Norbert Sedlacek à la vacation du jour, juste avant de passer le cap Horn :
« Je suis un peu fatigué, mais c’est quand même un grand moment. Après le Horn, on mettra le cap vers le nord et vers la maison. J’espère qu’il fera beau dans les jours à venir pour la remontée de l’Hémisphère Sud et qu’il fera chaud avant l’Equateur. Le temps est un peu plus agité que lors de mon dernier passage (en croisière, ndr). Je vais essayer de passer à 5 milles du rocher afin de faire un petit film et prendre des photos pour en garder des souvenirs. Je vais m’offrir un bon repas aujourd’hui et j’ouvrirai la bouteille de champagne et les cadeaux qui m’étaient réservés pour le Horn ».
A la uneBrèves
Champagne pour Sedlacek
04.02.2009
Encore de la bricole pour Brian
04.02.2009Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) lors des vacations ce midi : « J’ai eu une matinée d’angoisse. Vers cinq heures, je me suis réveillé et le bateau avait l’air bizarre. Je croyais que le bulbe était parti ou quelque chose de ce genre, car il se comportait d’une façon très inhabituelle. Il m’a fallu quelques minutes pour comprendre, car je somnolais encore. J’ai appuyé sur le bouton afin de voir l’angle de la quille et elle était en fait mal orientée d’environ 20 degrés. C’est pour cela que le bateau gîtait et qu’il progressait lentement. Je suis allé voir le vérin bâbord et j’ai vu que l’ensemble baignait dans l’huile. Cela m’a pris quelques heures pour tout nettoyer afin de mieux voir ce qui s’était passé. Après avoir parlé avec le boat captain et le fabricant, j’ai réussi à la réparer. J’ai récupéré autant d’huile que possible et j’ai basculé la quille vers le centre afin de l’essayer. Depuis deux ou trois heures je n’ai plus de fuite ».
Opération contrariée pour Raphaël Dinelli
04.02.2009A 17h10, la direction de course du Vendée Globe était prévenue que Raphaël Dinelli était au mouillage dans la baie de port Stanley aux Malouines. Malheureusement, une quinzaine de minutes plus tard, la situation n’était plus aussi rose. L’ancre de Fondation Ocean Vital avait chassé – probablement posée sur un lit d’algues, elle n’aurait pas accroché – et le bateau dérivait vers la côte. Raphaël n’a pas réussi à remonter les 50 mètres de câblot et de chaîne et a dû couper son mouillage. Il s’est aussitôt mis à la cape. Les affaires maritimes de la région sont alors arrivées sur une petite vedette et ont réussi à balancer un sac de médicaments sur le bateau. Cependant, Raphaël Dinelli était contraint de quitter son abri et de reprendre sa route, sans pouvoir entreprendre les réparations de sa drisse de grand-voile. A 18h05, il rappelait la direction de course signifiant qu’il était lessivé et très déçu. La bonne nouvelle, c’est qu’il a désormais à bord les médicaments qui pourront lui servir pour soigner sa tendinite.
Ambiance humide pour Dee Caffari
04.02.2009Dee Caffari, lors d’un entretien avec son équipe : « Les cirés sont de sortie chaque fois que je veux aller dehors pour vérifier un réglage ou prendre un ris ou renvoyer de la toile. Le chaos continue et Aviva s’écrase derrière les grosses vagues à grand fracas, un bruit tellement horrible qu’il me donne la chaire de poule. Je commence mes matinées en faisant une vérification complète du pont et le job dégoûtant de jeter la pêche de la nuit, les poissons volants attrapés par Aviva alors qu’il enfourne dans l’eau.
« J’ai étudié la météo et pour l’instant, j’espère que les prévisions vont changer parce qu’on dirait que le groupe de devant va passer et après l’anticyclone des Açores va s’allonger d’Est en Ouest pour me barrer la route et m’empêcher d’atteindre les vents favorables qui se trouvent derrière. Encore deux jours comme ceux du Pot au Noir seraient très difficiles à vivre si près de l’arrivée et pourtant encore si loin ! »
Sam moins sûre dans son option
04.02.2009Sam Davies (Roxy), à la vacation du jour : « Le vent a molli hier avant de revenir dans la soirée, un peu plus fort que j’attendais d’ailleurs. J’ai eu 30 nœuds de vent mais surtout une mer vraiment chaotique, qui fait qu’on tapait dans les vagues et que le bateau se faisait ballotter dans tous les sens. J’essaie de me reposer car devant moi il y a une zone de vents faibles, qui va être difficile à négocier. Les fichiers n’ont pas changé, mais je ne suis plus certaine d’avoir choisi la bonne option. Cela va être éventuellement une leçon difficile pour moi, car je pourrai perdre des milles face à Marco. Je suis moins confiante maintenant, mais on ne peut plus revenir sur ce choix. Actuellement, j’ai 20-25 nœuds de vent. Il fait bien humide sur le pont, même si la mer n’est pas si méchante qu’hier. L’autre soir j’ai eu une conversation sympa avec des Français que j’ai croisés qui faisaient la traversée du Cap Vert jusqu’à la Guadeloupe. Quand j’étais petite je faisais des croisières avec mes parents. Je voudrais bien en refaire. Peut-être cet été avec Romain en Bretagne, car la Bretagne est un des meilleurs endroits au monde pour faire naviguer. »
Tête à l'endroit pour Cali
04.02.2009Arnaud Boissières (Akena Verandas) à la vacation du jour : « Comme il se doit, j'ai fêté ça. Une offrande à Neptune, un peu de champagne et un peu de rillettes. C'était plutôt agréable hier soir, au coucher de soleil. La première fois que j'ai passé l'équateur c'était extraordinaire, sur un petit bateau de 6,50 m. Et là, c'est un tour du monde, quelque chose d'énorme et je trouve ça vraiment sympa. Le pot-au-noir n'a pas été trop néfaste pour moi, même si je suis encore ralenti ce matin. Dans quelques heures, je toucherai du vent plus clément. En ce moment, c'est ambiance Bretagne Sud, avec un méchant grain qui arrive. Le bruit en ce moment, ce n'est pas le bateau, c'est la pluie à torrent ! Derrière ce grain, je suis sûr qu'il fait super beau. Mais c'est un peu le rythme que j'ai, depuis la latitude de l'Uruguay : du vent stable, perturbé au petit matin, puis une petite douche. Je me dis que mon pot au noir dure depuis l'Uruguay… En principe, comme je suis par 2° Nord, ça va s'arranger avec un vent plus établi au nord-est, donc patience, patience... »