Marc Guillemot (Safran) à la vacation du jour : « Le téléphone vient de sonner, j’étais profondément endormi et je suis dans le coltard. Je n'ai pas beaucoup dormi ces derniers temps. La fatigue et le stress se font sentir. Actuellement le vent souffle à 34 nœuds et la mer est bien formée depuis quelques jours. Il est temps que j’arrive mais pour arriver, il faut tenir. Depuis deux nuits, je suis sous voilure réduite, sous trois ris. Je savais que le vent allait rentrer, mais avec le rail de mât abîmé au dessus du second ris, je n'étais pas sûr que ma grand-voile descende. Elle est bien descendue, mais je me suis aperçu que la réparation effectuée aux Malouines n'avait pas tenu. J'y vais mollo, parce que ce qui est important pour moi c'est d'arriver aux Sables d'Olonne. Il y a un peu de stress et d’angoisse, en fait, je crois que je suis tout simplement fatigué. Je joue la sécurité et la prudence et demain ça va cartonner dans le golfe de Gascogne. J'ai un peu de retard par rapport à ce que j'avais anticipé sur ma progression, et ce n’est pas plus mal. Je suis content d'éviter la baston qu'il va y avoir demain.»
A la uneBrèves
"Pour arriver, il faut tenir"
08.02.2009
Steve White, du Sud au Nord
08.02.2009Steve White (Toe in the Water) parlant de son arrivée dans l'hémisphère Nord, à la vacation du jour : « C’est comme si j’arrivais à la maison. Cela sent vraiment différent par ici. Il fait nuageux pour commencer. Hier, j’ai vu le plus gros nuage du monde. Je n’allais nulle part pendant 45 minutes, puis d’un coup, le nuage est parti et j’ai retrouvé les alizés du nord-est. Une heure plus tard, voilà l’équateur. A la descente j’avais souffert dans le Pot au Noir pendant deux journées, et là par contre, c’était relativement indolore. Je suis resté debout pour filmer le GPS, qui passait du sud au nord, car je l’avais raté lors de la descente quand la caméra refusait de marcher. Et il fallait aussi que je fasse une offrande à Neptune, on a ce que Brian appelle les bouteilles des hôtesses de l’air, de petites bouteilles de vin. J'en ai donc versé un peu à la mer et sur le flanc du bateau, puis j’ai bu ce qui restait. Je ne voulais pas lui offrir mes flocons d’avoine, car le porridge a tendance à bien coller à la coque du bateau ! »
Ultimes sessions à grande vitesse
08.02.2009Samantha Davies (Roxy) à la vacation du jour : « Roxy avance à un peu plus que 20 nœuds. Ce sont des conditions superbes, la mer n'est pas trop difficile. Elle est super belle, avec de beaux moutons et un vent de 30 nœuds. Là, j'ai un grand sourire sur le visage, car aujourd'hui et demain sont les dernières journées de vitesse. Du coup je profite à bloc, et en même temps, j'essaye de ne pas trop m'emballer. J'essaye de me rappeler que même si Roxy va vite, il est peut-être un peu fatigué et il ne faut pas que je pousse trop. Je crois qu’à l’arrivée, moi aussi, avec la fatigue, je vais tomber par terre. J'ai envie d'arriver au plus vite mais mon ETA est dure à déterminer. Je vois que les estimations sont très optimistes, mais je pense plutôt à vendredi. Ça va dépendre de l'évolution des choses. L'important pour moi est d'arriver avant la St Valentin ! »
Dee satisfaite et douchée
08.02.2009Dee Caffari (Aviva) à son équipe : "Comme je suis très près des hautes pressions, la brise s’est affaiblie, mais j’ai pu progresser toute la journée. Je suis aussi très excitée d'avoir récupéré les milles perdus sur Brian dans le pot au noir. Heureusement, je peux garder ce rythme et nous serons à la bagarre jusqu'à la fin. Pour fêter la progression d'aujourd'hui, j'ai pris une douche, alors que la température tombe et que mon short et t-shirt ne sont plus appropriés. Je me sens beaucoup mieux maintenant et un changement de vêtements me ramène également à l'idée que les choses vont avoir tendance à refroidir plutôt qu'à se réchauffer.»
Rafales sous grains
08.02.2009Arnaud Boissières, (Akena Vérandas) à la vacation du jour : « J'ai eu des jours pénibles, « rafales sous grains » comme dit Météo France, avec une mer un peu chaotique, mais ça commence à s'ordonner. Jusqu'à hier soir, c'était ambiance trois ris et ORC avec de la mer croisée, travers et avant. Du coup, pour manœuvrer devant et changer les voiles d'avant, j'ai mis ma combinaison sèche. Même s'il ne fait pas très froid, c'est plus agréable d'être au sec. Je suis un peu fatigué, puisque cette nuit donc, j'ai pas mal manœuvré et les jours précédents, le bateau était malmené... Heureusement, le vent a molli et la mer s’est calmée.»
Toe in the Water… kesako ?
08.02.2009Plusieurs internautes nous ont demandé la signification de « Toe in the Water », le nom du bateau de Steve White, un des bizuths britanniques de la course, actuellement en 8e position au sortir de l’équateur.
L'expression « Toe in the Water » vient de l'image de quelqu'un qui met son orteil à l'eau pour en connaître la température. Par prolongement, cela signifie « essayer quelque chose afin de voir si vous l'appréciez ou si cela va marcher ". "Toe in the Water » est une opération lancée l'année dernière afin de prolonger, par le biais de la voile sportive, le travail réalisé par le Centre de Réinsertion pour les combattants blessés des Forces Armées Britanniques. Ce centre, basé au sud de Londres, peut recevoir jusqu'à 180 patients. L'idée de Toe in the Water est venue d'un médecin militaire. Cette initiative concerne les trois branches militaires : air, mer et terre. Toe in the Water essaie d’amener ceux qui ont subi des blessures graves à transcender leur handicap et de retrouver le goût de la vie. La voile sportive est une discipline qui demande des efforts physiques et mentaux et qui permet aussi aux blessés de naviguer, sur un pied d'égalité, avec les valides.