« En fin de nuit, je suis passé près des îles Diego Ramirez et là je suis en train de voir les montagnes, les monts sur l'île Hermite. Je pense que je vais avoir en vue le cap Horn, dans une heure, une heure et demie. Je ne pensais pas avoir la visibilité, mais le vent a basculé un peu dans le bon sens et je pense pouvoir le voir pour la troisième fois, ça va être sympa. C'est bien, parce que là, les conditions sont musclées depuis quelques jours et je sais que derrière, il y a un anticyclone. Je me bagarre comme un fou pour passer ce cap. Ça passe de 25 nœuds à 40 nœuds, je vois les grains autour de moi et je sais que dessous il y a un très mauvais temps. Je sais que ça va durer encore trois ou quatre heures. Je pense que je vais prendre le ciré et les bottes, me méfier des grains et profiter du spectacle, ça va être un grand moment. C'est toujours pareil, parce qu'il y a d'abord cette adrénaline, cette excitation de navigation côtière, avec les îles Diego Ramirez, les îles Ildefonso... Le vent est assez variable, donc il y a toujours cette petite adrénaline à naviguer de nuit. Vérifier bien son GPS et quand on voit enfin les montagnes, ça fait quand même quelque chose. Penser que derrière après, ça change totalement de météo, de cycle... Cette approche est assez mythique, c'est spectaculaire. C'est toujours très sympa de rencontrer des îles en plein milieu du Pacifique, mais là c'est grandiose, les Alpes sans la terre, juste les montagnes. C'est incroyable. Le Pacifique, lui, était très grand, parce que depuis la Nouvelle-Zélande jusqu'à la porte Pacifique Est, ça a été l'anticyclone, avec du vent refusant, du vent faible adonnant... Et puis là, je me suis bien éclaté depuis la dernière porte jusqu’au cap Horn : j'ai fait des records de vitesse et de distance avec mon bateau... Le Pacifique était tellement long que ce caillou, ça va tout changer. Je commence déjà à regarder un peu les Malouines et la météo, je pense que je vais arriver le 4 ou le 5 et voir si je peux m'y arrêter. Après, il faut que ça soit différent parce que c'était vraiment très long et océan. » Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à la vacation de 11h30.