Marc Guillemot (Safran) à la vacation : "La nuit a été très calme. J’ai l’impression d’accompagner le centre anticyclonique et j’ai du mal à passer de l’autre coté, ça fait de petites vitesses et une ETA de plus en plus difficile a prévoir. Il y a deux jours, j’avais entre 12 et 17 nœuds de vent, au portant, et ça se gérait bien, mais cette nuit, je n’en avais pas beaucoup, 6 ou 7 nœuds et j'ai voulu vider mon ballast avant pour accélérer. Le vent est monté à 9 ou 10 nœuds et le bateau a commencé à giter dans cette petite rafale. J'ai voulu choquer, je suis tombé de ma bannette, je me suis cassé la gueule. J’ai vraiment cru que j’y allais, mais heureusement j’ai pu réussir à attraper l’écoute. Tout ca pour dire que le petit temps, c’est un peu un piège car on a tendance à vouloir lever le curseur et laisser de coté la sécurité... J’ai tout re-rempli et c’est plus dur, mais c’est plus sécurisant. Faire du près ne va pas arranger pas mes affaires et je ne sais pas comment je vais gérer ça... Certainement pas avec le Code 0. Et puis, il y a un bord qui sera délicat pour moi : quand j'avais rencontré le cétacé, j'avais changé de dérive bâbord. Celle-là est plus petite, donc ce bord va être difficile, sans compter la grand voile réduite, le bateau ne sera pas vraiment équilibré. La troisième place, c’est définitivement terminé : les deux autres vont passer devant moi. Quand on repart, on à tendance à se dire qu'on est toujours en course, qu'on joue le classement, mais on a rapidement tendance à oublier que le principal c'est de ramener le bateau. Il faut juste réussir à accepter tout ça, essayer de terminer et apprendre à faire marcher le bateau sans lest. Enfin, ça risque quand même d'être le radeau de la méduse à l'arrivée..."
A la uneBrèves
Guillemot l'équilibriste
12.02.2009
Galère nord-atlantique
12.02.2009Arnaud Boissières (Akena Verandas) à la vacation : "J’ai eu une nuit un peu particulière, mais ce matin c’est plus établi. Un coup de vent, un coup de pas de vent… Et j’ai mon éolienne qui m’a dit au-revoir après un court-jus. Je pense avoir de nouveau un vent un peu plus stable demain en fin de journée. D'ici là, il faut être patient. Cette remonté de l’Atlantique, c’est bien galère, je n’ai pas beaucoup de plaisir avec une voile qui me manque devant. Pour faire du près, ce n’est pas facile. J’espère que dans 24h, ce sera un peu plus clair car c’est vrai que l’anticyclone qui me barre la route est assez impressionnant. J’espère aussi que d’ici demain, ça va donner un peu plus pour moi, pour pouvoir faire une route nord/nord-est. L’arrivée, je n’y pense pas du tout car 150 milles par jour, ce n’est pas très glorieux ! Ça fait partie du jeu, mais c’est un peu frustrant car depuis l’Uruguay, je n’ai pas eu beaucoup de moments où je me suis dit que j’avais de bonnes conditions pour bien aller. Encore maintenant, le vent est en train de mollir... Je prends ça avec amusement."
Rayon de soleil
12.02.2009Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à la vacation : "Humide, mais ça va. J'étais au cœur d'une dépression la nuit dernière et j'ai eu une grosse rotation, j'approche des côtes du Brésil et ici, quand il pleut, il pleut... J'en profite pour faire ma lessive. Hier soir, c'était sérieux, 40 à 50 nœuds et là, je vais récupérer un flux le long du Brésil, mais j'en ai encore pour quelques jours à me dépatouiller là dedans... La nuit dernière était intense, le bateau n'a jamais autant tapé et j'ai cru que tout allait casser, donc ce matin, de voir un rayon de soleil... Je suis content parce qu'en plus, la météo, qui est forcément à la base de ma course, est ma principale source d'énergie et je sais que ce soir, je vais remplir mes batteries. Heureusement que ça marche, sinon c'est la course qui s'arrête. Tout ce qui est mécanique a bien résisté aux tempêtes, à ma grande surprise. Il faut aussi que je gère les voiles qui cachent parfois le soleil. Dans la descente, j'étais plein tous les soirs et là, il faut que j'arrive à aller jusqu'aux Açores et ce sera gagné à 100%. Pour ce qui est des vivres, j'avais seize caisses de nourriture. J'avais fait des réserves et Il y a quelques jours, j'ai tout refait, tout vérifié et il n'y a pas de problème, je reprends même un peu de poids."
Nuit frustrante pour Rich
12.02.2009Rich Wilson (Great American III) dans un message envoyé cette nuit : "Journée difficile avec des vents changeants, 20 noeuds, 2 noeuds, Est, Nord-Est, Nord, Nord-Ouest, nuages noirs sans vent, manœuvres en réponse aux menaces, en vain, 10 changements de voile aujourd'hui, pour rien, aller 12 nœuds dans la bonne direction, puis 9 nœuds dans une très mauvaise, des vagues de 6 à 7 mètres, sans vent pour les diriger, arrivant de plusieurs directions, que se passe-t-il ? Très frustrant, c'est le moins qu'on puisse dire. Une rencontre avec un bateau la nuit dernière, nous sommes passés bord à bord, un appel à la VHF lorsque nous étions à un demi-mille par le travers, son radar s'est mis en marche d'un coup, je ne pense pas qu'il avait la moindre idée que nous étions là. La pleine lune a été spectaculaire."
L’hebdo de la semaine…
12.02.2009Nouvelle émission ce jeudi entre 17h30 et 18h30 animée par Pierre-Louis Castelli (The Voice) pour faire le point sur une semaine riche en rebondissements : l’arrivée d’Armel Le Cléac’h, la perte de quille de Marc Guillemot, la nouvelle tempête subie par Norbert Sedlacek et Raphaël Dinelli au large de l’Uruguay, l’arrivée prochaine de Samantha Davies. Pour parler de tous ces évènements, Richard Silvani de Météo France, Pascal Conq du cabinet d’architecture navale du Groupe Finot, Alain Gautier consultant sécurité du Vendée Globe, Denis Horeau directeur de course, Dominic Bourgeois Tirésias rédactionnel… et les solitaires en mer : Samantha Davies et Marc Guillemot.
Tempête pour Norbert
12.02.2009« La nuit était l’une ou la plus dure de toute la course. Entre midi et 1 heure TU du matin, j’ai eu du vent extrêmement fort : il y a avait des rafales de la force d’un ouragan. Je n’ai pu faire grand chose au début sans m’accrocher très fort ! C’était un creux barométrique qui a fait sauter le vent de l’Est au Nord-Ouest puis Sud-Ouest… C’était complètement fou… Une fois le vent s’est arrêté brusquement pour repartir aussi subitement avec une force incroyable. Le bateau s’est couché 3 ou 4 fois à 90° alors le mât, la bôme et les voiles étaient dans l’eau… Ma caméra vidéo est morte – elle était dans l’eau et dans huile – car une bouteille d’huile s’est cassée. C’est partout super glissant. Il y a des vraies montagnes d’eau. Tu montes et tout d’un coup, tu descends abruptement… Je suis très fatigué car j’ai barré des heures dans une houle très forte. Quelquefois je n’ai pu pas tenir la barre avec les mains – je l’ai fixé avec les pieds – la pression de l’eau sur les safrans était trop forte. J’ai plusieurs pinçons et les muscles font mal… Maintenant il me reste qu'à attendre qu’il fasse jour pour voir les dégâts et vérifier les choses cassées pour commencer à nouveau à réparer, nettoyer et ranger tout… En ce moment il y a encore de l’houle : des montagnes de l’eau … Dés qu’il n’y aura que des collines d’eau je vais traiter les photos et vidéos puis vous les envoyer pour vous donner une idée de ce qui s’est passé pendant la nuit... » Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) par mail