Samantha Davies (Roxy) à la vacation : "Mes conditions sont mollissantes, je rentre dans le petit anticyclone qui va m'arrêter pour quelque heures. La mer commence à se calmer, du coup on avance toujours, mais on va un peu ralentir. C'est sûr, que ce ne sera pas vraiment le temps habituel d'un 60 pieds, entre ici et les Sables d'Olonne... Je pense à une ETA entre vendredi soir et samedi matin. Ça va être bien de finir sous spi le long de la côte ! Pour l'instant, je fais le maximum pour gagner toutes les minutes que je peux et il va falloir que je travaille dur dans les prochaines 36h. Je suis contente d'avoir fait quatre ans de Figaro, parce que ça ressemble à une moitié d'étape et je sais que je peux être à 100% !"
A la uneBrèves
200 milles
12.02.2009
Eliès aux Sables
12.02.2009Toujours engagé dans un programme de rééducation pour recouvrer ses moyens physiques, Yann Eliès a prévu de rejoindre les Sables d’Olonne pour y accueillir Samantha Davies et Marc Guillemot : « Je compte bien les accueillir sur l’eau. Je dois embarquer pour les rejoindre dans la zone protégée du port, là où il n’y a pas de vagues, et les accompagner dans la remontée du chenal dans les derniers instants de leur Vendée Globe. Il me tient à cœur d’être présent pour chacun d’eux : je n’oublie pas qu’ils ont tous les deux cravaché pour me rejoindre et me soutenir dans l’attente de mon évacuation par les secours australiens. Ils méritent tous les deux de monter sur le podium : chacun a fait une course superbe. Sam doit arriver samedi, il y a plus d’incertitude pour Marco qui progresse dans une situation périlleuse… »
L'anticipation du golfe
12.02.2009Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) : "Plus que 950 milles et c'est assez incroyable de penser que ça ne représente qu'1/28ème de cette aventure. L'Europe grossit sur mon écran, avec tous ces noms familiers entre l'Espagne et l'Irlande, entourant l'essentiel : les Sables. D'ici là, j'ai 36h de navigation rapide avec la dépression qui me pousse, puis un gros ralentissement dans le golfe de Gascogne, avec les hautes pressions qui se seront formées là. Le vent est aux alentours de 30/35 noeuds et les vagues montent parfois à 5 mètres, mais la dépression va ralentir à mesure qu'elle approche l'Europe, donc je vais commencer à accélérer pour en sortir et arriver dans les conditions plus calmes qui m'attendent. C'est une expérience nouvelle dans cette course. Plus au sud, elles ne font que passer sur vous, mais celle-ci, j'ai réussi à rester en phase avec elle.
Je croise les doigts pour que Marc rejoigne la ligne d'arrivée en sécurité, il se débrouille vraiment bien en ce moment. Bilou a brillamment réussi à traverser un fort coup de vent avec son Veolia sans quille, sans oublier Nick Moloney et Mike Golding qui ont rendu la chose presque "commune" - peut-être devrait-il y avoir un terme pour ça !"
Guillemot l'équilibriste
12.02.2009Marc Guillemot (Safran) à la vacation : "La nuit a été très calme. J’ai l’impression d’accompagner le centre anticyclonique et j’ai du mal à passer de l’autre coté, ça fait de petites vitesses et une ETA de plus en plus difficile a prévoir. Il y a deux jours, j’avais entre 12 et 17 nœuds de vent, au portant, et ça se gérait bien, mais cette nuit, je n’en avais pas beaucoup, 6 ou 7 nœuds et j'ai voulu vider mon ballast avant pour accélérer. Le vent est monté à 9 ou 10 nœuds et le bateau a commencé à giter dans cette petite rafale. J'ai voulu choquer, je suis tombé de ma bannette, je me suis cassé la gueule. J’ai vraiment cru que j’y allais, mais heureusement j’ai pu réussir à attraper l’écoute. Tout ca pour dire que le petit temps, c’est un peu un piège car on a tendance à vouloir lever le curseur et laisser de coté la sécurité... J’ai tout re-rempli et c’est plus dur, mais c’est plus sécurisant. Faire du près ne va pas arranger pas mes affaires et je ne sais pas comment je vais gérer ça... Certainement pas avec le Code 0. Et puis, il y a un bord qui sera délicat pour moi : quand j'avais rencontré le cétacé, j'avais changé de dérive bâbord. Celle-là est plus petite, donc ce bord va être difficile, sans compter la grand voile réduite, le bateau ne sera pas vraiment équilibré. La troisième place, c’est définitivement terminé : les deux autres vont passer devant moi. Quand on repart, on à tendance à se dire qu'on est toujours en course, qu'on joue le classement, mais on a rapidement tendance à oublier que le principal c'est de ramener le bateau. Il faut juste réussir à accepter tout ça, essayer de terminer et apprendre à faire marcher le bateau sans lest. Enfin, ça risque quand même d'être le radeau de la méduse à l'arrivée..."
Galère nord-atlantique
12.02.2009Arnaud Boissières (Akena Verandas) à la vacation : "J’ai eu une nuit un peu particulière, mais ce matin c’est plus établi. Un coup de vent, un coup de pas de vent… Et j’ai mon éolienne qui m’a dit au-revoir après un court-jus. Je pense avoir de nouveau un vent un peu plus stable demain en fin de journée. D'ici là, il faut être patient. Cette remonté de l’Atlantique, c’est bien galère, je n’ai pas beaucoup de plaisir avec une voile qui me manque devant. Pour faire du près, ce n’est pas facile. J’espère que dans 24h, ce sera un peu plus clair car c’est vrai que l’anticyclone qui me barre la route est assez impressionnant. J’espère aussi que d’ici demain, ça va donner un peu plus pour moi, pour pouvoir faire une route nord/nord-est. L’arrivée, je n’y pense pas du tout car 150 milles par jour, ce n’est pas très glorieux ! Ça fait partie du jeu, mais c’est un peu frustrant car depuis l’Uruguay, je n’ai pas eu beaucoup de moments où je me suis dit que j’avais de bonnes conditions pour bien aller. Encore maintenant, le vent est en train de mollir... Je prends ça avec amusement."
Rayon de soleil
12.02.2009Raphaël Dinelli (Fondation Ocean Vital) à la vacation : "Humide, mais ça va. J'étais au cœur d'une dépression la nuit dernière et j'ai eu une grosse rotation, j'approche des côtes du Brésil et ici, quand il pleut, il pleut... J'en profite pour faire ma lessive. Hier soir, c'était sérieux, 40 à 50 nœuds et là, je vais récupérer un flux le long du Brésil, mais j'en ai encore pour quelques jours à me dépatouiller là dedans... La nuit dernière était intense, le bateau n'a jamais autant tapé et j'ai cru que tout allait casser, donc ce matin, de voir un rayon de soleil... Je suis content parce qu'en plus, la météo, qui est forcément à la base de ma course, est ma principale source d'énergie et je sais que ce soir, je vais remplir mes batteries. Heureusement que ça marche, sinon c'est la course qui s'arrête. Tout ce qui est mécanique a bien résisté aux tempêtes, à ma grande surprise. Il faut aussi que je gère les voiles qui cachent parfois le soleil. Dans la descente, j'étais plein tous les soirs et là, il faut que j'arrive à aller jusqu'aux Açores et ce sera gagné à 100%. Pour ce qui est des vivres, j'avais seize caisses de nourriture. J'avais fait des réserves et Il y a quelques jours, j'ai tout refait, tout vérifié et il n'y a pas de problème, je reprends même un peu de poids."