« Cette nuit, j'ai eu toutes les conditions, depuis 8 nœuds jusqu’à 30 nœuds et des grains avec un ciel clair, sans avertissement. J'étais à bloc toute la nuit, jusqu'au matin. Marc se décale vers l'Ouest : j'ai regardé et je ne vois pas pourquoi il faut aller dans l'Ouest, pour moi c'est plutôt une route Est qu'il faut prendre parce que l'anticyclone ne fait que monter et se déplacer vers l'Ouest. Du coup, je ne sais pas si Marco va réussir à faire le tour. Peut-être que c'est à cause de ses voiles qu'il essaye de chercher le portant au plus vite. Moi, je continue ma route. J'ai envoyé une photo à Michel et j'en ai reçu une, prise pendant la soirée, avec Mich et des « Roxy boys », mon équipe ! Je viens tout juste d'apprendre pour Bilou et c'est une énorme, énorme tristesse. Je ne peux pas imaginer comme il doit être déçu, ça fait super mal, après tout ce qu'il a fait jusqu'à maintenant, toujours dans la tête de la course. Il ne mérite pas de ne pas finir, c'est trop triste. » Samantha Davies (Roxy) à la vacation de 11h30.
A la uneBrèves
Rester à l’Est
02.02.2009Estimations des prochaines arrivées
02.02.2009Armel Le Cléac’h, désormais deuxième, est attendu aux Sables d’Olonne entre le 5 février à 7h et le 7 février à 7h.
Samantha Davies et Marc Guillemot pourraient rejoindre les Sables entre le 9 février 13h et le 11 février 13h.
Brian Thompson entre le 10 et le 12 février, Dee Caffari vers le 11-13 février, Arnaud Boissières le 13-15 février.
Pour les quatre derniers, les estimations sont évidemment beaucoup plus larges. Steve White devrait finir son Vendée Globe vers le 20 février, Rich Wilson vers le 27, Raphaël Dinelli aux alentours du 6 mars et Norbert Sedlacek le 11.
Ces estimations sont évidemment basées sur les classements actuels et ne prennent pas en compte les aléas météo ou autres que chaque skipper pourrait rencontrer.
Deux jours toniques
02.02.2009« Ça va, vous n'avez pas trop mal à la tête avec le champagne d'hier soir ? Ici, on a passé une bonne nuit. Ce matin, c'était un peu plus compliqué, car la dorsale se couche sur moi et je me retrouve dans un vent un peu plus faible... Mais on va avoir une belle dépression qui va arriver, sous le cap Finistère ça va être assez costaud, donc on essaye de préparer le bonhomme et le bateau. Ce qui est bien, c'est que ça va aller plutôt vite vers les Sables. Pour le golfe de Gascogne, les modèles changent au fur et à mesure de la journée, donc on verra bien. Demain et après-demain, ça va être tonique, avec de l'Ouest, du Nord-Ouest et surtout beaucoup de mer. Ça ne pouvait pas non plus être facile comme ça jusqu'aux sables d'Olonne ! On a encore quelques difficultés devant nous et après ça devait aller pour finir. Pour Roland, c'est dur. J'imagine que, de toute façon, vu les conditions du bateau et la météo annoncée, cela aurait été difficile dans les prochains jours. Il ne méritait pas ça et ça aurait été un grand plaisir de le retrouver sur le podium. Il n'aura pas eu de réussite ce pauvre Bilou depuis le cap Horn, il y en a qui auront eu plus de chance... Pour l'instant je ne m'occupe pas trop du classement, rallier les Sables d'Olonne, c'est la priorité, on se concentre sur la météo. En plus, on commence à avoir pas mal de trafic et il faut être vigilant jusqu'au bout, pour ne pas que ça se termine avant d'arriver. On fera les comptes à l'arrivée. » Armel Le Cléac'h (Brit Air) à la vacation de 11h30.
Une ouverture à l’Ouest
02.02.2009« Je suis dans un gros grain blanc avec des vents assez costauds, mais tout va bien à bord. Un bon 30 nœuds : heureusement que j'avais réduit car il y avait des prémices qui montraient que le vent avait tendance à monter. Je ne suis pas plus mal avec un petit foc devant. Je vais à 16,5 nœuds, quant à ma trajectoire... C'est une décision qui n'a pas été simple, ça fait deux jours que j'y pense. J'essaye de passer à l'Ouest du centre anticyclonique, ce qui n'est pas forcément la route optimale aujourd'hui, mais je pense que dans quelques jours, ça va être pas mal. J'ai essayé d'être à fond et je pense que le bonus arrive. J'ai envie d'arriver aux Sables, c'est sûr, mais là pour l'instant, j'essaye de gérer une remontée de l'Atlantique compliquée, pas confortable et difficile. Je suis impatient de voir le résultat de mon option plus que d'arriver. J'ai appris, pour Roland, et je suis vraiment très déçu. C'est un bon copain, il a fait une course fabuleuse et c'est un super marin, pas un kamikaze. Une course formidable, et au vu des fichiers de vent, il a pris la bonne décision. » Marc Guillemot (Safran) à la vacation de 11h30.
Monsieur Jourdain
02.02.2009« Je ne pourrais plus me regarder dans une glace après, si jamais il m'arrivait une connerie et que je sois passé près des Açores en sachant qu'il y a du mauvais temps derrière. Je n'aurais pas le choix, je continuerais, mais là il y a une opportunité et ce ne serait pas professionnel, vis-à-vis des autres. Ça date des 24 dernières heures tout ça. Je voulais et je croyais déjà un peu plus en mon étoile, même si je n'ai pas une chance mirobolante ces temps-ci. J'espérais que ce soit la dernière dépression avant un petit flux d'Ouest de 20 à 25 nœuds jusqu'à l'arrivée. C'était parfait, mais au fur et à mesure, les fichiers météo ont annoncé encore du mauvais temps. C'est surtout la mer : les dépressions se succèdent et on a des trains de houle. Ils annoncent 10 mètres de creux dans l'Ouest des Açores. Quand j'en avais 7 mètres hier, c'était déjà chaud... Je suis agréablement surpris, car dans des conditions normales, le bateau est très stable, c'est un gage de sécurité. Le problème, c'est quand la mer se lève très fort : pour que le bateau soit stable, il faut l'alourdir et à ce moment-là on perd les avantages de la formule, c’est-à-dire qu'un bateau léger, c'est un bateau solide, tandis qu'un bateau lourd, dans les chocs des vagues, je ne gère pas la puissance de la déferlante et en plus je ne peux pas mettre vraiment de toile, parce qu'il y a trop d'efforts sur le gréement et partout. Ce n'est pas une décision très drôle… » Roland Jourdain (Veolia Environnement) à la vacation radio de midi.
Vincent Riou, le tenant du titre, rend hommage à Michel
01.02.2009« C’est une très belle performance. Michel a été bon dans tous les domaines. Il a réussi à réunir tout ce qu’il faut pour une victoire : un bateau bien préparé, peu d’erreurs durant la course et aussi un peu de réussite. Dans ces cas là, il ne faut pas se poser de questions. La victoire est naturelle. Il a tout simplement été le meilleur ! ».