« C'est comme un dimanche, sauf que je vais encore rater la messe. Samedi après-midi, j'en ai bien profité. Comme il n'y avait pas de vent, je me suis occupé de moi, je suis allé chez le coiffeur, chez le barbier, et puis... Ne rien faire, c'est pas mal, hein ? La nuit a été un tout petit peu animée au début, le temps que le vent se lève un peu, puis c'est monté rapidement jusqu'à 15-20 nœuds, j'ai mis un peu de toile et suis allé me coucher. Pas mal de cargos sont passés, donc je me suis levé pour surveiller un petit peu le terrain de jeu, puis ce matin, je n'ai rien fait. Et ce soir... Je ne pourrai pas ne rien faire. Je me suis rendu compte qu'on n’était pas loin de la côte, car il y a pas mal d'oiseaux, des sternes, des mouettes et l'eau devient un peu plus verte-blanche. Je suis à 35 milles de l'arrivée, je ne vais pas y aller en direct car le vent est contraire, mais le créneau, c'est 16h30-17h. Je n'ai pas trop envie de réfléchir, ni aux questions, ni aux réponses, ou même refaire le fil de la course, car je ne vais pas avoir le temps. Mine de rien, ça a duré trois mois. Je suis plutôt pénard, détendu... Je vais aller faire une petite sieste, je n'ai pas beaucoup dormi et je m'apprête à faire un virement de bord, ça demande un peu d'énergie. Enfin, échanger les adresses, préparer les sacs et à la prochaine colonie de vacances ! 35 milles, c'est déjà la maison... On est proche de la civilisation, il y a eu plusieurs signes déjà, dont un hélicoptère qui m'a survolé tout à l'heure. Je pense que je ne dois pas être très loin de la fin de ce Vendée Globe, je ne sais pas ce qui me fait dire ça... J'ai déjà passé commande pour ce soir. Tout ce dont je rêve, c'est du vrai manger, sain et frais, et des fruits que tu peux croquer, plutôt que des boîtes de conserve sans arrêt. » Michel Desjoyeaux, Foncia, à la vacation de 11h30.