Les nerfs à vif !

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Le 28 février 2005
Pas de demi-mesure. Soit il y a trop de vent – 40 à 50 nœuds – pour Benoît Parrnaudeau et Anne Liardet, soit il n’y en a pas du tout pour Karen Leibovici et Raphaël Dinelli. Après bientôt quatre mois de mer, les quatre derniers concurrents encore en course sont épuisés physiquement et nerveusement.
40 nœuds établis, des rafales à 50 ! Ce n’est pas tant la force du vent qui pose problème à Benoît Parnaudeau (Max Havelaar-Best Western) et Anne Liardet (Roxy), mais l’état de la mer et le fait de devoir l’affronter au près. Non seulement leur vitesse de rapprochement est quasiment nulle, mais en plus, le bateau souffre terriblement dans cette mer « monstrueuse ». Et quand le bateau souffre, son skipper n’est jamais serein. Impossible de se reposer convenablement dans de telles conditions. Chaque manœuvre est une épreuve de force et seule la bannette propose une position supportable. Le ras le bol est général… Reste à compter les heures en attendant que cela se calme. Malheureusement, cela dure depuis maintenant 48 heures. Si Benoît peut espérer trouver des conditions meilleures dans le nord lundi, Anne devra encore patienter au moins une journée de plus. Une pétole qui s’éternise Engluée, stoppée, bloquée, arrêtée… Depuis quatre jours, Karen Leibovici (Benefic) est littéralement prisonnière d’une dorsale anticyclonique où le vent ne dépasse guère 4 nœuds en pointe. Tout l’inverse d’Anne et Benoît ! Et cela devrait durer encore quatre jours de plus… Le bateau est ballotté par la houle. Les voiles claquent d’un bord sur l’autre et fatiguent le gréement qui, déjà éreinté par un tour du monde, n’en demandait pas tant. Cette situation est d’autant plus pénible que Karen n’a plus beaucoup d’énergie, souffre toujours du dos, et voit l’échéance de son arrivée reculer de jour en jour. Du coup, la jeune femme est au bord de la crise de nerf. Prendre son mal en patience demande une force psychologique hors du commun. Alors Karen vide son bateau, le range à nouveau, essaye de s’occuper l’esprit entre deux réglages. Cette fin de Vendée Globe l’oblige à puiser au plus profond d’elle-même pour trouver la force d’affronter successivement, les tempêtes et les calmes, les avaries en tout genre, et les douleurs physiques qui s’accumulent. Pour Raphaël Dinelli (Akena Vérandas), la situation est similaire mais différente. Similaire parce que, comme Karen, Raphaël n’a plus le moindre brin d’air, et toujours de la houle pour comparer son monocoque à un vulgaire bouchon de liège. Différente parce que Raphaël n’est pas coincé dans la dorsale anticyclonique, mais entre deux dépressions. Il sait donc que cela ne doit durer qu’une journée. Dès la nuit prochaine, le vent devrait revenir en force par l’ouest à l’approche de la prochaine dépression. LLB