Raphaël Dinelli, Fondation Océan Vital, à la vacation du jour : « J’ai traversé une zone de gros grains. J’ai une énorme poche d’eau douce dans la grand-voile, j’en ai profité pour laver le bonhomme dans le vent. Ça fait une heure que j’utilise cette eau à bon escient et c’est sympa ! Là, j’ai fait une bonne lessive. Alors que je galère pour fabriquer mon eau, 4 litres par jour, en pompant de bidon en bidon, là ça m’a fait une belle aubaine. J’en ai bien profité. La vitesse devrait tenir de plus en plus mais là, il y a des grosses lignes de grains qui deviennent de plus en plus physiques, car il faut sans arrêt faire quelque chose. Il n’y a pas cinq minutes de libres. Je vais avoir une semaine assez difficile sur les réglages d’ici le pot au noir. Il me tarde d’être dans les alizés, car ça voudrait dire que je suis dans l’Atlantique Nord. Après l’équateur, on est dans l’hémisphère Nord, et dans notre jargon, on dit qu’« on est chez nous », car on remet tout à l’endroit dans les systèmes météo. Ce sont des vents plus classiques, ça tourne dans le bon sens et c’est là que ça sent l’écurie. C’est vrai que toute cette remontée de l’Atlantique Sud, nerveusement, c’est dur mais c’est pareil pour tout le monde. Le cap Horn est libérateur, mais la délivrance n’a lieu qu’après le pot au noir. La remontée de l’Atlantique Sud, elle est dure, ça n’en finit pas, ce sont des conditions totalement instables, et encore j’ai un peu de chance par rapport à certain. C’est vrai que cette remontée est très longue, le pot au noir est difficile mais bon, ça va le faire. C’est très nuageux, il y a des grains dessous donc avec les grains, on avance. Vaut mieux ça que pas de vent du tout. C’est mon quatrième Vendée Globe, la troisième fois avec le même bateau. Cette fois-ci, on a surtout mis l’accent sur les énergies, j’ai récolté plein d’informations, j’en ai déjà envoyé pas mal. Pour l’instant, je ne dis pas que le pari est réussi mais niveau énergie, je dirais que j’ai atteint l’objectif »