« Ce n'est pas seulement le dernier jour du mois de janvier, c'est mon dernier jour de mer surtout ! Le vent a bien molli depuis le milieu de la nuit, du coup ma progression est en train de prendre un coup dans la figure, mais je ne désespère pas de vous rejoindre aux Sables d'Olonne. Une quinzaine de nœuds de vent et encore pas mal de mer qui s'est transformée en houle. Du coup, le bateau part en surf de temps en temps, puis s'arrête, puis repart... Et depuis ce matin, je suis en train de faire la course avec un cargo qui va vers les Sables d'Olonne ou la Rochelle. Ça va plutôt bien ce matin. Quand le Falcon m'a survolé hier, ils m'ont demandé de sortir, mais moi je ne sors pas quand il fait ce temps-là ! Que du bonheur d'être en mer par une belle journée, c'est pas mal pour finir un tour du monde. Je pense que la transition va être brutale entre être tout seul sur mon bateau et tout seul au milieu de milliers de personnes… Je tiens le cap à peu près sur les Sables d'Olonne et comme le vent mollit, il faut rajouter des m². Ce n'est pas encore toute la lingerie de petit temps, mais ça va être l'étape d'après. Cette nuit, en traversant la ligne droite entre le rail d'Espagne et le rail de la pointe de Bretagne, j'ai découvert un super outil qui permet d'afficher les bateaux, le nom, la taille. On sélectionne une zone de sécurité - j'ai mis un cercle de 10 milles - et à chaque fois qu'il y a un bateau qui entrait dans mon cercle de sécurité, ça me bippe une petite musique. Grâce à ce système, on a un moyen de suivi qui est quand même assez performant et efficace… Au début de ce second Vendée Globe, il y avait moins d'inconnues et quelques menues ambitions. Comme quoi, quand on ne lâche rien, il peut se passer de belles choses... Je l'ai appréhendé avec beaucoup plus de sérénité, mais dans la façon de se dérouler et dans la performance, il a été plus impressionnant. Vu comme ça s'est passé, je pense que j'ai fait du bon boulot. J'ai eu beaucoup moins de stress et de coups de mou qu'il y a huit ans. Je crois que finalement, j'en avais très envie, et le résultat est au bout. Je vais essayer de faire marcher Foncia le mieux possible vers la ligne d'arrivée : j'en ai plein les pattes. Donc ça va me faire une petite étape du Figaro pour finir ce Vendée Globe, je vais passer du temps à la barre. Demain j'arriverai frais, guilleret, il faut que j'ai le temps de passer cet après-midi chez le coiffeur et puis le barbier, je ne suis pas très présentable. Je n'ai pas eu peur la première fois, j'ai trouvé ça super, donc j'espère que demain il y aura encore plus de monde, ça fait deux mois que je travaille mon ETA pour arriver un dimanche, en pleine journée ! Je sais que vous allez avoir un petit peu froid demain, donc sortez couverts et amenez tout ce qu'il faut pour faire la fête, on va rigoler tous ensemble. » Michel Desjoyeaux (Foncia) à la vacation de 11h30.