Dee Caffari (Aviva) dans un message envoyé aujourd'hui : "La navigation devrait être agréable. Nous avons trente à trente-cinq nœuds de vent et un ciel bleu avec de beaux nuages blancs. Les vitesses du bateau sont rapides et le décompte des milles arrive à son terme. Pourtant sur Aviva, le niveau de stress est élevé.
Un vent de quarante nœuds, la nuit dernière, à travers la grand-voile, ne lui a pas fait beaucoup de bien et une autre section de fibres est partie. Je retiens mon souffle pour les 24h à venir, avant que le vent ne se calme. Une fois dans les calmes, je pourrais la renvoyer et, j'espère, la laisser. Peut-être que les hautes pressions sont une chance déguisée, car je ne pense pas qu'une autre dépression soit bénéfique à ma grand-voile ou à mon niveau d'anxiété.
Malheureusement donc, pour éviter de nouveaux dégâts sur les fibres, je vais devoir attendre du vent plus léger avant de la hisser et je risque de perdre encore plus de milles sur Pindar, mais comme nous avons tous à passer à travers ces hautes pressions, tout n'est pas perdu."
A la uneBrèves
Bonne vitesse, stress élevé
11.02.2009
Anticiper la bulle
11.02.2009Samantha Davies (Roxy) à la vacation du jour : "Je suis au soleil, sous spi, au large du golfe de Gascogne et je marche entre dix et onze nœuds. Aujourd'hui, j'essaye de garder mon spi le plus longtemps possible mais demain, ce ne sera pas facile. J'essaye de comprendre les fichiers météo et c'est un peu n'importe quoi dans le golfe... Mais je fais ce qui est le mieux pour avancer vers l'est. Tous les routages que j'ai fait me font arriver le samedi matin tôt, mais ça va aussi dépendre de la petite bulle sans vent : s'il y a cinq nœuds, ça ira, mais s'il n'y en a vraiment pas... Physiquement, je me sens toujours en forme, j'ai la pêche ! Tous les changements de voile de ces derniers jours – et ce n'est pas encore fini – me vident de mon énergie, mais plus j'approche des Sables, plus je vais retrouver cette énergie pour arriver ! J'ai déjà jeté ce dont je n'avais pas besoin en nourriture, il me reste même assez de chocolat et de bonbons pour tenir plusieurs jours ! Mais là, j'ai surtout envie de croquer une pomme et des fruits frais, mon corps veut des vitamines ! Quant à Marco, j'ai beaucoup de respect pour ce qu'il fait, il arrive à avancer à la même vitesse que moi, sans quille !"
Trois alertes dans la nuit
11.02.2009Marc Guillemot (Safran) à la vacation : "J'ai douze nœuds de vent et il y a toujours cette houle résiduelle, la mer n'est pas agréable. Quand le vent mollit, comme ce matin, ça devient difficile avec les voiles qui claquent et la mer qui continue à avoir de la houle. C'était chaud, cette nuit, j'ai eu trois alertes, il faut que je garde l'écoute au poignet pour dormir. J'ai du choquer en catastrophe... La troisième place est loin d'être acquise et je m'en voudrais de ne pas m’être battu pour la conserver. Depuis le lever du jour, je surveillais le baromètre, et quand j'ai senti que ça mollissait, je me suis préparé pour l'empannage, ce qui m’a pris 35 minutes, pour être sécurisé avec les ballasts. Mais au moment où j'ai empanné, il n'y avait plus que 7 nœuds de vent. La prochaine fois il faudra que j'anticipe plus. J'arrive plutôt lundi. Enfin, au portant je vois comment je me situe, mais au près, c'est plus difficile d'anticiper. Ce n'est pas simple, et sur l'autre amure, en route directe vers les Sables, plus ça allait, plus ça adonnait et avec la houle, c'était difficile, le bateau roulait. Le pilote avait du mal, il m'a fait un empannage intempestif. C'était un peu chaud mais tout s’est réglé quand j’ai déconnecté le pilote."
Signes de fatigue
11.02.2009Sam Davies (Roxy) dans un message envoyé cette nuit : "J'écris au clair de lune, qui ruisselle dans la cabine, alors que Roxy caracole sous Sophie, le grand spinnaker. La lune brille derrière elle et souligne la silhouette de la fille imprimée dessus - c'est magnifique !
Deux changements de voile aujourd'hui - Geneviève d'abord ( qui était très heureuse d'étendre sa toile, ayant passé la journée précédente bien roulée et serrée dans trente nœuds de vent ), puis Sophie, le spi. A chaque fois c'est dur de hisser la voile (qui pèse à peu près le même poids que moi) en haut du mât. Après, je suis vidée pour quelques minutes ! Mes mains souffrent aussi et je pense qu'il faudra plus d'une manucure pour les retransformer en mains de fille !
Maintenant, c'est le moment que je préfère - pouvoir avancer avec de grandes voiles dans la nuit noire. C'est un peu excitant, de laisser Roxy naviguer seule avec tant de puissance et il faut de l'entrainement pour arriver à dormir ! Heureusement, j'en ai plein !
J'ai déjà fait un petit somme, mais j'ai été brutalement réveillée quand mon lit (normalement horizontal) s'est brusquement penché et je me suis retrouvée en tas, à l'endroit où normalement étaient mes pieds... un petit "dérapage" causé par une, très impolie, rafale à 22 nœuds ! J'étais sur le pont en quelques secondes pour relâcher la toile et Roxy se remit droite rapidement, le mât pointant dans la bonne direction !
Le seul souci fût que dans la précipitation, j'ai mis mes bottes aux mauvais pieds ! Je ne sais pas pourquoi mais ça m'arrive fréquemment tout au long de ce voyage. J'ai même écrit "bâbord" et "tribord" dessus mais ça n'a rien changé. Je m'en sers pour réaliser à quel point je suis fatiguée. Si je mets les deux bottes avant de réaliser qu'elles sont aux mauvais pieds, je suis vraiment trop fatiguée !
Il me reste un peu plus de 600 milles - une vraie "Fastnet Race" (régate Cowes-Plymouth) - et ma dernière ETA est pour samedi au petit matin ! Bien que cela pourrait changer, car le vent semble assez faible et compliqué pour mes 200 derniers milles..."
Restrictions énergétiques
11.02.2009« En ce moment, pour économiser le gazole, c’est assez simple : tout est éteint à part le pilote. J’allume l’ordinateur trois fois par jour au moment des classements et je me passe de celui édité la nuit car l’éolienne tourne mais ne produit pas suffisamment d’électricité. C’est moins gênant que pendant la descente de ne plus avoir de classement car je n’ai personne à surveiller en particulier. Il faut mieux que ça arrive maintenant. Je pense que j’aurais assez de carburant pour terminer mais je souhaite qu’il m’en reste pour le golfe de Gascogne afin de pouvoir ballaster. Parfois quand il n’y a pas de vent, je choisis de garder mes ballasts remplis en attendant que le vent rentre à nouveau. La nuit, je conserve mes feux de mât et l’AIS, qui consomme très peu, est constamment allumé. Hier, un cargo était à 9 milles et c’est grâce à ce système qu’il m’a repéré. J’ai également arrêté de regarder des films depuis longtemps et mon seul loisir est d’écouter de la musique grâce au casque, et je ne le fais que lorsqu’il y a du soleil car l’Ipod est branché sur l’allume-cigare. J’économise également en prenant peu de fichiers météo. Ce n’est pas gênant en ce moment sur le plan sportif car il n’y a qu’une chose à faire, c’est gagner dans le Nord. Ce n’est pas un drame, mais c’est frustrant d’avoir tant de matériel à bord et de ne pas pouvoir m’en servir. » Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) par mail.
Retour de BT en avril
11.02.2009« Pour le moment, j'attend que BT rentre de Nouvelle-Zélande, donc je travaille sur ma préparation physique et prépare au mieux le retour du bateau et la suite de la saison. Je vais également participer à plusieurs régates hivernales en Bretagne et sort ma planche à voile dès que les conditions le permettent ! » explique Sébastien Josse. Pendant ce temps, les membres de l'équipe technique de BT se sont rendus à Auckland pour effectuer le chantier du bateau. L'équipe au complet effectue les réparations majeures du bateau afin de le préparer pour la saison 2009. Le travail de composite est désormais en cours après une analyse complète des dégâts. Une fois ce travail minutieux effectué, BT sera chargé sur un cargo en direction de l'Europe où il retrouvera sa nouvelle base pour 2009 : Port La Foret. Sébastien et BT devraient donc commencer à s'entraîner dès la fin du mois d'avril en Bretagne.