Accueil > Flash infos > La grand-voile de Dee

Dépêches

 

Le mardi 10 février 2009 à 18:28La grand-voile de Dee

La grand-voile de Dee

Dee Caffari (Aviva) dans un message à son équipe :
"La nuit dernière a été très occupée avec des ris à prendre et à renvoyer et des voiles d’avant à changer. Le vent était très instable. C’était très difficile de trouver une configuration de voile correcte pour le vent et l’état de la mer. Le jour ce matin a révélé encore plus de dégâts sur la grand-voile avec des fibres cassés et volant à l’arrière de la grand-voile comme de très longs bandeaux. Les nombreux milles restant à parcourir se rappelaient à mon bon souvenir et cette grand-voile doit me mener jusqu’à la ligne d’arrivée.
Aujourd’hui, c’était petits airs, ciel bleu et nuages blancs. Très agréable si ce n’est pour la grosse houle de Nord-Ouest qui m’arrêtait sur ma lancée quand Aviva retombait d’une vague. C’est une progression difficile mais c’était le cap au Nord que je devais suivre pour contourner l’anticyclone qui passait à l’Est juste au-dessus de moi. Je vois que Pindar a négocié ce même système de hautes pressions mais en étant un peu plus près de son centre. Nous devrions tous les deux toucher une nouvelle brise ce soir qui devrait nous faire faire du gros reaching pendant deux jours avant de nous attaquer à notre dernier obstacle, un autre anticyclone qui protège le Golfe de Gascogne."

Le mardi 10 février 2009 à 15:30A qui écrivez-vous ?

Pour les internautes inscrits aux services privilégiés dans « Le Carré » du Vendée Globe sur ce site, il est possible d’envoyer des messages aux skippers. Jusqu’ici des dizaines de milliers de messages ont été reçus de partout dans le monde. En termes de popularité, la hiérarchie ne respecte pas tout à fait le classement. En tête et ce n’est guère une surprise étant donné sa joie et son enthousiasme, c’est désormais Sam Davies, qui semble intéresser le plus grand nombre ayant reçu quelques dizaines de messages de plus que le vainqueur de la course, Michel Desjoyeaux. Ceux qui ont abandonné la course ne sont pas oubliés non plus, car ce sont Loïck Peyron, Roland Jourdain et Yann Eliès, qui occupent les places suivantes, ayant suscité l’intérêt des internautes, qui continuent de leur adresser des mots de soutien.

Le mardi 10 février 2009 à 14:54Ce week-end, en fonction de Neptune et d’Eole

Ce week-end, en fonction de Neptune et d’Eole

« Sur le plan d'eau, il fait super beau. Je suis en train de chercher le soleil pour vous l'amener aux Sables d'Olonne. C'est super compliqué, je suis en train de courir le plus vite possible pour essayer rester dans le Nord-Est de l'anticyclone. Je croise les doigts pour avoir du vent, et j'essaye également de trouver la meilleure route pour passer le golfe de Gascogne. J'ai fait tourner plein de routages, au mieux j’arrive samedi matin, ou au pire dimanche soir. Ça dépend vraiment si je me retrouve dans une petite bulle sans vent, ce qui changerait l'ETA. Ça doit être super stressant pour Marc (Guillemot), déjà que moi je suis fatigué, lui doit l'être dix fois plus sans sa quille. Heureusement, Neptune est assez gentil avec nous, et je remercie Eole de donner du petit air pour que Marco arrive en sécurité. Heureusement il a fait un peu de multicoque, du coup il est habitué de ne pas avoir de quille. » Samantha Davies sur Roxy à la vacation de 11h30. 

Le mardi 10 février 2009 à 13:43En attendant le vent

En attendant le vent

« J'ai bricolé, ça m'a occupé. Il y a du vent apparent et j'avance à six nœuds. J'ai pris la météo à sept jours et il n'y a pas beaucoup de vent, sinon dans le nez : l'approche va être très longue jusqu'à la latitude des Açores. La nourriture à la limite ce n'est pas grave, mais pour le gasoil, je ne suis pas riche. Le bateau commence à en avoir marre et il se demande quand on arrive. J'ai des petits problèmes électriques à cause de l'humidité constante, un peu de jeu dans mes safrans et dans le vent faible, ça claque un peu plus. Ce n'est pas très grave, mais pas agréable non plus. J’ai fait des petites bricoles, comme sur l'iridium, et on fait attention à l'énergie à bord. Je t'avoue que quand j'ai appris que Marc avait perdu sa quille, j'ai eu franchement les boules, et à chaud comme ça, pour ceux qui ont abandonné avec leur bateau neuf, les architectes devraient en tirer les conséquences.» Arnaud Boissières sur Akena Vérandas à la vacation de 11h30. 

Le mardi 10 février 2009 à 13:26Un air de dériveur

Un air de dériveur

Marc Guillemot (Safran) à la vacation du jour : « La stabilité du bateau sans quille, ce n'est pas Bilou qui va me contredire, est vraiment surprenante. J'ai navigué avec trois ris/trinquette, les ballasts pleins, dans un vent pas très violent. J'ai eu un début de journée un petit peu actif et ça m'a vraiment fait du bien d'avoir du calme. Ça me fait marrer, parce qu'on va croire que je ne peux pas m'en empêcher, mais je suis monté au mât pour défaire le bout qui maintenait le brelage. Une fois en haut, j'en ai profité pour descendre la grand voile qui n'était pas bien descendue. De retour sur le pont, je me suis rendu compte, idiot, que j'avais laissé le bout du brelage en haut. Donc, je suis remonté et j'ai rattrapé le coup. Je me marre, mais je suis un peu rincé. C'est vrai que sur ce Vendée Globe, si je n'avais pas un peu relevé les manches et bricolé avec les mains, ça fait longtemps que j'aurais fait demi-tour. Je ne suis pas un malade de la bricole, mais j'ai vraiment été obligé de m'y mettre, car il y a en permanence des choses à gérer. La situation ne m'amuse pas vraiment, j'ai fait trois routages différents et je pense que je vais prendre une route très Nord, sous Code zéro. Je pense qu'une arrivée lundi, le 16, c'est quelque chose de réaliste et pour ce qui est du podium, hier matin il était visible à l'œil nu, l'après-midi avec des jumelles et là, j'y crois toujours mais avec un optimisme de plus en plus modéré... Je pense que ça va plutôt être en faveur de Samantha. Ceci dit, il faudra qu'elle vienne la chercher sa troisième place, je vais quand même essayer d'être combatif ! Hier soir, j'ai eu un message de Yann, il m'a conseillé de jouer la prudence, c'était très sympa, ça m'a touché au cœur.
C'est assez surprenant, parce que j'ai eu les commentaires de Bilou par rapport à un bateau qui navigue sans quille, et comme je le disais, j'ai une grande stabilité. J'ai marché à quatorze ou quinze nœuds et plus ça accélérait, plus Safran se stabilisait. On se sent presque en sécurité : j'ai dormi avec l'écoute à la main, mais j'ai dormi comme un loir. Tout ceux qui ont navigué en dériveur savent mieux que moi qu'un bateau sans quille est relativement stable, mais il faut être un peu plus aux écoutes. Si tu veux pousser un peu, il faut vraiment gérer, une écoute à la main et la barre dans l'autre. »

Le mardi 10 février 2009 à 12:21Difficiles estimations

Les ETA (Estimated Time Arrival) restent très aléatoires en raison des conditions anticycloniques de calmes sur l'arrivée dans le golfe de Gascogne. Les solitaires vont devoir faire une route très Nord pour tenter de contourner cette bulle. Mais Samantha Davies (Roxy) n’est pas attendue avant samedi, la Britannique estimant quant à elle qu’elle pourrait franchir la ligne d’arrivée dimanche. Pour Marc Guillemot (Safran), un final lundi est possible s’il n’y a pas trop de pétole. Quant à Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Cafari (Aviva), il semble raisonnable de tabler sur une arrivée à partir de lundi midi, avec une marge de 48 heures… 

Le mardi 10 février 2009 à 11:10Petit temps en perspective

Petit temps en perspective

Samantha Davies, dans un message envoyé cette nuit :
"Moins de 900 milles, l'arrivée semble se rapprocher ! Bien qu'à partir de maintenant, Roxy va commencer à ralentir, se faisant prendre dans les hautes pressions qui nous foncent dessus. Encore une fois, je vais avoir quelques jours de frustration dans du vent faible - l'Atlantique teste vraiment mes capacités de navigation sous peu de vent ! Et mon rêve d'être à la maison pour la Saint Valentin semble difficile à concrétiser ! Au lieu d'essayer d'éviter ces hautes pressions, ce qui semble presque impossible, j'essaye de mettre Roxy au meilleur endroit pour attraper le vent de l'autre côté ! Plus facile à dire qu'à faire, car les données météo sont assez vagues !
 Cependant, je suis incroyablement heureuse de la météo pour Marco, car le vent faible va lui permettre d'atteindre l'arrivée en sécurité. Après tout ce qu'il a fait, il mérite d'y être et je garde les doigts - et tout le reste - croisés, pour que tout aille bien pour
Safran et lui.
 Hier était une journée humide et agitée, mais rapide et drôle ! Une fois le vent tombé, j'ai eu beaucoup de choses à faire, défaire les ris et changer la voile d'avant... maintenant, nous sommes à pleine voilure.
Roxy est propre, lavé par les tonnes et tonnes d'eau qui ont rincé le pont et le cockpit ! Maintenant, le temps devrait les sécher et je vais devoir faire attention à ne pas renverser mon thé ou mon repas sur le pont car il n'y aura probablement plus de telles conditions "machine à laver" !"

Le mardi 10 février 2009 à 10:42Des vacations maintenues

Des vacations maintenues

En raison des dégâts causés par la tempête sur le Village Arrivée du Vendée Globe, il n’y aura pas de vacation publique avec les coureurs encore en course. La tente où est stocké le matériel a été endommagée. Elle est fermée au public, jusqu’à nouvel ordre. Mais l'équipe rédactionnelle téléphonera aux skippers en mer pour une vacation en direct sur le site Internet.

 

Le mardi 10 février 2009 à 10:1576 nœuds à l’île d’Yeu

Des rafales de 76 nœuds (136 km/h) ont été enregistrées à minuit à l’Île d’Yeu et 72 nœuds au Château d’Olonne vers une heure du matin, au plus fort de la tempête. A port Olona, l’anémomètre de Brit’Air, au ponton depuis samedi dernier, a affiché 63 nœuds !

 

Le lundi 09 février 2009 à 18:06Les explications de Marc Guillemot

Les explications de Marc Guillemot

Le skipper de Safran a été contacté vers 16h30 lors d’une vacation exceptionnelle. Il revient sur les éventements de ces dernières heures.

Les causes, les réparations

« Ce qui s‘est passé est la conséquence, je pense, d’une vieille histoire. Sous les Kerguelen, j’avais cartonné un gros mammifère marin. J’étais passé d’un coup de 20 à 0 nœud. Et depuis quelques temps, j’avais l’impression que la quille donnait des coups de raquette. Ça s’est amplifié après les Açores. Et hier, la quille a commencé à se balader d’avant en arrière. Sous les conseils de Guillaume Verdier (un des architectes du bateau, ndr), j’ai sécurisé tout ça pendant une bonne partie de la nuit avec un système de brelage qui passait par le pont et qui était repris sur le winch au pied de mât. Je suis arrivé à bloquer la quille et j’étais content de mes finitions. Quand j’ai tout terminé il y a quelques heures, je suis allé à l’extérieur pour retendre le brelage et là, j’ai été étonné de voir que ça montait très haut. Quand je suis revenu à l’intérieur, j’ai constaté que tout était parti.

Soulagé sans sa quille
Contrairement à ce qu’on pourrait croire, j’ai dit ‘ouf’. Parce qu’avoir un pendule de trois tonne qui se ballade 4,5 mètres sous l’eau, c’est terrible. On sait qu’on risque de tout casser. Une fois que la quille est tombée, j’étais soulagé. J’avais déjà rempli mes ballasts et préparé ma sécu. Sans la quille, c’est moins tressant, vous ne pouvez pas vous imaginer !

Configuration actuelle
En ce moment, j’ai tous les ballasts au vent remplis. Je dois avoir 5 à 6 tonnes d’eau qui me permettent de tenir en équilibre. Je suis sous trois ris et foc de route, je marche à 10/11 nœuds. La mer est encore relativement agitée, mais le vent est bien descendu, je dois avoir 12 à 13 nœuds.

Objectif : terminer la course
Pour l’instant, je continue ma course. J’ai vraiment, vraiment envie d’arriver aux Sables d’Olonne. Pour la troisième place, ça risque d’être bâché mais je veux finir, quelle que soit ma position à l’arrivée…

Je suis un peu rincé. Tout cela a demandé beaucoup de travail toute la nuit et ce matin… et vous imaginez le ‘bronx’ dans le bateau ; j’ai déjà passé 2h30 à nettoyer et ce n’est pas fini… »