, on devrait pouvoir tenir jusqu'à 40, 45 nœuds de vent. Hier, par exemple, j'ai eu plus de trente nœuds, j'avais trois ris dans la grand-voile, et ça allait. Il va juste falloir que j'évite le vent et les vagues de travers, mais c'est jouable, tout dépendra de la météo. En tout cas, merci de votre soutien, j'y suis vachement sensible. Je suis tout seul sur mon petit bateau et il y a des ondes qui viennent de terre : des tonnes de mails et votre chaleur me fait du bien. »
A la uneBrèves
La course continue pour Bilou
30.01.2009
Un peu de calme avant l'arrivée
30.01.2009Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h30 : « Ça continue d'aller à vive allure, en direction d'un petit abri sympathique en Vendée. Je marche régulièrement à 18, 20, 22 nœuds, dans une mer qui s'est plutôt calmée. Les vagues sont plus longues que ce que j'avais hier, il y a pire comme conditions pour finir un Vendée Globe. En repartant des Sables, je pensais être capable de revenir dans le match et j'imaginais être dans les cinq premiers au cap Horn. Mais prendre les manettes de la course dès l'Australie, j'ai encore du mal à réaliser... Je confirme mon arrivée pour la journée de dimanche, mais je ne sais pas encore si je vais pouvoir arriver pendant la marée du matin ou la marée du soir. J'ai encore une journée bien chargée avec plusieurs de vos confrères de la presse, puis à partir de demain, je vais me mettre un peu en vacances et respirer quelques dernières bouffées d'iode. Je pense que c'est un mal nécessaire pour pouvoir apprécier pleinement l'arrivée. Je peux vous dire que dimanche, on n’est pas couchés ! Les bonnes choses ont une fin et c'est plutôt usant ces 80 jours. Remettre les pieds sur la terre ferme et refaire le monde avec une bière à la main, c'est pas mal aussi. J'ai eu d'autres pépins que je peux vous révéler maintenant : j'ai déchiré deux de mes trois spis. Heureusement, ça ne m'a pas fait défaut au niveau de ma performance. »
Norbert vers le Horn
30.01.2009"Je descends vers le Cap Horn en serrant le vent. Je devrais y être en début de matinée lundi prochain. Pour le moment la vie à bord est loin d’être confortable. Il serait peut-être plus précis de dire qu’il n’y a guère de vie à bord. La température descend au fur et à mesure que nous descendons vers le Grand Sud. Je bois beaucoup de thé et je porte les polaires les plus épaisses. Le seul point vraiment positif depuis mercredi est que je n’ai pas eu de problème technique. Tout au moins, je n’en ai pas remarqué… " Norbert Sedlacek, Nauticsport-Kapsch, sur son site Internet.
William Webb Ellis se retourne dans sa tombe
30.01.2009"En fait, ce sont des marins qui ont inventé le rugby, ils étaient trente sur un bateau et commençaient à trouver le temps long, empétolés au large de l'Argentine. Ils ont séparé l'équipage en deux, les tribordais et les bâbordais. Ce qui s'appelle aujourd'hui la mélée se jouait au dessus des écoutilles ouvertes : quand la pelote de cordage, remplacée aujoud'hui par un ballon, tombait dedans, ils faisaient un pont et poussaient, jusqu'à ce que le talonneur d'une équipe puisse choir dans la cale, récupérer le "ballon" et son équipe marquait un point.
Puis, arrivés au port, ils partaient en deux clans, en bordée, dirait-on aujourd'hui, les gars d'tribord et les gars d'bâbord. Ce n'est que plus tard, dans une version terriene du jeu, qu'est apparu le terme "troisième me mi temps", mais c'est la même chose, on s'en doute !
Ouais, c'est vrai, ça : vivement la troisième mi-temps, qu'on parte en bordée !
PS : le maillot que je porte a été décicacé par toute l'équipe de rugby du 92 Métro Racing. C'était dans mes cadeaux de Noël. Ces gars ont l'habitude d'être supportés, ils ont été mes supporters pendant trois mois, vivement le prochain match, qu j'aille à mon tour les supporter, au sens second du terme, parce que c'est du costaud, j'vous l'dis !" Michel Desjoyeaux, Foncia, par courriel cette nuit.
Samantha Davies a franchi l'équateur
29.01.2009Ce jeudi à 15h27 Samantha Davies est entrée dans l’hémisphère nord. Un passage fêté dignement à grand renfort de gorgées de champagne… pour le skipper et pour Neptune. Reste à la navigatrice anglaise encore 3200 milles à parcourir d’ici l’arrivée de Roxy attendue dans 10 à 15 jours.
Quant à Marc Guillemot, pris dans les mailles du pot au noir, il avançait à moins de 4 noeuds au pointage de 16h00. Ce soir à 19h45, il n'a toujours pas passé la frontière...
Roland Jourdain a bien perdu son bulbe
29.01.2009Bilou, joint par son équipe cet après-midi : « Je ne m’explique pas comment je n’ai pas chaviré. Quand j’essaie de regarder sous le bateau, je ne vois rien… Normalement, je devrais voir quelque chose mais je ne vais pas plonger non plus dans ces conditions car il y a pas mal de houle quand même. Par contre, ce que je sais, c’est que quand je mets de la toile, le bateau penche, donc il y a bel et bien un problème sur la quille. Dans les heures qui viennent, il va falloir continuer de jauger la situation selon l’état de la mer et la météo à venir pour voir comment je vais pouvoir progresser et comment je suis à l’aise. Je ferai tout pour aller aux Sables sauf si l’état de la mer ne me le permet pas et me fait prendre des risques pour moi. Il faudrait juste un petit coup de pouce du destin et une météo normale pour que je boucle la boucle. »