Norbert Sedlacek (Nauticsport Kapsch) dans un message, au sujet de la journée de mercredi : "Ca a été une journée très difficile pour moi, la plus dure depuis le départ !
Le fichier météo s'est complètement trompé et je n'étais pas préparé à 100% à ce qui arrivait, mais au final, ma "vieille dame" et moi ne nous sommes pas trop mal débrouillés. Il y a quelques dégâts, mais je vais m'occuper de nettoyer le bateau dans les jours à venir.
La mer était énorme, avec des grains blancs et du vent aux alentours de 80 noeuds. L'océan avait un aspect fantastique et dynamique, avec de hautes et imprévisibles vagues, on aurait dit une bête dangereuse qui vous pousse dans toutes les directions et attend que vous fassiez une erreur, jusqu'à que vous et votre bateau finissiez en nourriture pour poisson !"
A la uneBrèves
Quelques dégâts sur Nauticsport
13.02.2009
Le village du Vendée Globe rouvrira ses portes samedi matin
12.02.2009Après les dégâts subis par le village du Vendée Globe lors de la tempête de la nuit du 9 au 10 février, Philippe de Villiers, Président de la SEM Vendée, organisateur du Vendée Globe, avait réaffirmé sa volonté de rouvrir le village le plus rapidement possible, ceci dans des conditions de sécurité maximales, afin que le public puisse accueillir les skippers encore en course. Ce sera chose faite dès samedi matin grâce à la volonté de l'organisation de la course, des équipes de la SEMAF, société vendéenne dont le siège est à Mouilleron le Captif, concessionnaire du village, et de l'ensemble des prestataires. C'est un véritable exploit qui va être réalisé. En effet, la grande tente qui accueillait l'exposition du Conseil Général de la Vendée présentant la course ainsi que la brasserie, ayant été déclarée hors d'usage, il s'agit de la démonter entièrement et de remonter deux structures, l'une de 300 m2 pour la brasserie, et une seconde de 375 m2 pour l'exposition. En prenant à sa charge les montages et démontages de ces deux structures, la SEMAF témoigne ainsi sa volonté d'accompagner la course jusqu'à son terme. Ainsi, face à cette « fortune de terre », la mobilisation de toutes les équipes impliquées autour de la course permettra au village du Vendée Globe d'être fin prêt pour accueillir Samantha Davies, prochaine solitaire attendue sur la ligne d'arrivée, et Marc Guillemot qui poursuit sa route vers les Sables d'Olonne sans quille.
200 milles
12.02.2009Samantha Davies (Roxy) à la vacation : "Mes conditions sont mollissantes, je rentre dans le petit anticyclone qui va m'arrêter pour quelque heures. La mer commence à se calmer, du coup on avance toujours, mais on va un peu ralentir. C'est sûr, que ce ne sera pas vraiment le temps habituel d'un 60 pieds, entre ici et les Sables d'Olonne... Je pense à une ETA entre vendredi soir et samedi matin. Ça va être bien de finir sous spi le long de la côte ! Pour l'instant, je fais le maximum pour gagner toutes les minutes que je peux et il va falloir que je travaille dur dans les prochaines 36h. Je suis contente d'avoir fait quatre ans de Figaro, parce que ça ressemble à une moitié d'étape et je sais que je peux être à 100% !"
Eliès aux Sables
12.02.2009Toujours engagé dans un programme de rééducation pour recouvrer ses moyens physiques, Yann Eliès a prévu de rejoindre les Sables d’Olonne pour y accueillir Samantha Davies et Marc Guillemot : « Je compte bien les accueillir sur l’eau. Je dois embarquer pour les rejoindre dans la zone protégée du port, là où il n’y a pas de vagues, et les accompagner dans la remontée du chenal dans les derniers instants de leur Vendée Globe. Il me tient à cœur d’être présent pour chacun d’eux : je n’oublie pas qu’ils ont tous les deux cravaché pour me rejoindre et me soutenir dans l’attente de mon évacuation par les secours australiens. Ils méritent tous les deux de monter sur le podium : chacun a fait une course superbe. Sam doit arriver samedi, il y a plus d’incertitude pour Marco qui progresse dans une situation périlleuse… »
L'anticipation du golfe
12.02.2009Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) : "Plus que 950 milles et c'est assez incroyable de penser que ça ne représente qu'1/28ème de cette aventure. L'Europe grossit sur mon écran, avec tous ces noms familiers entre l'Espagne et l'Irlande, entourant l'essentiel : les Sables. D'ici là, j'ai 36h de navigation rapide avec la dépression qui me pousse, puis un gros ralentissement dans le golfe de Gascogne, avec les hautes pressions qui se seront formées là. Le vent est aux alentours de 30/35 noeuds et les vagues montent parfois à 5 mètres, mais la dépression va ralentir à mesure qu'elle approche l'Europe, donc je vais commencer à accélérer pour en sortir et arriver dans les conditions plus calmes qui m'attendent. C'est une expérience nouvelle dans cette course. Plus au sud, elles ne font que passer sur vous, mais celle-ci, j'ai réussi à rester en phase avec elle.
Je croise les doigts pour que Marc rejoigne la ligne d'arrivée en sécurité, il se débrouille vraiment bien en ce moment. Bilou a brillamment réussi à traverser un fort coup de vent avec son Veolia sans quille, sans oublier Nick Moloney et Mike Golding qui ont rendu la chose presque "commune" - peut-être devrait-il y avoir un terme pour ça !"
Guillemot l'équilibriste
12.02.2009Marc Guillemot (Safran) à la vacation : "La nuit a été très calme. J’ai l’impression d’accompagner le centre anticyclonique et j’ai du mal à passer de l’autre coté, ça fait de petites vitesses et une ETA de plus en plus difficile a prévoir. Il y a deux jours, j’avais entre 12 et 17 nœuds de vent, au portant, et ça se gérait bien, mais cette nuit, je n’en avais pas beaucoup, 6 ou 7 nœuds et j'ai voulu vider mon ballast avant pour accélérer. Le vent est monté à 9 ou 10 nœuds et le bateau a commencé à giter dans cette petite rafale. J'ai voulu choquer, je suis tombé de ma bannette, je me suis cassé la gueule. J’ai vraiment cru que j’y allais, mais heureusement j’ai pu réussir à attraper l’écoute. Tout ca pour dire que le petit temps, c’est un peu un piège car on a tendance à vouloir lever le curseur et laisser de coté la sécurité... J’ai tout re-rempli et c’est plus dur, mais c’est plus sécurisant. Faire du près ne va pas arranger pas mes affaires et je ne sais pas comment je vais gérer ça... Certainement pas avec le Code 0. Et puis, il y a un bord qui sera délicat pour moi : quand j'avais rencontré le cétacé, j'avais changé de dérive bâbord. Celle-là est plus petite, donc ce bord va être difficile, sans compter la grand voile réduite, le bateau ne sera pas vraiment équilibré. La troisième place, c’est définitivement terminé : les deux autres vont passer devant moi. Quand on repart, on à tendance à se dire qu'on est toujours en course, qu'on joue le classement, mais on a rapidement tendance à oublier que le principal c'est de ramener le bateau. Il faut juste réussir à accepter tout ça, essayer de terminer et apprendre à faire marcher le bateau sans lest. Enfin, ça risque quand même d'être le radeau de la méduse à l'arrivée..."