Vendée Globe

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A BORD BAHRAIN TEAM PINDAR / SKIPPER : BRIAN THOMPSON (UK)

Nuit caline

18.01.2009

« Nuit intéressante derrière l’île des Etats pendant la tempête de nord. Les deux premières heures, ce fut relativement calme avec vingt noeuds de vent et le bateau confortablement calé entre deux îles granitiques avec juste quatre ris dans la grand-voile. Ensuite les nuages se sont accumulés, la pluie a commence et le vent est monté. J’ai alors démarré en aller et retour sous le vent de l’île pour chercher l’endroit le plus abrité.

J’ai certainement trouvé l’endroit le plus venté de l’île avec des vents rabattants à plus de 50 nœuds. Je me suis échappé de cet endroit en pilotant sous une pluie battante si drue que le radar ne pouvait plus distinguer les contours de l’île. Je me suis référé aux traces antérieures du bateau pour ne pas risquer de toucher l’île. J’ai finalement trouvé un endroit sous le vent de l’île où le vent ne soufflait qu’à trente nœuds. En restant sous grand-voile à quatre ris seule, j’étais dans une position idéale. Ma dérive était compensée par un courant qui me ramenait vers l’île.

Le baromètre est descendu jusqu’à 963 hpa, ce qui est très profond. J’ai branché l’alarme de vent et je me suis accordé une petite sieste. Quand le vent est rentré du sud-ouest, j’ai décidé de faire route : hors de l’abri de l’île, le vent est monté rapidement à 45 nœuds. La grand-voile à quatre ris était parfaite dans cette mer courte générée par les précédents vents de nord. La journée s’est ensuite passée à faire route vers les Falklands à bonne vitesse avec une mer évaluée à sept mètres de creux malgré un fetch de moins de 200 milles depuis les côtes de Patagonie. » Brian Thompson, Bahrain Team Pindar, par courriel cette nuit.


 

AVIVA / SKIPPER : DEE CAFFARI (UK) - SUD DE LA NOUVELLE ZELANDE

Déterminée à finir...

17.01.2009

"C'est super de mettre le cap au nord. Nous avons encore 35 nœuds de vent et beaucoup de pluie. A chaque grain, le vent se lève de nouveau à 40 nœuds, mais normalement cela devrait mollir à 25 /30 nœuds. On savait que la tempête allait être grosse et méchante. Avec Akena, nous avons néanmoins eu un passage agréable sur le plateau continental lors du passage du Cap Horn. Le vent de sud-ouest caillait, mais on n'a pas vu de vents de plus de 55 nœuds. Nous avons donc pris la bonne décision et avons tous réussi notre passage, avant de remonter vers le nord. J'étais avec Akena et nous étions au près et je me disais : "Incroyable ! Je ne veux pas passer le Horn au près, ce serait fou." Le Cap Horn mérite bien sa réputation. Nous avons eu droit à une tempête. Enfin, Arnaud sur Akena a pu fêter son passage du Horn. J'espère retrouver la vitesse jusqu'à la prochaine déchirure, mais je suis déterminée à rentrer à la maison. Rester en course est déjà un succès en soi, étant donné le taux d'abandon." Dee Caffari, Aviva, à la vacation de 11h30

ON BOARD ROXY / SKIPPER : SAM DAVIES (UK)

Cause toujours...

17.01.2009

« J’ai du soleil, ciel bleu, mer plate, c’est nickel, sauf qu’il n’y a pas assez de vent. Dans le petit temps, il faut être réactif, parfois il y a tellement peu de vent que le pilote ne réagit plus. Cette nuit, j’ai dormi longtemps, du coup, je me sens bien reposée. Il y a une semaine, j’ai commencé à parler à mon bateau, ça m’inquiétait un peu, mais tant qu’il ne répond pas, c’est que tout va bien…» Sam Davies, Roxy, à la vacation de 11h30.

ARMEL LE CLEACH / BRITAIR - START - 09/11/08

Conditions chaotiques

17.01.2009

« Je pensais que la remontée aurait été plus sympa. Les conditions étaient chaotiques, stressantes. A la limite, c’était plus facile dans le grand sud. Ici, on ne sait jamais dans quel sens ça va rentrer, c’est un peu sport. Les prochaines vingt-quatre heures devraient être encore au près et ensuite on devrait ouvrir un peu les écoutes. J’ai hâte d’avoir des conditions un peu plus stables pour me reposer et ranger un peu. » Armel Le Cléac’h, Brit Air, à la vacation de 11h30 :

MARC GUILLEMOT / SAFRAN - START

Casse-bateaux

17.01.2009

« Ce matin, je suis tombé dans un système orageux avec des grains, deux ou trois nœuds de vent pendant quelque heures. Pour l’instant j’avance. Hier, j’ai le sentiment d’avoir vécu la pire journée de ce Vendée Globe, avec une mer casse-bateau infernale. Le bateau a tapé toute la journée. Du coup cette nuit, j’ai beaucoup dormi et je suis tombé dans ce système orageux sans m’en rendre compte. Je peux vous garantir que ça a cogné, c’était stressant. On n’aime pas quand le bateau souffre et ça pompe de l’énergie pour rien du tout. On attend toujours tout avec impatience, mais il faut savoir rester patient et vivre les choses étape par étape. Le front est en train de me rattraper et j’ai une pluie torrentielle qui vient de s’abattre sur le bateau. Comme on dit : « petite pluie abat grand vent » et ça ne laisse pas présager beaucoup d’air pour les heures qui vont suivre.» Marc Guillemot, Safran, à la vacation de 11h30

Steve White, portrait

Vivement 2012 pour Steve

17.01.2009

"Je viens de passer un temps fou à contempler tout ce qui se passe autour de moi. Les Mers du Sud ne seront bientôt qu'un souvenir. Elles vont me manquer, car elles ont été fabuleuses - mornes, ténébreuses, désolées, puissantes,... Tout cela, mais belles à la fois avec les meilleures conditions de navigation au monde. Je suis néanmoins prêt à quitter le Grand Sud maintenant. D'abord, avant que je ne casse quelque chose de plus important que le siège de la toilette et la manche de la bouilloire et ensuite parce que cela me fera approcher du moment où je pourrai revenir mieux préparé et avec plus de connaissances. Certes j'aime bien mon vieux bateau, mais je voudrais bien revenir à bord d'un monocoque plus rapide afin d'être compétitif avec ceux de devant. Je commence ainsi la recherche d'un sponsor pour la période jusqu'au Vendée Globe 2012. Ce sera bizarre de refaire toutes ces démarches, mais je crois que cela va être différent après cette édition et les gens nous prendront plus au sérieux. Je me suis toujours dit que ce serait bien de participer en 2012, mais maintenant que j'ai de l'expérience de la course, je suis sûr de vouloir y être. Sinon, Kim était horrifiée quand je lui ai demandé de m'apporter de la mousse à raser  aux Sables à l'arrivée, car je n'en ai  plus depuis longtemps et je lui ai expliqué que je me sers de l'huile de cuisine ! Elle m'a dit qu'elle ne veut pas que je rentre à la maison avec cette odeur-là, car quand je me rase, cela sent comme un plat de tortellini..."
Steve White, Toe in the Water, courriel de la nuit

 

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