« Il y a de la grosse houle, au moins 7m. L'après-midi et la nuit dernière n'étaient pas simples. Je suis à sec de toile et ça n'avance pas vite. Le bateau ne se comporte pas si mal, j'ai de la chance dans mon malheur de ne pas avoir chaviré du premier coup, d'avoir pas mal de ballasts, donc pas mal d’eau dans mes fonds. Ca ne se présente pas mal sauf que dans les pentes de vagues, surtout les pentes que donnent les déferlantes, je ne contrôle pas mon bateau… et passé 20° de gite, je ne sais pas ce qu'il peut se passer. Normalement je pourrais aller jusqu’à 35°, peut-être, de gîte mais je n'ai pas envie de faire des essais. J’ai envie que ça marche du premier coup. Donc, c’est un peu l’inconnu, mais il reste encore de la grosse mer comme on n’a pas eu dans le Vendée Globe. Je peux m’estimer heureux d'être là déjà. Je jongle avec le vent. Demain il va y avoir un coup de sud-ouest, ça va me permettre de récupérer ce que j'ai perdu en latéral, avant de repartir avec un fort vent de nord-ouest ; après on verra... D'ici 24h, on tirera le bilan et on prendra la décision. On n’ira pas risquer, ni ma peau, ni celle du bateau. On prendra les fichiers météo et on vous dira tout ça demain avec les architectes, Eric Levet (du cabinet Lombard). Il faut savoir séparer les choses : l'envie d'arriver jusqu'au bout de l’aventure, de terminer un projet qui dure depuis plusieurs années et mon métier de marin, qui est de ramener le bateau au port en sécurité. Ce n’est pas évident." Roland Jourdain, Veolia Environnement, à la vacation de 11h